Après le fameux « Quoi qu’il en coûte ! » de Mario Draghi, alors Président de la BCE, la France, comme le cavalier qui reprend en main sa monture, s’est lancée dans un programme de coupes budgétaires pour rassurer ses partenaires européens et les investisseurs financiers dans sa dette publique. Suppression de jours fériés, gel de l’indice des retraites, baisse du nombre de fonctionnaires ou avantages fiscaux rabotés, ce sont en tout 43,8 Md€ (soit 1,4 % du PIB) qui devraient être économisés si ledit programme était validé par l’Assemblée nationale à la rentrée. Cette annonce provoque des craintes pour les consommateurs (la classe moyenne) et pour les patrimoines conséquents qui seront probablement les prochaines cibles. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à reconsidérer la Suisse comme investissement pour la stabilité de son cadre institutionnel (le franc suisse s’est d’ailleurs apprécié de 15 % contre l’euro). Le deuxième candidat à l’exil s’avère être l’Italie, qui offre, elle, un scel fiscale confortable pour les promenades des nouveaux expatriés. Sur le plan international, ce sont les droits de douane qui ont occupé le devant de la scène au cours du mois. Le Japon puis l’Union européenne ont accepté des tarifs douaniers de 15 % avec le partenaire américain, un moindre mal par rapport à la menace de 30 %. Mais cette nouvelle « taxe » viendra augmenter les prix des produits exportés et fragiliser la compétitivité européenne et japonaise. Les marchés financiers réagissent et réagiront bien à la fin de cette saga douanière, car une fois les tarifs fixés (sauf énième revirement), ils seront capables d’évaluer le coût réel de ce nouveau risque. Pour l’instant, les publications de résultats ont été solides des deux côtés de l’Atlantique. Un tiers des entreprises cotées au S&P 500 ont publié leurs résultats trimestriels pour le deuxième trimestre et la grande majorité (83 %) a dépassé les attentes du consensus. En Europe, 146 entreprises cotées au STOXX Europe 600 ont publié leurs résultats, et environ 60 % ont dépassé les attentes . Il faudra que cette tendance continue, mais il faut aussi considérer que l’impact des droits de douane ne se fera sentir qu’à partir du mois d’août. La situation chinoise, où le Président Xi Jinping est de moins en moins visible, interroge sans inquiéter. L’économie chinoise demeure plus que jamais dépendante d’une relance et d’un soutien budgétaires, notamment pour faire face aux vents contraires de la « déglobalisation » soufflés par la puissance américaine. Sur le front des conflits, un nouveau, certes sporadique , est apparu sur la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, deux territoires qui abritent le fameux éléphant d’Asie. Un proverbe asiatique dit : « quand deux éléphants se battent , l’herbe est piétinée et quand ils font l’amour, elle ne l’est pas moins ». Ce proverbe fonctionnerait aussi pour des équidés. À bon entendeur, salut ! Notamment pour l’Europe, coincée entre les deux mastodontes économiques que sont les États-Unis et la Chine.