Une Saison Exceptionnelle N°15 Décembre 2025 | Seite 124

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PAGE DE DROITE
Les écuries de l ' hippodrome de Vincennes.
© APRH
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celui de Cagnes favorisant, en obstacle, les chevaux rapides, souvent d’ une qualité sportive intermédiaire, quand Pau, avec son terrain lourd, ses gros obstacles et son cross réservé aux braves, est plus sélectif. Pierre Laperdrix analyse: « Il y a vingt ans de cela, on allait courir dans le Sud car il n’ y avait pas de PSF ni de courses au nord de la Loire. Mais cette époque est révolue. Jusqu’ en 2014 Cagnes et Pau avaient l’ exclusivité des courses plates, mais désormais à Chantilly et Deauville on court en hiver. Quatorze réunions s’ y déroulent durant le meeting de Cagnes cette année. » Il paraît censé d’ organiser des réunions près des centres d’ entraînement afin d’ éviter aux chevaux et aux hommes de voyager. Alors Cagnes, victime d’ une baisse du nombre de partants, a dû s’ adapter. « C’ est le seul hippodrome en France où on peut courir sur le gazon en hiver. Depuis 2024 nous avons donc augmenté le nombre de courses sur cette surface pour le passer de 40 à 50 %. On a aussi revu la philosophie du programme en modifiant les dates de certaines épreuves » rapporte le responsable des programmes de France Galop. L’ idée étant que les courses de Cagnes se fondent mieux dans le paysage global du galop français. La stratégie a semblé porter ses fruits l’ an passé avec une baisse de 9 % du nombre de courses creuses, mais Thomas Roucayrol avait, début décembre, plus de boxes disponibles pour le plat que de demandes, certains étrangers n’ ayant pas ou pas encore manifesté l’ envie de revenir. « Un entraîneur en moins avec vingt ou trente chevaux cela fait tout de suite un vrai trou! » s’ inquiète le directeur. Le meeting d’ obstacle de Cagnes a fait le plein avec 380 boxes occupés et une trentaine d’ entraîneurs. À Pau, qui est davantage « un meeting d’ obstacle offrant des opportunités de courir en plat » selon Pierre Laperdrix, moins de boxes sont réservés qu’ autrefois. « Il y a vingt ans, nous avions 450 chevaux basés sur site pour l’ hiver, ils ne sont plus que 300 environ », explique Jean Brouqueyre. Il ne s’ agit pas réellement d’ une désaffection: beaucoup de professionnels font des allers-retours pour courir, aidés en cela par la densification du tissu autoroutier et la qualité croissante des camions de chevaux. Des navettes grand Ouest – Pau circulent chaque semaine. « Un cheval comme Saint Godefroy, qui a l’ habitude de dormir au paddock, n’ est jamais resté chez nous durant le meeting. Son entraîneur, Patrice Quinton, lui fait faire le voyage à chaque course! », sourit Jean Brouqueyre. Des allers-retours entre la Manche et le Béarn qui n’ ont pas empêché ce roi de Pau de s’ imposer douze fois au Pont- Long!
Savoir évoluer
Pour rester séduisants les meetings doivent donc s’ adapter à l’ évolution des courses et à la conjoncture économique. « Les propriétaires pensent moins au plaisir et plus à la recette », souligne Yannick Fouin. À Cagnes les boxes restent gratuits si les entraîneurs y ont logé au moins deux partants. « Les prix des studios et deux-pièces sont de 145 à 188 euros la semaine. Pour la région ce n’ est rien! » précise Thomas Roucayrol. À Pau, les boxes sont facturés 160 euros HT pour la durée du meeting
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