PARTIE 2 | FREDDY HEAD, L ' ENTRAÎNEUR
DAVID SMAGA
Par Serge Okey
« On a vite été très copains »
Entre Freddy Head et David Smaga, c’ est une longue histoire d’ amitié qui remonte aux années 1970 et qui dépasse largement le cadre des courses. Une complicité qu’ évoque le second avec l’ humour et la décontraction qu’ on lui connaît.
GALORAMA. Avec Freddy Head, vous êtes amis depuis un demi-siècle …
David Smaga. Oui, Freddy était déjà Cravache d’ or et moi je commençais dans le métier. J’ étais l’ assistant de Maurice Ziber quand il remportait le Jockey Club 1976 avec Youth. On a vite été très copains. Tous les matins, on prenait le café ensemble. Le soir, on aimait se retrouver à dîner. On a gagné beaucoup de courses ensemble, on partait régulièrement en vacances …
G. Comment le décririez-vous en tant qu’ ami? D. S. Je l’ adore! Outre le fait d’ être doué, sa grande qualité, c’ est l’ intelligence. Et puis c’ est quelqu’ un de très travailleur. Il n’ arrivait pas en sifflotant. Il avait une vraie hygiène de vie. Cela ne l’ empêchait pas de faire quelques écarts ni d’ être drôle. Avec moi, il pouvait se lâcher( rires).
G. Sa fille Victoria laisse entendre que vous auriez sous le coude de nombreuses anecdotes …
D. S. Allez, j’ ai une histoire drôle. C’ est vieux, ça remonte à Évry: il montait un cheval pour moi avec le 19 à la corde. C’ était en fin d’ année, tout le monde venait en dehors, mais j’ ai décidé d’ une nouvelle tactique. Je lui ai dit: « Tu vas reprendre et plonger à la corde. » Ce à quoi il m’ a répondu: « T’ es un malade! » Je lui ai dit: « Si tu perds, tu diras que c’ est la faute de l’ entraîneur. » Il a pris la corde et gagné de 100 mètres en levant les bras comme s’ il venait de gagner « l’ Arc ». Dans le vestiaire, il a jeté sa selle et dit: « Encore une à montrer dans les écoles. » Ça, c’ est tout Freddy( rires).
G. Alec Head était votre parrain: reconnaissiezvous beaucoup Freddy en lui?
D. S. Déjà, physiquement, ils se ressemblaient( rires). Ils avaient tous les deux le souci du détail, le coup d’ œil, la passion de l’ élevage, des qualités qui perdurent dans la famille Head. J’ ai toujours appelé Alec Head « Monsieur », tout en le vouvoyant. Il m’ inspirait un profond respect.
G. Christiane raconte que son frère était très sportif. Vous qui avez manqué de devenir footballeur, vous faisiez beaucoup de sport ensemble?
D. S. Il avait acheté une paire de chaussures de foot au début des années 1980, mais je ne suis pas sûr qu’ il les a portées une seule fois( rires). Il skiait très bien en revanche. J’ ai une anecdote au sujet de son grand-père William. On le cherchait partout chez Freddy. À 90 ans, on l’ a retrouvé en train de jouer au tennis avec ses petits-enfants.
G. Un mot sur sa carrière? D. S. Il a prouvé qu’ il était devenu aussi bon entraîneur que jockey. Au début, ça a été un peu compliqué, mais au fur et à mesure, il est devenu l’ un des tout meilleurs entraîneurs. Je ne l’ entendais pas parler de challenges. Mais chaque fois qu’ une course se terminait, il voulait déjà gagner la suivante.
David Smaga et Freddy Head.
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