Traditionnellement dans les marchés financiers, le taureau (bull en anglais) représente des périodes fastes de progression boursière à l’inverse de l’ours (bear en anglais) qui lui symbolise les périodes baissières. Il faut reconnaître que les indices actions américains battent leur record en 2025 malgré les droits de douane, malgré la conjoncture maussade en Europe et malgré des conflits militaires toujours plus violents et inextricables. Aujourd’hui, le Nasdaq Composite affiche une performance annuelle de + 16,4 % et de + 108 % depuis trois ans. Le CAC 40 lui est moins prolifique (+ 6,6 % depuis le début de l’année et + 36 % depuis trois ans). Évidemment, les États-Unis bénéficient dans toute leur composante indicielle de la forte pondération des valeurs technologiques. L’Europe en est quasiment dépourvu et le CAC 40 a souffert de sa pondération en valeurs du luxe (> 25 % avec les valeurs LVMH, Hermès et L’Oréal) qui semblent désormais sortir de l’ornière. L’or continue d’être idolâtré (comme le veau d’or conspué par Moïse qui en brisa les Tables de la Loi) par les investisseurs en dollar américain. Ainsi, l’once a pris 43 % depuis le début de l’année, propulsant le prix de l’once à plus de 4 000 $, une performance de véritable crack. En euros, la performance est moins flatteuse, car le dollar s’affiche aujourd’hui à 1,17 euro contre 1,03 au début de l’année. Il paraît difficile de toujours voir un refuge dans un métal certes précieux, mais qui ne verse aucun flux monétaire et qui est libellée dans une monnaie fragilisée. Ce mouvement semble signifier une perte de confiance dans les parités de pouvoir d’achat entre les monnaies, liée à un choc sur la répartition de richesses via les droits de douane qui entravent flux globaux de commerce. En France, le débat fait rage tant sur la constitution du gouvernement que sur les options budgétaires. Les vaches à lait des dépenses publiques sont aussi sacrées que cet animal en Inde. La démographie déclinante (la France est classée 23e sur les 27 pays de l’Union Européenne en matière de mortalité infantile) et la réduction du nombre d’heures de production économique par les actifs (durée du temps de travail) ne parviennent plus à financer un modèle d’État-providence gourmand et dispendieux. Ainsi, l’agence de notation Fitch, sans surprise, a abaissé la note de la France à A + (vs AA - auparavant). Les taux d’intérêt 10 ans ont remonté (3,5 %) puis se sont calmés. Mais ce sont surtout les taux d’intérêt à 30 ans qui provoquent une pentification de la courbe des taux puisque l’OAT 30 ans a atteint « en séance en septembre » un pic depuis 16 ans (4,5 %). Dans ce contexte, l’investisseur heureux sera celui qui connaît ses limites (Γνῶθι σεαυτόν : formule inscrite sur le temple d’Apollon à Delphes). Certains marchés actions ont bien monté, les obligations longues apportent de la rémunération mais portent un risque de duration. Il faut donc se positionner entre les deux à ce jour sans porter d’œillères : un peu d’actions qui ont sous-performé (pétrole, small & midcap européennes…) et un peu de rémunérations obligataires sur des maturités courtes avec des risques de crédit acceptables.