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Mon état d’ esprit, peut-être
GUILLAUME MACAIRE Par Serge Okey
Willie Mullins aime à dire qu’ une visite matinale a suffi pour qu’ il apprenne beaucoup de Guillaume Macaire. Mythe ou réalité? On s’ est naturellement empressé de sonder le second nommé.
Galorama. Avez-vous des affinités particulières avec Willie Mullins?
Guillaume Macaire. Disons qu’ on a fait pas mal d’ affaires ensemble et qu’ il n’ a pas été malheureux. Je lui ai vendu pas mal de chevaux, surtout des femelles. À l’ export, il est quasiment un des seuls à en acheter. Il a trouvé ce créneau où la concurrence est moindre. Le principe, c’ est que si vous êtes un ou deux à vouloir passer une porte, ça se passe bien, mais si vous êtes 25, il y a risque de bouchon.
G. Pour l’ anecdote, vous êtes nés la même année: en 1956.
G. M. Vous me l’ apprenez. On était dans les jupes de nos mères. Lui, avec un bon pedigree, ça aide. Encore que certains n’ en ont pas toujours profité. Il n’ y a pas que les enfants de la balle qui réussissent.
G. Willie Mullins a déclaré qu’ il avait profité d’ une matinée pour apprendre beaucoup auprès de vous: légende ou réalité?
G. M. Comme c’ est quelqu’ un d’ ouvert, il note probablement les choses qu’ il découvre. Avec humilité, on peut considérer que j’ ai inventé quelques petites recettes copiées par la suite. On a tous intérêt à piquer les bonnes idées des autres et à les mettre en œuvre chez soi, mais à condition de conserver le fond et d’ adapter la forme. Personnellement, lors de mes nombreuses pérégrinations, chez Guy Harwood par exemple, le père d’ Amanda Perret, j’ ai toujours regardé ce qui se faisait de mieux. Et j’ ai aussi profité de mes voyages pour noter les choses à ne pas faire.
G. Vous ne voyez donc pas à quoi il fait référence?
G. M. Précisément, non. Peut-être à mon état d’ esprit. Il est venu plusieurs fois me rendre visite. La première doit remonter au milieu des années 90. Ensuite, son fils est venu 3-4 semaines, lors d’ un été caniculaire, ce qui l’ a amené à lui rendre visite avec son épouse. Je me souviens les avoir emmenés pique-niquer sur les bancs de sable. Une autre fois, je lui ai prêté un cheval pour aller voir l’ entraînement: la forêt était inondée.
« Sa clientèle n’ existe pas en France »
G. Vous qui écrivez des livres: si l’ un d’ eux avait pour sujet Willie Mullins, quel serait son titre?
G. M. Je ne veux pas risquer de tomber dans le dithyrambe( éloge exagéré). Pour gagner des courses, le principe est d’ avoir de bons chevaux. Et avoir des clients, ça aide. Sa clientèle n’ existe pas en France. Il a trouvé la bonne recette, les bons ingrédients. Il fait tout ce qu’ il faut pour que ça marche.
G. Vos manières d’ entraîner sont-elles très différentes?
G. M. Sûrement. Déjà, on exploite les chevaux plus tôt qu’ outre-Manche: à 3 ou 4 ans, les leurs sont à peine débourrés. C’ est pour cela que les courses françaises et britanniques se complètent depuis les années 95. Nos produits complètent les leurs en matière d’ élevage. Mais les programmes et systèmes sont très différents.
G. Une anecdote avec Willie Mullins pour conclure?
G. M. Un jour, on s’ est retrouvé à poser pour une photo tous les deux avec Nicky Henderson lors de la Grande Course de Haies à Auteuil( Gr. 1). Nous étions tous les trois têtes de liste dans nos pays respectifs. J’ ai toujours la photo dans mon téléphone.
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