CHELTEN(MAN) N°14 Novembre 2025 | Page 85

À LA UNE

Olivier de Seyssel, co-éleveur

« Vauban, c’ est une belle histoire. Philippe Decouz et moi-même sommes savoyards et nous nous connaissons depuis longtemps, en dehors des chevaux. Lors de son installation à Chazey-sur-Ain, il m’ avait demandé de lui mettre un cheval à l’ entraînement. J’ étais uniquement éleveur de trotteurs à l’ époque. Ne connaissant pas grand-chose au galop, Philippe m’ a proposé de commencer l’ aventure ensemble. Je voulais débuter avec une poulinière et, un jour, Philippe m’ a appelé pour venir voir une jument à l’ écurie, Waldfest, dont le propriétaire était vendeur. Elle est issue de la vieille souche des W en Allemagne, qui a donné un an et demi après Waldgeist, gagnant de l’ Arc. Nous l’ avons rentrée poulinière et l’ avons mise à un jeune étalon qui n’ était pas encore confirmé à l’ époque, Galiway. Vauban est arrivé. C’ était un poulain hyper sympa à élever. Je l’ ai gardé jusqu’ au sevrage et je l’ ai ensuite envoyé chez Pierre de Maleissye. C’ est lui qui l’ a façonné avant qu’ il n’ arrive à l’ entraînement chez Philippe. Ce dernier l’ aimait beaucoup.

FOOTPAD NOUS A OFFERT UN VRAI RÊVE

DEVENU RÉALITÉ

Louise Collet
Nous commencions à avoir de telles offres que ce n’ était pas raisonnable de le garder! Pierre Boulard nous a approchés pour savoir si nous étions vendeurs car Willie Mullins était intéressé. Vauban a couru une Listed en France avant son départ et a gagné. Il a ensuite rejoint l’ entraînement de Willie Mullins, cela a été une histoire géniale avec toutes ses performances au plus haut niveau à la fois en plat et à l’ obstacle. Nous sommes allés à Cheltenham et à Melbourne avec Philippe et des amis, ce sont des souvenirs exceptionnels. Il n’ y a plus qu’ à réécrire l’ histoire avec la propre sœur de Vauban, ou son demifrère par Masar qui va bientôt débuter. »

Louise Collet, co-éleveuse

« Élever un cheval comme Footpad est une immense fierté. C’ est un cheval d’ une qualité exceptionnelle, doté d’ une grande classe et d’ un réel courage. À ses débuts, il était entraîné par mon père, Robert Collet, qui a su révéler très tôt tout son potentiel. Après sa vente à messieurs Munir et Souede, il a confirmé ce que nous avions pressenti: il était taillé pour le très haut niveau. Il a remporté des Groupes 1 en France comme en Angleterre. Dès le départ, nous savions qu’ il attirerait les Irlandais: c’ était un vrai sauteur, avec du style, du fond et un mental remarquable. Voir son cheval partir chez Willie Mullins, c’ est vraiment le rêve de tout éleveur. C’ est un maître d’ œuvre, précis, patient, capable d’ amener ses chevaux au sommet. Tous ne réussissent pas à s’ acclimater aux courses outre-Manche, qui sont bien différentes des nôtres: elles demandent une grande dureté mentale et physique, et Footpad possédait parfaitement ces qualités. J’ étais en lien avec son cavalier d’ entraînement, qui m’ envoyait régulièrement des nouvelles. C’ était sympa de garder un œil sur lui malgré le changement d’ écurie et les kilomètres. Je me souviendrai toujours de notre déplacement à Cheltenham en 2018, avec ma mère. Assister en direct à sa victoire de Groupe 1, au cœur de cette atmosphère unique, a été un moment inoubliable. Un mélange intense de stress, de fierté et d’ émotion. Ce jour-là, nous avons vécu l’ un de ces moments qui font battre le cœur de tout éleveur. Footpad nous a offert un vrai rêve devenu réalité. »
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