Dynastie N°12 Septembre 2025 | Page 21

ILS ONT FAIT L’ ACTU sur le ring, la vente de cette année s’ est rapprochée en chiffre d’ affaires de 2023( env. 55 millions d’€), mais la répartition des ventes a été très différente.
Un marché polarisé entre extrêmes
Les fortes hausses de la moyenne et du total sont venues du haut comme du bas du marché, tandis que la partie médiane a reculé sur les deux indicateurs. Les 20 % supérieurs en 2025 ont totalisé 30,2 millions d’ euros, soit + 14 % par rapport à 2023, avec un prix moyen de 800 000 €, en hausse de 33 %. Les 20 % inférieurs ont totalisé 2,9 millions d’ euros, soit + 13 %, avec un prix moyen de 75 000 €, en hausse de 27 % par rapport à 2023. Ces évolutions en bas de tableau reflètent probablement un catalogue réduit: 13 yearlings avaient été vendus moins de 50 000 € en 2023, mais ce type de profil était sans doute absent cette fois. Tout en haut, en revanche, la progression est bien réelle, et plus on resserre l’ analyse, plus elle est marquée. Le top 10 % a totalisé 22,6 millions d’ euros(+ 26 % par rapport à 2023), avec un prix moyen de 1,2 million(+ 46 %). Les 10 % les plus chers – seulement 19 yearlings – ont représenté 40 % du total, avec un prix moyen de près de 50 % plus élevé que deux ans plus tôt. Si la valorisation des yearlings les plus recherchés constitue l’ aspect positif de la vente, le recul du marché médian est l’ aspect négatif. Les 60 % du milieu, soit 117 yearlings, ont totalisé 21,8 millions d’ euros(-17 % par rapport à 2023), avec un prix moyen de 190 000 €(-5 %). Ces chevaux étaient pourtant presque tous issus d’ étalons d’ élite et coûteux; le prix moyen de saillie des yearlings vendus s’ est porté à 86 000 €. Beaucoup de ces
BIEN SOUVENT, LA VENTE
D’ AOÛT MARQUE LA FIN DU CYCLE DE VENTES DE L’ ANNÉE PRÉCÉDENTE PLUTÔT QUE LE
DÉBUT D’ UN NOUVEAU
chevaux, cédés entre 300 000 et 100 000 €, auront à peine couvert le prix de saillie. Si ces tendances générales se confirment à Newmarket puis à Deauville en octobre, il faudra sans doute ajuster le marché des étalons, soit par une baisse des prix de saillie, soit par une réduction du nombre de juments couvertes, voire les deux.
Des étalons mais pas uniquement
Les étalons semblent dominer le marché commercial du yearling. Et pourtant, leur rôle n’ est pas aussi décisif qu’ il y paraît. L’ analyste britannique Tom Wilson a produit des statistiques montrant l’ influence significative des mères présentes au catalogue sur les prix atteints par leurs produits. Les yearlings issus de juments gagnantes se sont vendus en moyenne 41 % plus chers que ceux issus de juments non lauréates. Ceux issus de poulinières ayant déjà produit un gagnant ont affiché un prix moyen supérieur de 39 %; ceux issus de juments black type ont coûté en moyenne 58 % plus cher, et enfin, ceux issus de juments ayant déjà produit un lauréat black type ont affiché une prime de 71 %. Tous les yearlings du top 10 provenaient de top étalons, mais ils étaient aussi presque tous issus de juments black type ou ayant déjà produit des gagnants black type. Les seules exceptions concernaient trois jeunes poulinières, gagnantes et demi-sœurs de performers au haut niveau. Les étalons d’ élite sont importants, mais logiquement, ils ne suffisent pas à propulser un yearling dans le haut du marché si la mère n’ appartient pas aussi à l’ élite.
PAGE DE GAUCHE
Les places étaient chères ce mois d’ août dans la salle Elie de Brignac d’ ARQANA.
© Studio du Paradis
CI-CONTRE
Yearling du Haras de la Perelle présenté lors des ventes d’ août d’ ARQANA.
© Studio du Paradis
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