Une Saison Exceptionnelle N°15 Décembre 2025 | Page 123

L’ inspiration anglaise
PÉDAGO
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du personnel médical et de sécurité pour surveiller la circulation des chevaux sur le site », explique le directeur Thomas Roucayrol. Trotteurs et galopeurs se partagent les lieux, chacun sur ses pistes et en bonne intelligence. « Le règlement intérieur est très strict, mais tout le monde le respecte. Lors de la journée de lancement du meeting, le premier décembre, la première course était à 11 h 50. Les pistes ont donc été fermées dès 10 h 30. Cela réduit de moitié le temps d’ entraînement, c’ est une très grosse difficulté pour les professionnels. En ce cas, on éclaire les pistes afin qu’ elles puissent être utilisées avant l’ aube. » L’ hippodrome est un véritable petit monde où les gens travaillent, dorment et cohabitent. « C’ est à la fois convivial et stressant, témoigne Yannick Fouin. On est un peu sous cloche, on parle chevaux toute la journée … des gens me disent qu’ à Cagnes on est en vacances au soleil, mais ce n’ est pas du tout mon ressenti! Ici les chevaux sont sortis tous les jours, on les monte le matin et on les promène en mains le soir car il n’ y a pas de marcheur. On ne les lâche pas. Les salariés adorent venir mais à la fin tout le monde est épuisé et veut prendre des congés! » La période post-meeting est donc délicate à gérer sur le plan du personnel. « L’ esprit meeting » est également présent à Pau. « Il y a un café au milieu des boxes, on s’ y retrouve le soir. C’ est sympa de ne pas avoir à reprendre la route », raconte Anne-Sophie Pacault.
Des meetings de plus en plus concurrencés
Les meetings vivaient autrefois « en vase clos ». « On fermait Paris et on allait à Cagnes », se souvient Yannick Fouin. Aujourd’ hui il n’ est plus vraiment possible de se focaliser sur un lieu. Les jockeys voyagent d’ hippodrome en hippodrome, de nombreux entraîneurs qui ont des boxes à Cagnes gardent des « cartouches » pour Pau, et vice-versa. Il faut dire que les deux hippodromes ont des profils totalement différents,
L’ inspiration anglaise
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Pourquoi des meetings à Pau et à Cagnes? Parce que la capitale du Béarn, comme la Côte d’ Azur, eut autrefois la faveur des Britanniques qui vinrent y séjourner l’ hiver pour profiter d’ un climat clément. Ils y importèrent leur amour des courses, mais aussi du golf( celui de Pau, fondé en 1856, est le plus ancien d’ Europe continentale). En 1842 le médecin écossais Alexander Taylor publia un livre vantant les vertus thérapeutiques des eaux et du climat palois pour le traitement des affections pulmonaires. L’ ouvrage boosta le flux des touristes anglo-saxons. C’ est également en 1842 que l’ hippodrome du Pont-Long ouvrit ses portes. Le premier Grand Prix de Pau se déroula en 1879 et le premier Grand Cross en 1924. La Première Guerre mondiale sonna le glas de la présence anglaise en Béarn. Scénario à peu près semblable à Cagnes-sur-Mer: des Britanniques créèrent un Club des courses à Nice dès 1851 et organisèrent illico une première réunion hippique dans un champ. L’ hippodrome de Nice fut inauguré en 1869, celui de Cannes en 1920. Les deux organisaient des meetings hivernaux qui se suivaient au calendrier. La Seconde Guerre mondiale ravagea les deux champs de courses et la décision fut prise de les remplacer par un nouvel hippodrome, celui de Cagnes-sur-Mer, inauguré en 1952. Le premier meeting d’ hiver s’ y déroula en 1956-1957.
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