CHELTEN(MAN) N°14 Novembre 2025 | Page 137

Musique

Une petite sélection d’ une discothèque de folie disponible à chaque numéro, de titres s’ imposant par le feu de l’ actualité, ou un petit peu tirés par les... chevaux.
Par Serge Okey
PAR SERGE OKEY
TAME IMPALA
DEADBEAT
En Australie, Kevin Parker est le Ciaron Maher de la musique. Depuis le succès planétaire « The Less I Know The Better »( 2015), les appels du pied pleuvent vers ce brillant multi-instrumentiste. Rihanna, Lady Gaga, Kanye West, Dua Lipa, The Weeknd … Tout le monde se l’ arrache. Avec « Deadbeat », nouveau disque à la réception très partagée, le cerveau de Tame Impala n’ atteint peut-être pas l’ Everest, mais s’ autorise un virage radicalement électro audacieux, au risque de perdre ses premiers afficionados. Un grand écart entre la pop psychédélique de ses débuts et ce saut à pieds joints dans des envolées très raves parties, où les guitares laissent place aux beats. Entre deux ballades affables et quelques moments de plane qui font la marque de ce groupe soliste, ce « mauvais payeur » ne manque pas de liquide et a clairement pour ambition de faire flamber le dancefloor.
ANDREA LASZLO DE SIMONE
UNA LUNGHISSIMA OMBRA
« Pop classieuse ». « Le son de l’ Italie ». « A la vie à l’ amore ». « Epure et luxuriance ». « La grande classe à l’ italienne ». Pas une chronique musicale n’ a manqué d’ applaudir le retour dans les bacs du trentenaire Turinois la veille du prix Heros XII. Comme la victoire de Sel Jem, cette nouvelle odyssée( 17 titres) entre ombre et lumière s’ impose de manière impeccable. On s’ était permis une petite étrenne en glissant son envoutant « Dal giorno in cui sei natu so » sous le sapin de notre playlist du Nouvel An. Cette fois, le César 2024 de la meilleure BO pour « Le Règne Animal » revient démasqué, affichant sa grosse moustache à la une des magazines. Une parenthèse de lumière, comme pour mieux retourner dans sa « dolce vita ». Chez lui, là où il aime tant bricoler ses amours de chansons nostalgiques au son toujours aussi délicieusement désuet. Définitivement classieuses.
PHILIPPE JAROUSSKY
GELOSIA!
En 2025, la voix de tête en or du célèbre contreténor tricolore continue de nous enchanter au bout de 25 ans de carrière. Si vous permettez ce parallèle, avec sa voix de castrat, Jaroussky chante encore comme un hongre qui aurait conservé ses attributs pour être autorisé à courir l’ Arc de Triomphe. À 47 ans, le sextuple vainqueur des Victoires de la musique classique replonge avec son ensemble Artaserse dans ce répertoire baroque qu’ il aime tant: Vivaldi, Hændel, Scarlatti. Et deux cantates plus méconnues, signées du Napolitain Nicola Porpora et du Vénitien Baldassare Galuppi. Un mélange de tubes et de raretés du XVIII e siècle en somme. Malgré le culte qu’ il voue aux trois célèbres compositeurs, c’ est peut-être dans la nouveauté que Jaroussky séduit le plus, au long de ces cinq chapitres dévolus à la jalousie. L’ effet découverte, sans doute.
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