PARTIE 3 | FREDDY HEAD ET LA DYNASTIE FAMILIALE À LA UNE
VICTORIA HEAD
Par Serge Okey
Mon père, ce héros
Freddy et Victoria Head. © APRH
GALORAMA. Quel regard portez-vous sur les 58 ans de carrière de votre père?
Victoria Head. C’ est exceptionnel d’ avoir performé ainsi en tant que jockey et entraîneur. J’ étais sur place, à Deauville, lorsque Marchand d’ Or lui a offert son premier Groupe 1, à l’ occasion du Prix Maurice de Gheest 2006. J’ avais 10 ans, à l’ époque je ne me rendais pas compte de tout ce que cela représentait. Après, bien sûr, il y a eu Goldikova. J’ ai eu la chance d’ assister à son 3 e sacre dans la Breeders’ Cup. Un souvenir mémorable. À l’ image de Solow, quand elle se présentait en piste, on savait qu’ elle allait gagner. Ce n’ est que plus tard, quand j’ ai commencé à travailler à l’ écurie, à l’ âge de 17 ans, que j’ ai vraiment mesuré toute l’ étendue du palmarès de mon père.
G. Comment le décririez-vous? V. H. Il est d’ un caractère assez serein. C’ est quelqu’ un qui intériorise beaucoup, d’ assez réservé, mais qui sait profiter de la vie. Ces traits de personnalité l’ ont sans doute beaucoup servi en course. Lors des grandes échéances, on sentait la pression monter, mais il savait la gérer. C’ est un compétiteur dans l’ âme. Aujourd’ hui, il profite de son temps libre, voyage beaucoup avec ma mère, au soleil de préférence. L’ hiver, ce n’ est pas son truc. Cela fait un petit moment qu’ il compte se remettre au golf. Il côtoie régulièrement David Smaga. Entre eux, c’ est une longue amitié. Si vous voulez des anecdotes, appelez-le( rires).
G. Quel héritage votre père vous a-t-il laissé? V. H. Sa marque de fabrique, c’ est la routine, la vitesse et la dureté. Il aime que les chevaux s’ endurcissent à force de travail. Cela lui a permis d’ enchaîner les grandes victoires. Il vient me voir de temps en temps à l’ écurie et suit toutes mes courses. J’ aime qu’ il partage avec moi son ressenti, et j’ ai la chance de pouvoir échanger beaucoup aussi avec ma tante Criquette. Le grand conseil que mon père
Bercée par le bruit des sabots, Victoria Head marche sur les traces de ses glorieux aînés depuis maintenant quatre saisons. La réussite de son père, Freddy, elle l’ a vécue de l’ intérieur. Un privilège qui emporte toute son admiration.
m’ a légué, c’ est de m’ appuyer sur ma méthode, de garder une vraie ligne de conduite. Cela aide à traverser les bonnes comme les mauvaises passes. Il a conservé une poulinière: Decize. J’ ai deux de ses produits à l’ entraînement: Michel( 3 ans) et Montmorency( 2 ans).
G. De Chantilly au haras du Quesnay, vous devez avoir des souvenirs incroyables?
V. H. Chantilly, j’ y passais la majorité de mon temps. Mais c’ est vrai que le Quesnay était un endroit privilégié. On y passait le mois d’ août en famille, en marge du meeting de Deauville. On est nombreux, c’ est le seul endroit qui pouvait tous nous réunir autour de grandes tablées. Dès que je franchissais le portail, j’ étais ébahie. C’ est là que mon grandpère Alec m’ a appris à monter à cheval.
G. Durant votre jeunesse, vous avez dû croiser de nombreuses personnalités?
V. H. Mon père aimait inviter ses amis jockeys: Cash Asmussen, Gary Stevens, Guy Guignard, un de ses grands amis. J’ ai eu le privilège de fréquenter de grands propriétaires comme M. Strawbridge, qui me fait confiance en me confiant des chevaux, M. Hamdan Al Maktoum pendant le meeting de Deauville, les frères Wertheimer aux courses, leur manager Pierre-Yves Bureau …
G. L’ Emirates Poule d’ Essai des Poulains: un objectif pour vous avec Wootton Centurion, invaincu en deux sorties?
V. H C’ est un cheval magnifique. Physiquement et mentalement, il a beaucoup d’ atouts. Il n’ est pas très démonstratif le matin, mais il a le tempérament des bons chevaux. Il est très intelligent aussi. À son âge, il a sûrement tout compris. Comme pour tous mes chevaux, l’ objectif est qu’ il soit performant au niveau qui est le sien.
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