Par Bérengère Rossignol
De plus en plus nombreux sont les professionnels qui font le choix d’ accompagner l’ avenir des courses en achetant un poney de course qu’ ils mettent à disposition des petits pilotes afin de leur permettre de vivre les émotions des courses hippiques. Mais pourquoi font-ils ça? Échanges croisés ou souvenirs piochés sous forme d’ un abécédaire avec des adultes qui ont décidé de laisser s’ exprimer leur âme d’ enfant.
A comme Amour du cheval pour Adrien Fouassier
« Je suis passé par les courses de poneys dans l’Ouest quand j’étais môme. Quand j’étais encore jockey, mais en train de construire ma future carrière d’entraîneur, c’était le lancement de l’association par Cécile Madamet. J’ai eu envie de soutenir la filière poney qui m’avait rendu heureux, envie d’un poney pour mon fils qui venait de naître, envie de me projeter dans l’avenir. Je suis très attaché aux courses de poneys. C’est un véritable vivier de jockeys, une excellente école, l’occasion de rencontrer de grands espoirs et de voir surtout s’exprimer l’amour du cheval, ce qui me plaît le plus. Le vieux cavalier aigri et brutal, je ne peux plus du tout, ni le matin, ni aux courses. Au contraire, les enfants joyeux et reconnaissants, c’est un vrai plaisir. Ils parlent à leurs poneys en les préparant, se fondent dans leurs encolures quand l’émotion les submerge après une victoire, leur parlent tout bas après avoir ruminé une déception, pensent au petit bonbon quoi qu’il se soit passé en piste. Leur sourire aux courses, les voir faire des câlins et des bisous aux poneys, ça me touche vraiment profondément ».
A comme Attendrissement pour Pascal Détré
« Voir les progrès de Zoé, c’est hyper attendrissant, elle irradie de bonheur à cheval ou à poney. Elle ne cesse de franchir des caps, de multiplier les disciplines, de former sa ponette et de se former elle-même. Mais pas de pression, que du plaisir ! On verra bien ce que ça va donner avec sa ponette Cottage Flower, mais je vois de la maturité, de l’assurance, de la reconnaissance grandir en Zoé, et cela me réjouit. C’est aussi une histoire d’affection profonde pour ses parents que de l’accompagner ».
E comme Engagement pour Richard Evain
« Avoir un poney de course, qu’on met à la disposition d’un ou plusieurs enfants, c’est aussi une façon pour moi de m’engager pour l’avenir de la filière. Être éleveur et propriétaire, c’est une position forte, pas toujours facile dans les mauvaises passes, mais tellement géniale quand ça va. Avec les enfants et leurs poneys, c’est une façon de dire mon optimisme, mon enthousiasme pour l’avenir des courses ».
G comme Gagner pour Adrien Fouassier
« Le côté compétiteur prend le dessus au moment du parcours et au passage du poteau. J’arrive à le gommer et à passer outre plus rapidement avec les poneys car il y a moins d’enjeux. Je vais vite consoler le petit, mais c’est vrai que la gagne c’est profondément en moi. »
P comme Partager pour Adrien Fouassier
« Les échanges avec nos jeunes pilotes sont doux et gentils, il y en a plein de très mignons : des cartes de vœux, des souvenirs des victoires, des appels pour reparler d’une course loupée, des vidéos des poneys en préparation, des photos. On a un métier de compétition, et le plaisir de juste faire plaisir, ça fait vraiment du bien. De les voir vibrer, ça a un côté un peu magique. »
P comme Passion et Plaisir pour Pascal Adda
« J’ai acheté un premier poney pour Malone Favriaux, dont le père travaillait chez moi. J’ai ensuite acheté 2 poneys à Craon, confiés à Erwan Ferté et Brune Trapenard par envie de transmettre. Gamin, je faisais du concours, et je montais les chevaux de club, pas toujours des pépites… J’aurais adoré qu’on me confie un poney, alors j’essaie de rendre cela possible pour des jeunes aujourd’hui ! C’est une façon de partager ma passion. Je reçois des petites photos, des notes vocales après les courses, des vidéos. J’adore quand ils me racontent leurs parcours, j’aime bien partager ça avec eux. Je suis leurs engagements avec entrain. Leur passion est très pure, tournée vers leurs poneys sans pression, à part celle de toujours faire mieux, et c’est formidable de retrouver cette approche. De plus, je reste très léger, je ne veux pas transmettre de pression, ça doit rester du plaisir. Voir leur sourire, c’est le plus satisfaisant. Ils ne deviendront pas tous jockeys, ni cavaliers d’entraînement, ni même amateurs, mais tous, ils continueront à venir sur un hippodrome, à parler positivement des courses après s’être amusés à poney ».
R comme Rêves pour Patrice Détré
« Mon rêve, c’est de voir Zoé gagner un Prix de France à Auteuil plus tard sous mes couleurs. L’observer commencer si jeune et si sérieusement à poney me semble être une voie parfaite. Les courses de poneys reflètent l’engouement, en faisant venir les familles sur les hippodromes, c’est joyeux, léger, festif. Je suis devenu président des courses du Dorat, qui vont accueillir 3 épreuves de poneys, et j’entends l’impatience du public comme des bénévoles. Pour moi qui ai eu la chance de monter en amateur et de m’investir au sein du club GRC, je vois à quel point c’est un maillon important dans la filière. Par ailleurs, le niveau à cheval a nettement progressé ces dernières années. Les enfants qui arrivent des courses de poneys ont le sens du train, du peloton, savent préparer leurs chevaux… ».
T comme Transmission pour Richard Evain
« Les courses, j’y pense matin, midi et soir (et même la nuit !). J’ai d’autres engagements bénévoles, mais le cheval est très présent dans tout. C’est un animal magnifique, sensible, qui nous fait vivre des émotions formidables. Confier un poney à un enfant, c’est aussi transmettre cette passion pour un animal noble ».
Les esprits chagrins me rétorqueront que cet abécédaire est bien incomplet, et que je mérite de reprendre le chemin de l’école pour réviser mon alphabet, mais brosser un portrait plus complet des sentiments éprouvés par les différents professionnels aurait certainement frôlé la niaiserie ! À ceux qui aimeraient faire vibrer leur âme d’enfant, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Quelques souvenirs
Sourire de Clément Lefebvre :
Voir Clément passer au rond quelques minutes avant de lui-même se mettre en selle pour le mythique Anjou-Loire Challenge (qu’il gagnera d’ailleurs) pour dire bonjour aux enfants, puis consacrer quelques minutes à son jockey du jour : l’encourager, le charrier très gentiment pour que celui-ci se décontracte, lui rappeler de sourire, et de savourer sa chance d’être avec sa ponette sur le parcours mythique devant un public si nombreux.
Soutien par Fabienne et François Nicolle :
Ce merveilleux matin, où les enfants se rendent compte que « maître » Nicolle et son épouse sont là, au bord du rond, pour eux, au fin fond de la Mayenne, un rare jour sans courses hippiques. Les petits cavaliers des 2 poneys qui ont la chance de porter leurs couleurs sont touchés, stressés et pétris de l’envie de bien faire. Un petit mot gentil, une détente visible, un « laisser vivre » qui réjouit.
Virus par Xavier Papot
Alors qu’il n’avait pas de partant au Lion-d’Angers et que son épouse avait d’autres projets, Xavier Papot est venu encourager son jockey junior. Quand on a le virus des courses, voir ses couleurs en piste, ça fait vibrer, quel que soit l’enjeu sportif, l’âge du cavalier ou la race du poney !