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L’ ACCUEIL DES ENFANTS
SE FAIT DÈS 5H30
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Pauline Dominois, son petit Marceau et son conjoint
Anthony Renard.
© APRH expliquait: « Si je devais avoir un enfant je m’ installerais dans ce payslà, car les courses sont le week-end et parfois le mercredi. Ici c’ est infaisable. Si j’ exerçais un autre métier j’ aurais déjà eu des enfants, mais ma carrière compte beaucoup pour moi. » Pour une femme-jockey être en congé maternité signifie perdre une grande partie de ses revenus. Les jockeys touchent en effet 7 % des allocations gagnées par les chevaux qu’ ils montent. Ces sommes sont considérées comme des bénéfices non commerciaux. C’ est uniquement le salaire des jockeys qui sert de base à leur indemnisation lors des périodes de maladie ou de congé maternité. Il correspond à la somme des « tarifs de monte minimaux » touchés à chaque participation à une course durant un mois donné. Pour le plat, le montant est de 15,52 euros et pour l’ obstacle de 55,47 euros par course. « La MSA prend en compte le salaire du dernier mois d’ activité pour calculer le montant des indemnités, précise Thierry Gillet, secrétaire général de l’ Association des Jockeys. Cela peut être très pénalisant si le jockey a peu monté durant cette période ou pour un jockey d’ obstacle qui revient juste de blessure et retombe … On peut dans certains cas demander à la MSA de considérer une période plus large. » Une jockey comme Maryline Eon, qui a gagné 96 courses entre le 1er janvier 2024 et le mois de février 2025, juste avant l’ arrivée de son bébé, a donc vu son train de vie s’ effondrer, ses revenus étant divisés par seize ou vingt! De plus, pour des questions administratives complexes, Maryline, qui « essuie les plâtres » en tant que femme jockey free-lance devenue maman, n’ a toujours rien touché pour son congé maternité qui a débuté en juillet et prendra fin ce mois-ci. « Heureusement je suis prévoyante, j’ ai mis de l’ argent de côté depuis le début de ma carrière, à seize ans. Heureusement aussi que mon conjoint gagne bien sa vie, sinon comment ferais-je? D’ autant que les impôts continuent à me prélever une grosse somme chaque mois. » Maryline peine à trouver les bons interlocuteurs pour la sortir de son imbroglio administratif. Elle ne souhaite pas reprendre sa carrière et réfléchit à son projet de reconversion. Pauline Dominois, jockey de plat puis d’ obstacle, est devenue agent … de jockeys après avoir eu un petit Marceau en mars 2022. « J’ étais très passionnée par mon métier et salariée chez Mickaël Seror. Je ne me serais sans doute pas arrêtée pour avoir un enfant spontanément, mais j’ étais sur la touche suite à une chute en mai 2021, à Vichy, qui a provoqué des fractures des vertèbres T5, T6 et T7. J’ ai été évacuée en hélicoptère... Trois mois après la naissance de Marceau, j’ avais retrouvé mon poids et je remontais dans une écurie d’ obstacle, mais les médecins ont
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