CHELTEN(MAN) N°14 Novembre 2025 | Page 126

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difficiles à gérer. Aujourd’ hui Sophie a huit ans donc c’ est plus simple, d’ autant qu’ elle est passionnée par les chevaux. Sa petite enfance l’ a habituée aux voyages comme aux rencontres. » Selon les communes sur lesquelles les femmes travaillent, il n’ est pas toujours simple de trouver un mode de garde en horaires décalés – on dit « atypiques »- pour le bébé. Sur les grands centres d’ entraînement, l’ AFASEC a créé des maisons d’ assistantes maternelles dont elle délègue la gérance. « Nous avons six établissements pour lesquels nous avons conduit les travaux afin de garantir les standards de qualité, explique Hugues Leclercq. L’ accueil des enfants se fait dès 5 h 30. Les maisons d’ assistantes maternelles offrent douze places chacune, à Pau, La Teste, Chazey-sur-Ain et pour le trot sur le centre d’ entraînement de Grosbois. À Cabriès, près de Marseille, nous avons une micro-crèche. Une maison d’ assistantes maternelles flambant neuve va être inaugurée à Chantilly. » Des aides financières sont données aux familles confiant leur enfant à une assistante maternelle agréée. Selon la situation du ou des parents, la somme peut atteindre 300 euros par mois. Elle s’ ajoute aux aides sociales existantes. Le milieu des courses s’ adapte peu à peu à la présence des femmes, qui lui sont d’ autant plus indispensables qu’ un grand nombre de postes restent vacants dans cette industrie, faute de candidats. Il faudrait donc pousser les femmes à s’ y investir et à y rester, mais les choses n’ avancent pas vite et la spécificité du travail les complique. Si aucune loi ne précise à quel stade de la grossesse une femme doit cesser de monter, les médecins ont tendance à la placer très vite en arrêt maladie afin d’ éviter tout risque. L’ idéal serait qu’ elle occupe un poste moins physique avant l’ arrivée du bébé, mais c’ est presque impossible, comme le souligne Hugues Leclercq: « Le travail de palefrenier est également pénible. Les emplois de bureau sont déjà pourvus et demandent des compétences particulières. »
CI-DESSUS
Maryline Eon, pionniè re des femmes-jockeys enceinte au firmament de sa carriè re.
© APRH
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Une perte de revenus abyssale
Le pompon de la difficulté revient aux femmes jockeys pour lesquelles une grossesse équivaut généralement à une fin de carrière. Une rencontre a été organisée entre trois d’ entre elles et des handballeuses professionnelles, à l’ initiative de France Galop et de la Fédération française de handball. Elle s’ est déroulée en mai dernier sur l’ hippodrome de ParisLongchamp. Maryline Eon, alors enceinte, Coralie Pacaut et Mickaëlle Michel ont été impressionnées d’ apprendre que les joueuses, salariées du club de Metz, conservaient leur poste et leur plein salaire durant un an en cas de grossesse. Ceci grâce à une convention collective signée en 2021 et mieux-disante que celles de la plupart des autres sports professionnels. Les trois femmes jockey présentes ont avoué qu’ elles appréhendaient même de partir en vacances, craignant d’ avoir été remplacées sur leurs chevaux à leur retour. L’ organisation des courses en France, avec plusieurs réunions chaque jour sur de multiples hippodromes, oblige à des déplacements permanents peu compatibles avec la vie de famille. Mickaëlle Michel, qui a fait plusieurs séjours professionnels au Japon,
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