Par Loïc Stecher Chocron
Même s’ il est né en Irlande, la victoire de Zulu Kingdom dans le Maker’s Mark Mile Stakes, à Keeneland en avril dernier, a un parfum aux notes françaises. Son éleveuse n’ est autre qu’ Élisabeth Fabre, sous l’ entité de l’ écurie Peregrine.
Zulu Kingdom a dominé de la tête et des épaules l’ édition 2026 du Maker’s Mark Mile Stakes (Gr.1), aux États-Unis, en battant notamment le dernier lauréat de la Breeders’ Cup Mile (Gr.1), Notable Speech, seulement quatrième. Il a offert un nouveau Groupe 1 à Élisabeth Fabre, un an presque jour pour jour après le succès d’ Arapaho dans la Schweppes Sydney Cup (Gr.1). Il est aussi amusant de noter que le poulain de 4 ans a croisé le fer dans ce Groupe 1 américain avec un certain Aomori City, lui aussi élevé par l’ écurie Peregrine, en association avec le haras de Saint-Pair. Né en 2022, Zulu Kingdom a été, deux ans plus tard, le quatrième poulain de l’ armada des 2 ans d’ André Fabre à débuter. Ce jour-là, à Saint-Cloud en juin, le fils de Ten Sovereigns a surclassé ses 11 rivaux, tous débutants. Évidemment, de tels premiers pas attirent les convoitises. Le cheval est vendu aux États-Unis et court depuis sous la casaque Madaket et associés. Toujours du haut de ses 2 ans, le poulain se fait un nom sur le circuit du turf américain. Après des victoires de Groupe 3 et de Groupe 2, il tente sa chance dans la Breeders’ Cup Juvenile Turf (Gr.1) mais sans succès. À 3 ans, il revient encore plus fort et empoche son premier Groupe 1, dans les American Turf Stakes à Churchill Downs, le jour du Kentucky Derby. Toujours, ou presque, associé au crack-jockey français Flavien Prat, Zulu Kingdom, qui effectuait sa réapparition après une longue absence, a permis à son entraîneur, le non moins redoutable Chad Brown, de décrocher son 3000e succès.
Cette victoire souligne également la qualité de l’ élevage d’ Élisabeth Fabre. Avec une poignée de poulinières seulement, le haras de Saint-Laurent, à Sées dans l’ Orne, a sorti régulièrement des éléments black type ces dernières années. Citons Arapaho, Soleil Marin, Montclair, Athabascan, Timour, Joyful Trinity, Aomori City, Bouttemont, Zanzibari ou encore Brigantin, en association avec la Team Valor et Denali Stud, tous lauréats de Groupe. Pour être précis, le précité Zanzibari est l’ oncle de Zulu Kingdom. Ce gagnant du Prix de Cabourg (Gr.3) fut un étalon très utile au haras des Sablonnets. Il est lui-même le fils de la bombe Zinziberine, achetée aux États-Unis par les époux Fabre et gagnante à 2 ans du Critérium de Maisons-Laffitte (Gr. 2) et du Prix Éclipse (Gr.3). La mère de Zulu Kingdom, Zindziswa, par Smart Strike, n’ a pas été saillie en 2025, ayant pouliné tardivement d’ une femelle par Sottsass.
Par Jacob Pritchard-Webb
La venue de jockeys britanniques en France n’ a rien de nouveau. Dean Gallagher l’ a fait, tout comme Philip Carberry au début des années 2000. Ils ont rapidement été suivis par les jockeys James Reveley et Felix de Giles. Sans oublier les femmes: la championne Charlotte Prichard, venue des collines galloises pour faire de Royan sa base, et plus récemment Bryony Frost, qui a également traversé la Manche.
Avec ces pionniers, il n’ est pas surprenant de voir de plus en plus de jeunes jockeys tenter l’ aventure. Place à Joshua Bryan. Un jeune seulement par le nom et l’ âge: Bryan est un ancien jockey de plat avec 160 victoires à son actif, dont une Listed à Haydock et un handicap de prestige dans la John Smith’s Cup pour son entraîneur de longue date Andrew Balding. Je suis moi-même allé à la British Racing School avec Josh lors de notre stage de quatre semaines avant de partir travailler pour nos entraîneurs respectifs, et j’ avais déjà remarqué son talent. Ce n’ est pas vraiment une surprise quand on regarde ses origines: ses deux parents étaient des jockeys amateurs à succès, et son oncle, Peter Bowen, est une figure bien connue de l’ entraînement au pays de Galles. Les fils de Peter, James et Sean Bowen, sont donc ses cousins; tous ont grandi dans un esprit de compétition, notamment à travers les courses de poneys. Arrivé en France le 1
février, il a rejoint l’ importante écurie de Guillaume Macaire et Hector de Lageneste à Royan, après y avoir travaillé un mois l’ été dernier. Avec l’ aide de son agent Dylan Billot, il compte déjà (au 15 avril) un succès pour Davide Satalia à Strasbourg, et 13 places en 18 montes. Quelques mois après son installation, je l’ ai appelé pour savoir comment il s’ adaptait.
GALORAMA. Pouvez-vous nous parler de votre parcours dans les courses?
Joshua Bryan. Ma famille a joué un rôle important dans mon arrivée dans les courses, en commençant par les courses de poneys, où j’ ai dû monter environ 50 gagnants. Après le passage de Sean (Bowen) en Point-to-Point, j’ ai monté un de ses poneys et nous avons accumulé de nombreuses victoires. Mon père a ensuite acheté un inédit de 3 ans pour 700 livres, resté heureusement à 1,47 m et très rapide. J’ ai aussi affronté de bons jockeys comme Ben Jones, Lorcan Williams, Connor Brace, James Bowen, et A. J. O’ Neill.
G. Quelles ont été vos premières expériences professionnelles?
J. B. Andrew Balding m’ a proposé un travail lorsque je faisais des courses de poneys, juste après mes 16 ans, donc j’ ai commencé chez lui après mes quatre semaines à la British Racing School. C’ était un excellent début de carrière: Andrew est un mentor exceptionnel, pas seulement pour moi mais pour tous les jeunes jockeys qui passent par Kingsclere. Il y avait un bon mélange d’ anciens et de jeunes, ainsi que des jockeys de haut niveau toujours prêts à vous conseiller.
G. En dehors d’ Andrew, qui vous a encadré à Kingsclere?
J. B. Oisin Murphy aidait volontiers tous ceux qui le lui demandaient. Aux courses ou au téléphone, il était toujours là pour donner des conseils et analyser une course avec moi. C’ est celui vers qui je me tournais le plus, et j’ ai énormément de respect pour lui.
G. Durant votre carrière en plat, pour qui avez-vous monté et quels ont été vos plus grands succès?
J. B. La John Smith’s Cup à York est un handicap de prestige, je l’ ai gagnée pour King Power Racing et Andrew avec Johnny Drama. Lors de ma dernière saison en plat, j’ ai remporté une Listed à Haydock pour Archie Watson avec un très bon cheval nommé Shartash, en battant Pogo, un cheval de Charlie Hills, d’ une encolure. C’ était un moment fort pour moi, surtout en tant que deuxième jockey pour Archie, derrière Hollie Doyle.
G. Pourquoi avoir quitté le plat pour l’ obstacle? J. B. Mon poids. C’ était toujours un combat, et je me détruisais probablement pour descendre à un poids compatible avec une carrière en plat. Mais à 25 ans, je ne pouvais plus continuer à faire subir ça à mon corps, surtout sans être parmi l’ élite. Il y avait des jours où je montais deux lots le matin, où je passais trois heures à transpirer dans le bain, puis encore en combinaison dans la voiture, avant de courir autour de la piste pour perdre le dernier kilo.
G. Comment vous sentiez-vous en course dans ces conditions?
J. B. L’ adrénaline à l’ entraînement me boostait un peu, puis elle reprenait le relais à cheval. Mais un jour, en juillet à Bath, il faisait 30 °C; j’ ai cru m’ évanouir. Les pieds hors des étriers, je ne voyais plus rien. Heureusement, tout est rentré dans l’ ordre au moment du départ, mais c’ était dangereux.
G. Quel a été le déclic pour changer de discipline?
J. B. C’ est assez ironique, car je venais de signer une de mes plus grandes victoires. Mais vers octobre 2024, en passant du gazon à la piste tout temps, je n’ avais plus qu’ une ou deux montes par semaine, toutes à 33/1 ou plus. Mentalement, c’ était destructeur de perdre 3 kg pour finir dernier. Mon cousin, James Bowen, m’ a fait réfléchir: est-ce que je voulais encore faire ça dans cinq ans? Il a été déterminant. J’ avais tout essayé pour le poids, rien n’ était durable. Le Covid a empiré les choses avec la fermeture des saunas. J’ étais seul, alors qu’ avant on partageait ça entre jockeys. Passer à l’ obstacle a été un soulagement.
G. Où êtes-vous allé ensuite? J. B. Grâce à mon cousin Sean, premier jockey chez Olly Murphy, j’ ai obtenu un poste là-bas. J’ ai repris le travail sur les obstacles et monté aussi pour Nick Scholfield, Tom Weston et DJ Jeffreys. Ma première saison a été laborieuse, je n’ avais plus sauté depuis mes 12 ans. Il m’ a fallu neuf à dix mois pour retrouver le coup. Mais Olly m’ a donné des opportunités et j’ ai monté quelques gagnants, 6 au total l’ an dernier, ce qui m’ a ravi.
G. Pourquoi venir en France? J. B. Au Royaume-Uni, avec mon nombre de victoires en plat, je n’ avais plus de décharge malgré mon manque d’ expérience en obstacle. En France, je peux bénéficier d’ une décharge de 3 kg. J’ ai travaillé un mois avec Nathan Vergne l’ été dernier, où j’ ai sauté des chevaux inédits dès la première semaine, ce fut parfois mouvementé, mais très formateur! Ensuite, j’ ai passé un mois chez Guillaume Macaire et Hector de Lageneste, j’ ai adoré. Il m’ a proposé un poste et j’ ai accepté en début d’ année. Les allocations sont aussi plus intéressantes.
G. Comment se passe votre adaptation? J. B. Très bien. Je veux simplement bien gagner ma vie en faisant ce que j’ aime. En plat, redevenir un jockey de second plan ne m’ attirait pas. Ici, je trouve ma place. Avec Guillaume et Hector, c’ est super: récemment, on a travaillé la moitié de l’ effectif, terminé à 15 heures, et j’ ai sauté 10 chevaux différents dans la matinée. J’ ai aussi un bon agent, Dylan Billot, qui m’ ouvre des portes avec d’ autres entraîneurs comme Davide Satalia et Erwan Grall.
G. Que pensez-vous des hippodromes français?
J. B. Les petits hippodromes comme Loudéac ou Blain sont particuliers, plus serrés, et les installations sont différentes de ce que je connais. Mais avec les allocations et les chevaux que je monte, cela ne me dérange pas. C’ est aussi pour ça que c’ est important d’ avoir un agent comme Dylan, qui sait où aller et quels chevaux monter.
G. Que pouvons-nous vous souhaiter? J. B. J’ adore la vie ici, je n’ ai pas à me plaindre. J’ aimerais suivre les traces de Felix de Giles et James Reveley et réussir en France. Il faut juste que je progresse en français maintenant.
Par Jocelyn de Moubray
Malgré la domination de quelques grandes écuries, les courses françaises conservent une réelle compétitivité. Un équilibre qui favorise l’ émergence de nouveaux étalons, à l’ image de Persian King, Chachnak ou City Light, en pleine ascension.
Les courses en France restent étonnamment compétitives. Certes, les effectifs de Francis- Henri Graffard et d’ André Fabre dominent largement la plupart de leurs rivaux et regorgent de qualité, leur permettant de rivaliser dans la majorité des grandes épreuves. Mais, heureusement, il existe encore de nombreuses écuries plus modestes capables de lutter régulièrement dans les Groupes et Listed. En conséquence, la structure des courses françaises reste largement inchangée. Les meilleurs chevaux passent généralement par les maiden, les courses à conditions, puis les Groupes ou Listed avant d’ accéder au plus haut niveau, ce qui renforce le spectacle pour les observateurs. Ce n’ est plus vraiment le cas en Angleterre et en Irlande, où la domination de quelques propriétaires et entraîneurs fait que les préparatoires les plus importantes se déroulent en privé sur les pistes d’ entraînement de Newmarket ou Tipperary. Les meilleurs chevaux semblent arriver directement dans les grandes courses et, dans l’ intervalle, la presse spécialisée est contrainte de spéculer sur ce qui a pu se produire à l’ abri des regards. Fin avril marque le tiers de l’ année écoulé et environ un quart de la saison sur gazon disputé, mais à ce stade il est déjà clair que certains étalons vont réussir une bonne saison. En France, 34% des courses sont réservées aux 3 ans et 40% des Groupes et Listed. À cette période de l’ année, la quasi-totalité des chevaux appelés à disputer les meilleures de ces épreuves sont déjà connus.
Persian King, un deuxième cru prometteur Deux étalons français qui franchissent un cap en 2026 sont Persian King (Haras d’ Etreham) et Chachnak (Haras de la Gastine), tous deux fils de Kingman. Lauréat Classique et multiple vainqueur de Groupe 1, Persian King est entré au haras au tarif de 30 000 €. Sa première génération de 3 ans n’ a pas pleinement répondu aux attentes en 2025. Un gagnant de Groupe, 49 gagnants au total et 5 black type, ce n’ est pas mauvais, mais insuffisant pour maintenir un tarif élevé. Ses meilleurs produits étaient trop tardifs pour les Classiques, et plusieurs se sont illustrés dans les gros handicaps britanniques comme Best Secret, Quai de Béthune ou Stateira. Tous les étalons peuvent connaître une bonne ou une moins bonne année, mais les meilleurs répètent un niveau de performance similaire saison après saison, une fois passées les fluctuations inévitables du début de carrière. La deuxième génération de Persian King semble d’ un tout autre niveau. Avec Frankel, il est le seul à avoir déjà produit deux gagnants de Groupe parmi les 3 ans en 2026. Pearled Majesty et Concorde Agreement comptent parmi les meilleurs 3 ans en France, et plusieurs autres comme Évita et Persian Imp Cen sont de niveau black type. Si les 30 000 € de départ pouvaient sembler élevés, les 15 000 € auxquels Persian King officie en 2026 apparaissent désormais comme une excellente opportunité.
Chachnak: des chiffres déjà solides Chachnak est entré au haras sans réelle attente, hormis celles de ses associés autour de ce fils de Kingman et de la placée de Classique Tamazirte, mais ses résultats ont été remarquables dès les débuts de ses produits en compétion. Les petits effectifs peuvent biaiser les statistiques, mais le plus impressionnant est que ses deux premières petites générations de 3 ans ont été tout aussi performantes. Sa première génération, née en 2022, comptait 34 produits nommés, dont 17 gagnants (74% des partants) et deux éléments de haut niveau avec la placée de Groupe Ginalyah et la lauréate de Listed Stolen Kiss. Il n’ y a que 19 trois ans par Chachnak, mais ils comptent déjà neuf gagnants (75% des partants), et au moins deux pouliches de niveau black type avec Pink Panthera et Sahimaa. Chachnak, proposé à 3 000 €, a démontré qu’ il mérite une montée en gamme tant en nombre qu’ en qualité de juments.
City Light, régularité et progression Un autre jeune étalon en pleine ascension est City Light (Etreham), dont la troisième génération correspond aux 3 ans de 2026. Fils de Siyouni, il a débuté à 7 000 € lors de ses cinq premières saisons avant de monter à 10 000 €. Sa première génération a affiché un pourcentage exceptionnel de gagnants avec 55 produits sur les 83 nommés, soit 66%, le classant deuxième parmi les étalons avec plus de 20 produits, juste derrière Havana Grey et devant Zarak (Haras de Bonneval), troisième selon ce critère cette année-là. Sa deuxième génération a produit moins de gagnants mais 7 black type, et la troisième, signe de la régularité propre aux bons étalons, semble la meilleure à ce jour avec déjà 17 gagnants, dont la lauréate de Listed Naomis, ainsi que plusieurs éléments prometteurs comme Radiant, Trinquette et Nity Galeste. Les 3 ans de City Light affichent une distance moyenne de victoire de 1 650 mètres et sont particulièrement à l’ aise en bon terrain et sur PSF, ce qui laisse penser qu’ ils pourraient être compétitifs à l’ international.
Zarak et Zelzal gagnent du terrain Deux autres étalons français bien présents dans les statistiques cette année sont Zelzal (Haras de Bouquetot) et Zarak (Bonneval), tous deux avec leur cinquième génération de 3 ans. Zarak a débuté à 12 000 €, passant à 25 000 € en 2022 puis à 80 000 € cette année, avant qu’ un accident ne limite son activité. Zelzal a commencé à 7 000 €, est monté à 15 000 € en 2022 et officie à 10 000 € cette saison. Zarak a affiché des statistiques largement supérieures à la moyenne avec ses trois premières générations à 12 000 €. Fils de Dubawi, il compte déjà 16 gagnants de 3 ans cette année, sans gagnant de Groupe pour l’ instant mais plusieurs sujets prometteurs. Zelzal compte 121 trois ans dont 19 gagnants en 2026. Il s’ est montré régulier depuis ses débuts mais prend davantage d’ ampleur cette année, ses premières générations ne comptant qu’ une cinquantaine de produits en moyenne. Fils de Sea The Stars, il lui manque désormais un cheval phare pour asseoir sa position.
Le Havre, passage de témoin Enfin, un dernier étalon français qui marque ce début d’ année est Le Havre, qui a sailli ses dernières juments en 2022 mais dont les filles s’imposent comme d’ excellentes poulinières. La plupart des grands pères de mères ont débuté à des tarifs élevés avec des juments de qualité, ce qui n’ était pas le cas de Le Havre, proposé à seulement 5 000 € lors de ses quatre premières saisons. Ses filles les plus âgées ont 15 ans cette année et ont déjà produit des chevaux de premier plan comme Pyledriver. Parmi les bons éléments issus de mères par Le Havre cette année figurent Pearled Majesty, Warriors Whisper, Martagny, tandis qu’ en 2025 on trouvait Zia Agnese, Égina et Survie. Au départ, ce sont les meilleures juments de course par Le Havre qui produisaient, mais la mère de Pearled Majesty n’ a pas couru, et Égina, Survie et Zia Agnese sont issues de juments de niveau moyen.
Par Katherine Ford
Le Dubai Racing Club avait imaginé une fête démesurée, comme on sait le faire seulement à Dubaï, pour célébrer le 30 anniversaire de sa réunion dotée de 30,5 M$. Le contexte dans le Moyen-Orient en a souhaité autrement. Malgré quelques forfaits liés aux incertitudes du contexte, l’ événement a été à la hauteur des attentes sportives, notamment grâce à la présence de trois des quatre meilleurs chevaux mondiaux selon le classement Longines, et les résultats ont validé son envergure internationale.
Les réussites tricolores Pour nous français, mais aussi pour ses nombreux fans à travers le globe, Calandagan était la grande attraction de la réunion, et le champion des Aga Khan Studs a répondu présent par une performance éblouissante. Après avoir galopé loin derrière le leader West Wind Blows, qui ne s’ est pas relâché dans la phase finale, il a fourni une superbe accélération pour prendre l’ avantage à 100 mètres de l’ arrivée, et Mickaël Barzalona a même eu le temps de caresser son partenaire au passage du poteau. C’ est parti pour une nouvelle saison XXL pour le hongre de Francis Graffard! Mickaël Barzalona avait créé la surprise plus tôt dans la réunion, remportant la Dubai Gold Cup avec la jument Fairy Glen qui découvrait la distance de 3 200 mètres. Elle porte la casaque du Cheikh Hamdan bin Mohammed Al Maktoum, le fils de Cheikh Mohammed, et est entraîné par Simon et Ed Crisford. Un duo qui a signé une magnifique journée avec cette victoire et trois places de Groupe 1, pour plus de 3 millions d’ euros de gains. Un moment rempli d’ émotion pour Simon Crisford, qui faisait partie de ceux qui ont créé cette réunion il y a 30 ans, quand il était racing manager pour Godolphin.
Bleu Godolphin Sous la casaque Godolphin, Ombudsman a réalisé la démonstration attendue en dominant la Dubai Turf pour John et Thady Gosden et la monte de William Buick, des piliers de l’ opération de Cheikh Mohammed. « Félicitations Dubai », s’ est exclamé William Buick. Nous avons de magnifiques courses ici, et c’ est un plaisir de faire partie de cette équipe. À son tour, John Gosden s’ est rappelé: « J’ étais présent pour la première World Cup, avec Cigar et l’ entourage d’ Allen Paulsen, Bill Mott et Jerry Bailey. Cela a été une belle aventure, et je félicite tous ceux qui ont œuvré pour mettre en place cette réunion ce soir. » Ombudsman aura pour premier grand objectif, en Europe, dans les Prince of Wales’s Stakes, le 18 juin à Royal Ascot. Il n’ y avait pas de représentant de la casaque bleue dans le Godolphin Mile, mais le Groupe 2 a bien porté son nom. L’ épreuve sur le dirt est revenue à un 6 ans élevé par Godolphin, Banishing, pour l’ entraînement américain de David Jacobson et la monte de Silvestre de Sousa, ancien jockey attitré de Godolphin en Grande-Bretagne.
Des locaux à la fête L’ entraîneur local, Ahmad bin Harmash, et son jockey, Connor Beasley, ont été couronnés rois de la vitesse, signant des succès dans l’ Al Quoz Sprint avec Native Approach, qui s’ est révélé sur la distance de 1 200 mètres, et dans le Dubai Golden Shaheen avec Dark Saffron, qui a défendu son titre avec brio, devançant le vainqueur de la Cygames Breeders’ Cup Sprint, Bentornato, dont le copropriétaire, Michael Lavarone, est un personnage emblématique de la série Race for the Crown sur Netflix. Dans un tout autre style, Connor Beasley profite pleinement d’ une opportunité qui lui a été offerte il y a quelques années de passer l’ hiver à Dubaï pour le Carnaval. Ce jockey, du Nord de l’ Angleterre, avait subi un grave accident en 2015, qui l’ a éloigné des pistes pendant presque un an et ne se serait sans doute jamais imaginé courir pour les pétrodollars aux Émirats. La Dubai Kahayla Classic ouvre traditionnellement le bal de la journée de la Dubai World Cup. Ce Groupe 1, réservé aux pur-sang arabes, a vu l’ exploit historique de Falaah, qui s’ est imposé d’ une courte tête à l’ issue d’ une formidable fin de course, offrant une première victoire lors de cette réunion au pays voisin d’ Oman.
Japonais: peu mais victorieux De nombreux Japonais se sont désistés; le pays du Soleil-Levant étant finalement représenté par 6 pur-sang. Cela a suffi pour gagner, pour la cinquième année consécutive, le Derby des Émirats grâce à Wonder Dean, monté par Cristian Demuro. Quatrième auparavant du Saudi Derby, il décroche son billet pour le Kentucky Derby, devenu un graal pour les Japonais au même niveau que le Prix de l’ Arc de Triomphe. Il y a deux ans, le vainqueur du Derby des Émirats se nommait Forever Young, et depuis, le pensionnaire de Yoshito Yahagi est devenu une superstar internationale, héros notamment des deux dernières Saudi Cup et la Breeders’ Cup Classic. Forever Young était le grand favori de la Dubai World Cup, mais a dû se contenter de la deuxième place derrière l’ Américain Magnitude, qui s’ est imposé de bout en bout sous la monte de José Ortiz. Son entraîneur, Steve Asmussen, inscrit son nom pour la deuxième fois au palmarès de la Dubai World Cup, après le sacre du champion Curlin en 2008. La caravane des courses internationales poursuit son chemin; Magnitude et Forever Young pourraient se retrouver à Keeneland en octobre pour la Breeders’ Cup!