
Piste des Aigles à Chantilly. © APRH
Par Céline Gualde
LA MÉTÉO CHANGE. PAR LE PASSÉ NOUS AVIONS DES ÉPISODES PLUVIEUX RÉGULIERS. ON A LES MÊMES VOLUMES ANNUELS DE PLUVIOMÉTRIE MAIS AVEC PLUS D’ORAGES. C’EST UNE EAU QU’ON NE CAPITALISE PAS, QUI RUISSELLE ET CASSE TOUT
Marin Le Cour Grandmaison, responsable d’exploitation du site de Chantilly
l ’ on observe les pistes de l ’ hippodrome de la Côte d ’ Azur au mois d ’ août on ne voit que du jaune . Comme s ’ il y avait deux polytracks ! Les pistes extérieures en herbe , de plat et d ’ obstacle , ont été abandonnées après le meeting d ’ hiver . Comprenez qu ’ on ne les a pas arrosées et que leur gazon est mort . « À Cagnessur-Mer , nous ne sommes pas très loin des montagnes et , jusqu ’ à la sécheresse de 2023 , nous n ’ avions jamais vraiment eu de problème d ’ eau , explique Thomas Roucayrol , directeur administratif de la Société des Courses de la Côte d ’ Azur . Nous avons été contraints soudainement de nous remettre en question et de faire des économies drastiques . Tout ce qui était superflu ou arrosage pour la décoration a été arrêté . » Les canalisations d ’ eau ayant l ’ âge de l ’ hippodrome , inauguré en 1952 , une vaste recherche de fuites a été lancée avec installation de différents compteurs permettant de les détecter . En cet été 2025 , les Alpes-Maritimes sont de nouveau en alerte sècheresse renforcée , ce qui engendre de nombreuses contraintes : « Interdiction d ’ arroser entre 8h et 20h avec obligation de réduire de 60 % notre consommation d ’ eau par rapport aux moyennes établies sur les cinq dernières années avant 2023 , détaille Thomas Roucayrol . Nous envoyons les relevés de notre consommation tous les quinze jours à la Direction Départementales du Territoire et de la Mer . » L ’ hippodrome , qui pompe l ’ eau dans le Loup voisin , a donc dû revoir son fonctionnement et cesser d ’ entretenir une piste en herbe qui ne sert que l ’ hiver . « Après les meetings d ’ obstacle et de plat en février , nous arrosons encore un peu pour pouvoir retravailler les pistes , refaire les abords des obstacles … puis nous coupons totalement l ’ apport d ’ eau et le gazon meurt . Nous réensemençons intégralement les neuf hectares de piste en septembre . » Un choix radical ! À peine deux mois plus tard , les galopeurs foulent ce joli ruban vert , il faut donc que l ’ enracinement soit optimal . « Nous travaillons étroitement avec la coopérative agricole et les sociétés Natura ’ lis et Paysages Méditerranéens pour le choix des semis et des essences , nous tâtonnons tous les ans . On avait , par exemple cette année , un gazon différent dans le tournant de Nice . L ’ essai a été concluant et on l ’ a validé . » L ’ entretien des pistes refaites à neuf est particulièrement méticuleux afin qu ’ elles puissent encaisser l ’ intensité des courses dès le mois de décembre .
ON S’EST RENDU COMPTE QUE LES ANNÉES TRÈS SÈCHES DES POMPES D’EAU POTABLE ÉTAIENT PRESQUE HORS D’EAU AUX ALENTOURS DE CHANTILLY : ON ÉTAIT À DEUX DOIGTS DE NE PLUS AVOIR D’EAU AU ROBINET
Clara Morvan, directrice technique du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de la Nonette
La météo dicte le travail
À Lyon-Parilly , les économies d ’ eau passent d ’ abord par le travail du sol , effectué en liaison avec l ’ entreprise de météorologie locale Lyon Météo . L ’ hippodrome a sa propre station . « Elle est située à deux mètres du sol et est reliée à nos sondes hygrométriques qui mesurent la température et l ’ humidité , détaille Romain Garin , régisseur des hippodromes de Parilly et de La Soie . La température du sol est estimée par la station météo et confirmée par les sondes . Entre les deux le relevé est très exact . » Les hippodromes de Lyon ont intégré le réseau Romma de trois cents météorologues amateurs , ce qui permet d ’ affiner les prévisions . La météo est d ’ ailleurs assez différente entre les deux sites distants d ’ une quinzaine de kilomètres à peine ! « Les données météos nous permettent de prendre des décisions sur les interventions mécaniques . Les anciens disaient : un bêchage vaut deux arrosages . Nous travaillons comme les anciens , mais avec les données numériques d ’ aujourd ’ hui . Auparavant , on assouplissait les pistes avec de l ’ eau , aujourd ’ hui , on le fait mécaniquement , d ’ où une économie de 20 000 m ³ par an , l ’ équivalent d ’ une piscine olympique . » Les pistes sont travaillées au verti-drain dont les lames aèrent le sol . Grâce aux indications données par Lyon Météo la moindre pluie est optimisée . Des carottages sont réalisés très régulièrement en une soixantaine de points et sur une profondeur de quarante centimètres . « C ’ est comme si on faisait une biopsie du sol , explique Romain Garin . On le travaille précisément et par zones en fonction des résultats de nos prélèvements . Cela évite les irrégularités de la piste et les résonnances qui affectent les tendons . Finalement , on fait d’importantes économies d’eau tout en augmentant la sécurité des pistes en éliminant notamment les problèmes de glissance, à une époque où les chevaux vont plus vite et où les enjeux financiers sont plus lourds. » En une poignée d’années, le métier de responsable des pistes a été révolutionné. « Avant, il suffisait d’arroser et l’aérateur à lames sortait très peu. On l’utilise désormais une fois par semaine. Il y a beaucoup plus d’actions à entreprendre et il faut être près de ses pistes. Notre consommation d’eau pour les quatre pistes en gazon était de 35 à 40 000 m³ en moyenne sur ces cinq dernières années, elle devrait tomber à 27 000 m³ en 2025 », conclut Romain Garin. À Chantilly, l’arrosage est piloté informatiquement, avec des programmes élaborés et divers scénarios possibles. Toutes les canalisations, très anciennes puisque l’hippodrome date des années 1830, ont été refaites ainsi que les arroseurs afin de limiter le gaspillage d’eau. Un investissement de 800 000 €. La consommation était de 87 000 m³ en 2020, elle a chuté à 29 000 m³ quatre ans plus tard. Marin Le Cour Grandmaison est responsable d’exploitation du site de Chantilly dans son ensemble , centre d ’ entraînement compris . « Nous sommes ultra météo-dépendants et avons plusieurs scénarios d ’ arrosage possibles , avec des sondes qui mesurent la pression dans les canalisations . Un logiciel calcule où on doit arroser pour avoir la pression adéquate . Les informations sont transférées sur tablette afin qu ’ un opérateur surveille sur le terrain que tout se passe bien . On arrose de nuit évidemment afin d ’ éviter l ’ évapotranspiration . » Avant les travaux , la piste était arrosée par tronçons de trois cents à cinq cents mètres , sans discernement . Or , il s ’ agit d ’ un terrain naturel et sableux qui n ’ est pas plat et sèche vite . Chaque gros arroseur est désormais piloté individuellement , et il y en a tous les quinze à trente mètres . Ce dispositif est complété par de plus petits arroseurs de chaque côté de la piste , tous les quatre mètres . La piste est large de trente mètres , pour quinze hectares de superficie , l ’ hippodrome en comptant soixante-cinq au total . « Le milieu est souvent plus frais que les bords . On n ’ utilise alors que les petits arroseurs qui ont un rayon d ’ action de quatre mètres de chaque côté de la piste », précise Marin Le Cour Grandmaison . « On travaille aussi en fonction du calendrier et du programme des courses en n ’ arrosant que les pistes qui vont être utilisées . Celle du Jockey Club au printemps , la ronde en automne ... On se contente de maintenir les pistes qui ne servent pas . »
Les hippodromes font leur révolution culturelle
À Chantilly , France Galop s ’ évertue à avoir un rond de présentation bien vert et pimpant , car c ’ est la vitrine télévisée de l ’ hippodrome . Mais les autres espaces publics et paysagers ne sont plus arrosés . « C ’ est entré dans les mœurs , affirme Marin Le Cour Grandmaison . On admet qu ’ au goût de certains ce soit moins beau qu ’ avant . » Pas moins beau mais différent selon Rose-Marie Vigorito-Somson , qui, après quatorze années aux manettes des hippodromes de Paris- Vincennes et Enghein-Soisy, est depuis 2022 cheffe d’établissement deshippodromesdeCaenetdeCabourgoùl’oncourtautrot.Cabourg organise les très populaires Estivales, des courses en semi-nocturne chaque mardi et vendredi durant tout l’été. « Sur cet hippodrome , nous n ’ arrosons plus les espaces publics . Avant , tout était vert et magnifique , aujourd ’ hui il y a plein de tiges partout et c ’ est jaune . Mais au lieu de dire que c ’ est moche , il faut changer notre vision ! Ce n ’ est pas moche , la nature reprend ses droits et maintenant on en est fiers . On ne taille plus les haies en période de nidification , alors évidemment elles n ’ ont pas le même aspect qu ’ avant . Depuis qu ’ on ne tond plus et qu ’ on a une prairie , on voit réapparaître des orchidées sauvages , des lièvres . C ’ est cela , préserver !» La prise de conscience écologique des hippodromes dépasse largement la problématique de l’eau. La très grande majorité d’entre eux (210 sur 230 environ) sont labellisés Equures, ce qui leur interdit l’usage de produits phytosanitaires. Les missions des personnes responsables de l’entretien s’en trouvent transformées. Ils sont une dizaine de salariés sur les hippodromes de Caen et Cabourg à s’être adaptés. « Il y a des choses qui prennent plus de temps , comme désherber autour des lices , car on n ’ utilise plus de produits chimiques , donc il faut le faire manuellement ou à la débroussailleuse . En revanche , on tond moins souvent . Le travail se répartir différemment .» L’hippodrome de Cabourg a aussi habillé sa toiture de panneaux solaires. « On produit une quantité d ’ énergie suffisante pour alimenter deux cent douze habitations , vous vous rendez compte ? Il y a plein de solutions pour préserver notre planète !» s’exclame Rose-Marie Somson.
Les pistes, qu’elles soient en sable ou en herbe, auront toujours besoin d’eau. Les hippodromes peuvent optimiser son utilisation mais en aucun cas se passer de cette ressource. « Ce que nous défendons auprès des ministères ce n’est pas de réduire notre consommation indéfiniment, mais de stopper les prélèvements dans les nappes phréatiques et les rivières. L’une des solutions pour y parvenir est de multiplier le stockage de l’eau », explique Pierre Préaud, Secrétaire général de la Fédération Nationale des Courses Hippiques (FNCH), organisme qui rassemble le trot et le galop. « Jusqu’en 2023, les hippodromes n’étaient considérés ni comme des terrains de sport ni comme des terrains agricoles, ils n’étaient donc pas prioritaires en cas de restriction d’arrosage. Nous avons obtenu du ministère de la transition écologiques qu’ils aient le même traitement que les terrains sportifs mais en échange d’un code de bonne conduite. De nombreux hippodromes ont créé des dispositifs de stockage de l’eau ces deux dernières années. »
L’une des solutions est de récupérer l’eau des toitures. Cela se pratique à Cabourg ou à Lyon- Parilly qui s’est muni tout récemment de cuves enfouies entre les tribunes et la piste, d’une capacité de 1 000 m³. « Nous pouvons ainsi récupérer l’eau des orages qui était autrefois gaspillée , indique Romain Garin, régisseur. Un arrêté de restriction d’eau vient d’être pris, mais nous avons 930 m³ disponibles pour assurer les réunions de trot du mois de septembre. En 2024 nous avons économisé 7 000 m³, soit la moitié des besoins pour le trot. L’autre avantage c’est que les écuries ne sont plus inondées lors des gros orages. »
L’investissement de 450 000 € sera rapidement amorti, d’autant que le système d’arrosage depuis les cuves fonctionne par vases communicants, donc sans électricité . Une économie d’énergie de 25 0000 € par an.
L’hippodrome de Pompadour a également investi dans le drainage de ses pistes afin de guider l’eau vers un bassin construit dans la partie basse de l’hippodrome. Et Pau va inaugurer un second lac dont la vocation est de récupérer l’eau de pluie... Partout, les projets se développent, quelle que soit la taille de l’hippodrome.
Le fond commun des courses a octroyé 2,29 millions d’euros d’aides pour des investissements liés à l’eau (stockage, arrosage, récupération...) de 2015 à 2025, avec un taux de contribution moyen de 35 % sur les projets. Ce sont donc 6,5 millions d’euros au total qui ont été investis sur le sujet.

Rond de présentation de Chantilly. © APRH
Et si au lieu de puiser dans les nappes phréatiques ou les cours d’eau, les hippodromes récupéraient l’eau des stations d’épuration pour arroser leurs pistes ? Une eau qui a été traitée, même si elle reste impropre à la consommation . Elle est considérée comme assez pure pour être rejetée dans les fleuves ou la mer mais il n’est pour l’instant pas permis de la pomper ou la capter en vue d’un arrosage. L’État et les collectivités locales ont des réticences liées à d’éventuels risques sanitaires et au côté inédit de la démarche.
L’hippodrome de Cabourg est pour l’instant le seul, à notre connaissance , qui récupère l’eau de la station d’épuration voisine, gérée par Veolia. Une autorisation, valable cinq, ans a été délivrée par le préfet du Calvados en juillet 2023. L’hippodrome n’est pas raccordé à la station d’épuration toute proche mais vient y pomper avec ses camions d’une capacité de 20 m³. L’eau a reçu divers traitements en amont, dont un aux ultra-violets pour tuer les bactéries. « Nous avons besoin de 4 000 m³ d’eau pour les Estivales et aujourd’hui, on ne prélève plus un seul litre dans les nappes , indique Rose-Marie Somson, responsable de l’hippodrome . Des tests sanitaires sont effectués très régulièrement et toute l’eau que l’on pompe est comptabilisée. Nous ne pouvons l’épandre qu’en l’absence de public. Durant les courses nous utilisons donc nos cuves de récupération d’eau pluviale. »
D’autres hippodromes rêvent de récupérer l’eau des stations d’épuration voisines. Le Liond ’Angers a été l’un des premiers à se lancer dans les études, à la fin des années 2010. Alain Peltier était alors président de la société des courses. « Le projet consistait à ne plus utiliser l’eau de l’Oudon. Le département du Maine et Loire nous avait accordé une subvention et toute la tuyauterie a été mise en place entre l’hippodrome et la station d’épuration en traversant la rivière. Nous avons travaillé des années sur ce projet et dépensé 140 000 € environ, financé des études... Finalement, nous avons renoncé car les autorités nous demandaient une année complète d’analyses de l’eau avant de nous délivrer éventuellement un feu vert définitif. Cela m’a semblé déraisonnable d’investir sans savoir si nous pourrions concrétiser le projet. »
Deux grands hippodromes ont repris le flambeau des études et dossiers administratifs touffus. Le projet de Cagnes-sur-Mer semble très avancé. Il faut dire que l’hippodrome se situe entre la station d’épuration et la mer où elle déverse ses eaux traitées, et que les canalisations traversent même le site ! « L’idée est de retraiter encore cette eau qui aurait été rejetée dans la nature, donc de la purifier au maximum et d’arroser nos pistes avec , dit Thomas Roucayrol, le directeur administratif. Un cahier des charges très strict a été établi :ne pas arroser en journée, ni s’il y a du vent, ni en présence de public... Quand le projet obtiendra les dernières autorisations nécessaires il faudra en passer par une phase de test de six mois durant lesquels nous prélèverons l’eau, la traiterons et l’analyserons, mais sans l’utiliser. Tout cela a un coût, mais il faut en passer par là pour nous assurer un avenir. » Si l’hippodrome de la Côte d’Azur parvient à concrétiser son projet, l’eau ne sera pas « bon marché », car les procédures de traitement et d’analyse resteront lourdes. Elle reviendra presque au même prix que l’eau du robinet, mais pour un impact environnemental positif.
Un projet du même type est en cours à Chantilly, où France Galop, mais aussi des golfs et autres terrains sportifs ou services techniques des villes, aimeraient utiliser l’eau d’une grosse station d’épuration aujourd’hui déversée dans la Nonette. Clara Morvan, directrice technique et ingénieure du SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux), soutient ce projet innovant. « Cette eau est déjà de très bonne qualité, il est regrettable de la rejeter alors qu’elle pourrait irriguer les sites de France Galop ou les golfs, puis être réinfiltrée dans les nappes phréatiques de notre territoire. Au lieu de prélever l’eau de ces napes, on les rechargerait ! Mais la règlementation est encore très lourde sur ce genre de projet. »
Le coût des traitements supplémentaires, notamment aux ultra-violets, que l’eau devrait subir, ne pourrait pas être assumé seulement par France Galop, d’où l’intérêt d’un partenariat avec des collectivités ou des entreprises. Toutes les parties concernées aimeraient que le projet avance vite, car les autorisations de prélèvement accordées pour des périodes de dix ans à France Galop et aux autres irrigants seront revues dans un avenir proche...
À Lyon-Parilly, une zone de lagunage
L’hippodrome de Parilly est le premier en France à avoir le label de zone refuge de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Ceci grâce à une zone de lagunage, donc de filtration naturelle, créée en 2023 pour purifier les eaux de douche des chevaux. Romain Garin, régisseur des hippodromes de Lyon, explique :« Chez nous, un galopeur est douché en moyenne cinq ou six fois par journée de course, ce qui représente trente à quarante mètres cubes d’eau pour chaque réunion. Cette eau est désormais dirigée vers une zone de lagunage conçue en partenariat avec la LPO. C’est un espace assez petit, cinquante mètres carrés à peine, qu’on a entouré d’un grillage. Il y a des filtres à charbon, en pouzzolane... L’eau y effectue plusieurs cycles et finit par s’infiltrer dans nos cuves de stockage. La LPO nous a suggéré de ne rien planter et d’attendre que des végétaux s’installent naturellement , ce qui s’est produit avec des roseaux notamment. Maintenant que le système est opérationnel, on filtre cinquante mètres cubes d’eau par jour sans avoir recours à l’électricité. » Le lagunage s’est mué en fantastique zone de biodiversité. « Dès la première année, on y a recensé des grenouilles typiques de la région, l’année suivante des tritons que nous n’avions encore jamais observés sur l’hippodrome. La population d’hirondelles rustiques a doublé, car au lagunage elles trouvent de la boue pour faire leurs nids. Tout ceci prouve la qualité de l’eau, qui n’est pas potable bien sûr mais saine. » Cette eau sert à arroser la piste de trot.
À Cagnes-sur-Mer, un obstacle en bambou
L’hippodrome de la Côte d’Azur a troqué les troènes de l’un des obstacles, la double barre, contre des bambous. « Cette essence est plus adaptée au climat et au paysage et demande moins d’arrosage », explique Thomas Roucayrol, directeur administratif de l’hippodrome. Les bambous seraient également plus faciles à traverser pour les chevaux et moins blessants.
À Caen, un pompage en douceur
Une nouvelle retenue d’eau de 800 m³ est en construction sur l’hippodrome de la Prairie. L’idée est de respecter les règles en matière de pompage dans la nature. Rose-Marie Vigorito- Somson, cheffe des établissements hippodromes de Caen et Cabourg, précise :« La règle est de pomper 8 m3 par heure au maximum dans les cours d’eau. Or, nos tonnes de 20 m³ se remplissent en à peine dix minutes ! Nous avons donc eu l’idée de ce bassin de 800 m³, alimenté par un pompage très lent dans la rivière voisine, à la vitesse de 7,5 m³ de l’heure. » Ce pompage doux, qui fonctionnera vingtquatre heures sur vingt-quatre durant les périodes d’activité de l’hippodrome, ne devrait pas faire de victime collatérale, plante ou poisson... Le bassin devrait être opérationnel en octobre, après l’installation de plantes dépolluantes par la municipalité.
À Chantilly, une piste en copeaux de bois
Marin Le Cour Grandmaison est responsable d’exploitation du site de Chantilly qui inclut le centre d’entraînement dont les multiples pistes et allées cavalières se déploient sur deux mille hectares. Il est inenvisageable de les arroser toutes quotidiennement. « Nous réalisons des arrosages ciblés. On demande à nos clients d’utiliser tel itinéraire plutôt que tel autre pour se rendre d’un point A à un point B, en fonction de nos arrosages. » Une piste d’entraînement en copeaux de bois a également été installée à titre expérimental. Elle a l’avantage de demander 50 % d’eau en moins que les pistes en sable.