CHELTEN(MAN) N°14 Novembre 2025 | George Scott - Entraîneur de Groupe 1

GEORGE SCOTT - ENTRAÎNEUR DE GROUPE 1

Par Katherine Ford

« Aujourd’hui est une journée très spéciale pour moi et mon équipe. Une première victoire de Groupe 1. J’entraîne depuis dix ans et ai gagné plein de courses black type, mais je n’ avais pas encore réussi à remporter un Groupe 1. »

Dans le rond des vainqueurs du Qatar Prix du Cadran, George Scott est aux anges. Supplémenté, Caballo de Mar, qui est passé par les rangs des handicaps et avait remporté le St Léger Allemand deux semaines auparavant, a continué sa progression pour faire briller la casaque bahreïnienne Victorious Forever dans l’ épreuve phare française réservée aux stayers. « Je suis ravi que les propriétaires Cheikhs Nasser et Khalid soient présents pour vivre ce moment. Caballo de Mar est un cheval à part. Il a commencé sa carrière dans les petits handicaps mais il a un très grand cœur. Tout s’ est déroulé parfaitement selon notre plan. » George Scott travaille pour ce moment depuis son adolescence.

Fils de fermier qui a grandi dans le Shropshire, il explique, « Je n’ ai pas eu de contact direct avec les courses, mais mon arrière-grand-père entraînait à Newmarket à la fin de la Première Guerre mondiale, alors je sens une connexion profonde. J’ ai grandi avec les animaux, la chasse à courre et les Point-to-Point, et mon esprit de compétition m’ a amené aux courses. » La culture de l’ obstacle a conduit George à un premier job chez un Paul Nicholls au sommet de son art. « C’ était l’ époque de Kauto Star et Denman! J’ admire tellement Paul, pour son ambition et sa passion. C’ est un entraîneur incroyable, car il n’ a pas les meilleurs chevaux mais il réussit à bien les placer et les maintenir en santé pour faire carrière. J’ étais seulement lad à Ditcheat, mais j’ ai bien observé comment fonctionnait l’ écurie d’ un point de vue pratique, et avec le recul, je tire toujours des enseignements de mon temps làbas. » Après des passages chez Mark Tompkins et Michael Bell, George Scott travaillait chez l’ entraîneur lauréat de Groupes 1 Eddy Kenneally, aux USA, quand il a été contacté pour devenir assistant de Lady Jane Cecil, veuve du légendaire Sir Henry Cecil. « C’ était une période unique. Certains propriétaires, dont Juddmonte et la famille Niarchos, sont restés fidèles à l’ écurie et c’ était incroyable d’ avoir accès à des chevaux avec de telles origines. » Parmi ces pedigrees prestigieux se détache un certain Noble Mission, propre frère de Frankel. « Il nous a fait vivre une aventure phénoménale, avec en point d’ orgue la victoire dans les Champion Stakes. Quand Lady Cecil a décidé de mettre un terme à sa carrière, c’ était un tremplin parfait pour moi. »

IL NOUS A FAIT VIVRE UNE AVENTURE PHÉNOMÉNALE -

Grand voyageur

En dix ans, George Scott s’ est forgé sa propre réputation, d’ un entraîneur ouvert vers le monde. Son premier succès de Groupe avait pour cadre la Turquie en 2017, et il a enchaîné depuis avec des voyages fructueux à Dubaï, Bahreïn, Allemagne, Italie, en plus de la France où il s’ est même aventuré à Craon pour gagner le Critérium de l’ Ouest quelques semaines avant son sacre à ParisLongchamp. « Le monde est petit et il est facile de faire voyager les chevaux. Fondamentalement, les chevaux britanniques sont très forts. Il est logique de chercher des opportunités à l’ étranger, surtout quand on considère le coût de l’ entraînement chez nous et le niveau des prix. Cheikh Nasser est mon soutien principal et il est friand de nouveautés et des challenges. Le programme international fait partie de ma réflexion au quotidien, que ce soit pour les allocations ou les opportunités de black type. » L’ exemple type du cheval « made in George Scott » serait Isle Of Jura, passé des handicaps à la gloire à Royal Ascot. « Il a marqué un tournant dans ma carrière et a concrétisé ma relation avec Cheikh Nasser et Cheikh Khalid. C’ était un animal extraordinaire. On l’ a acheté assez peu cher lors de ventes des chevaux à l’ entraînement (N. D. R. L: 150 000 livres chez Tattersalls) et il a gagné la Triple Couronne de Bahreïn. S’ imposer dans les Hardwicke Stakes (Gr.2) à Royal Ascot seulement trois mois plus tard était exceptionnel. Toute ma famille était présente, et celle de Cheikh Nasser aussi.

C’était une journée inoubliable. » Si la rude école des handicaps et le courage d’ entamer des voyages ont caractérisé les exploits de George Scott pendant la première décennie de sa carrière, il a maintenant les moyens de rivaliser dans les rings des ventes, tout en restant fidèle à la qualité fondamentale de la dureté. « Aujourd’ hui, nous sommes dans une bonne position où j’ ai la possibilité d’ aller aux ventes de yearlings et acheter de bons chevaux. On aime les chevaux durs et solides, avec un mental qui leur permet de voyager et d’ enchaîner les courses. On n’ a pas peur de courir nos chevaux, je trouve que les chevaux progressent avec les courses, cela les aide à prendre de la maturité et c’ est positif pour leur avenir. J’ apprécie un cheval capable de supporter une campagne agressive. » Un pursang aux bonnes origines, endurci par les courses, c’ est peut-être la recette qui permettra à George Scott d’ enlever une des courses qui le fait rêver, entre classicisme et ambition internationale. « George Boughey est l’ un de mes meilleurs amis, et quand il a gagné les 1 000 guinées avec Cachet, j’ ai trouvé ça très cool. Étant installé à Newmarket, remporter les 2 000 guinées, à domicile, serait génial. J’ adorerais gagner cette course, mais j’ ai d’ autres objectifs à travers le monde, comme le Dubai Turf ou le Neom Turf en Arabie saoudite. Nous sommes en train de construire la réputation d’ être une écurie internationale et j’ espère gagner les plus belles épreuves à l’étranger. »