Dynastie N°12 Septembre 2025 | Page 107

Zoom sur des idées novatrices
PÉDAGO
Zoom sur des idées novatrices
À Lyon-Parilly, une zone de lagunage
L’ hippodrome de Parilly est le premier en France à avoir le label de zone refuge de la LPO( Ligue pour la Protection des Oiseaux). Ceci grâce à une zone de lagunage, donc de filtration naturelle, créée en 2023 pour purifier les eaux de douche des chevaux. Romain Garin, régisseur des hippodromes de Lyon, explique:« Chez nous, un galopeur est douché en moyenne cinq ou six fois par journée de course, ce qui représente trente à quarante mètres cubes d’ eau pour chaque réunion. Cette eau est désormais dirigée vers une zone de lagunage conçue en partenariat avec la LPO. C’ est un espace assez petit, cinquante mètres carrés à peine, qu’ on a entouré d’ un grillage. Il y a des filtres à charbon, en pouzzolane... L’ eau y effectue plusieurs cycles et finit par s’ infiltrer dans nos cuves de stockage. La LPO nous a suggéré de ne rien planter et d’ attendre que des végétaux s’ installent naturellement, ce qui s’ est produit avec des roseaux notamment. Maintenant que le système est opérationnel, on filtre cinquante mètres cubes d’ eau par jour sans avoir recours à l’ électricité. » Le lagunage s’ est mué en fantastique zone de biodiversité. « Dès la première année, on y a recensé des grenouilles typiques de la région, l’ année suivante des
tritons que nous n’ avions encore jamais observés sur l’ hippodrome. La population d’ hirondelles rustiques a doublé, car au lagunage elles trouvent de la boue pour faire leurs nids. Tout ceci prouve la qualité de l’ eau, qui n’ est pas potable bien sûr mais saine. » Cette eau sert à arroser la piste de trot.
À Cagnes-sur-Mer, un obstacle en bambou
L’ hippodrome de la Côte d’ Azur a troqué les troènes de l’ un des obstacles, la double barre, contre des bambous. « Cette essence est plus adaptée au climat et au paysage et demande moins d’ arrosage », explique Thomas Roucayrol, directeur administratif de l’ hippodrome. Les bambous seraient également plus faciles à traverser pour les chevaux et moins blessants.
À Caen, un pompage en douceur
Une nouvelle retenue d’ eau de 800 m ³ est en construction sur l’ hippodrome de la Prairie. L’ idée est de respecter les règles en matière de pompage dans la nature. Rose-Marie Vigorito- Somson, cheffe des établissements hippodromes de Caen et Cabourg, précise:« La règle est de pomper 8 m3 par heure au maximum dans les cours d’ eau.
Or, nos tonnes de 20 m ³ se remplissent en à peine dix minutes! Nous avons donc eu l’ idée de ce bassin de 800 m ³, alimenté par un pompage très lent dans la rivière voisine, à la vitesse de 7,5 m ³ de l’ heure. » Ce pompage doux, qui fonctionnera vingtquatre heures sur vingt-quatre durant les périodes d’ activité de l’ hippodrome, ne devrait pas faire de victime collatérale, plante ou poisson... Le bassin devrait être opérationnel en octobre, après l’ installation de plantes dépolluantes par la municipalité.
À Chantilly, une piste en copeaux de bois
Marin Le Cour Grandmaison est responsable d’ exploitation du site de Chantilly qui inclut le centre d’ entraînement dont les multiples pistes et allées cavalières se déploient sur deux mille hectares. Il est inenvisageable de les arroser toutes quotidiennement. « Nous réalisons des arrosages ciblés. On demande à nos clients d’ utiliser tel itinéraire plutôt que tel autre pour se rendre d’ un point A à un point B, en fonction de nos arrosages. » Une piste d’ entraînement en copeaux de bois a également été installée à titre expérimental. Elle a l’ avantage de demander 50 % d’ eau en moins que les pistes en sable.
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