Dynastie N°12 Septembre 2025 | Propriétaire

PROPRIÉTAIRE -
PAOLO ZAMBELLI PRÉSAGE D’UN VOYAGE…

Par Ilaria Millozzi Botti

Les ventes du mois d’août à Deauville ont mis en évidence de bons chiffres, mais aussi une tendance préoccupante : la baisse progressive de la classe moyenne des propriétaires dans le galop français. Un marché qui, s’il reste florissant au sommet, semble de plus en plus réservé à quelques géants internationaux. Cette frange dite « moyenne » regorge pourtant de passionnés historiques. C’est précisément ce qu’incarne Paolo Zambelli, un homme au parcours remarquable, dont le cheval Présage Nocturne lui permet aujourd’hui de réunir ses deux grandes passions : les courses… et les voyages. Mais surtout la possibilité de vivre un rêve.

 

L’élégance du droit, la fougue des chevaux​​​​​​​
Si Paolo Zambelli est avant tout connu comme avocat, le qualifier uniquement ainsi serait réducteur. Fin stratège en droit international, expert reconnu dans le domaine des acquisitions d’entreprises, il mène depuis des années une vie partagée entre l’Italie, la Suisse, la France et les États-Unis, où il réside presque la moitié de l’année. Un parcours cosmopolite, reflet d’une personnalité raffinée, exigeante, mais toujours fidèle à ses passions. « J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de 7 ans. Ma tante, cavalière confirmée en Italie, m’a transmis cette passion. » Cavalier amateur durant plus d’une décennie et président des propriétaires en Italie à une époque où l’hippisme y avait encore du prestige, Paolo Zambelli a toujours évolué avec élégance dans un monde en constante mutation.

De San Siro à Chantilly : un changement d’écurie réfléchi
« La présence d’Alessandro Botti a été déterminante pour transférer mes chevaux en France. Pour déplacer une passion à l’étranger, il faut pouvoir s’appuyer sur un professionnel sérieux, rigoureux, en qui on a pleine confiance. Alessandro réunit toutes ces qualités. La France est encore un pays où l’on peut s’amuser à tous les niveaux de propriété. » C’est ainsi que débute l’aventure française de Paolo Zambelli « mon premier cheval était une pouliche qui s’appelait Be Magic . C’était au début des années 1990. Elle m’a offert beaucoup de satisfactions. Elle était entraînée par Alduino Botti, puis par Maria Sacco ». Un détail qui marque : la collaboration avec Maria Sacco, rare femme entraîneur à l’époque. « Elle montait elle-même ses chevaux. C’était une grande professionnelle à l’écoute de ses athlètes. »

Présage Nocturne : un rêve qui galope
Aujourd’hui, c’est à travers Présage Nocturne que Paolo Zambelli vibre. « Le cheval est un rêve. Même si les résultats ne sont pas toujours là, avoir un cheval qui vous fait rêver, c’est déjà un immense bonheur. À Riyad, lors de la Saudi Cup, il y a eu un moment où nous avons cru à la victoire… Un frisson inoubliable. Être invité à un meeting prestigieux comme la Saudi Cup est une expérience difficile à décrire. Bravo à tout le staff gérant l’organisation : tout a été soigné dans les moindres détails pour que nous nous sentions choyés et privilégiés comme des stars ! Moi et ma femme (Giulia) avons passé des moments heureux et émouvants avec les autres associés et notre entraîneur. Cela renforce tout : le lien, la confiance, l’attachement » ; c’est le moteur de notre sport. »

L’Australie en ligne de mire
« Je n’ai jamais imaginé courir en Australie. Et pourtant, ce rêve prend forme, petit à petit. C’est plus qu’une aventure sportive. C’est l’occasion de découvrir d’autres cultures, d’autres hippodromes… Et de créer encore des souvenirs impérissables. Pour les Australiens, c’est “the race that stop a nation” ! Imaginez le poids que cette réalité peut revêtir pour un propriétaire, dont le bonheur il y avait quelque année était simplement de remporter un handicap en Italie ! On y va à fond. Fingers crossed ! »

Objectif : les Groupes
« L’objectif est clair : avoir un cheval qui participe régulièrement aux courses de Groupe. Bien sûr, avoir un cheval comme Frankel serait le sommet absolu… Mais ce sont des exceptions. L’important, c’est de viser l’excellence, tout en restant réaliste et rigoureux dans la sélection.»