Freddy Head Recordman N°18 Mai 2026 | Page 65

PARTIE 2 | FREDDY HEAD, L ' ENTRAÎNEUR À LA UNE

DAVY BONILLA

Par Paul Casabianca

« Freddy Head a toujours été pragmatique »

Titulaire de plus de 1 000 victoires au cours de sa carrière, l’ ancien jockey Davy Bonilla, devenu entraîneur en 2024, a côtoyé Freddy Head dans les pelotons à ses débuts. Après avoir travaillé à ses côtés durant une quinzaine d’ années, celui qui a été son gendre a vécu plus de hauts que de bas, mais aussi et surtout une épopée formidable avec Marchand d’ Or, quintuple lauréat de Groupe 1.
GALORAMA. En tant que jeune jockey, vous avez eu comme adversaire un certain Freddy Head dans les pelotons...
Davy Bonilla. C’ est exact. J’ ai rencontré Freddy Head pour la première fois dans les vestiaires, en tant que jockey. Je débutais dans la profession, alors que lui était une star, un peu comme l’ était Yves Saint-Martin. Il était assez discret, dans le sens où ce n’ était pas quelqu’ un qui allait vers les jeunes. Il y avait quand même une distance entre les jeunes jockeys et les anciens. On ne se mélangeait pas à l’ époque. Il était discret, mais pas désagréable.
G. Après l’ avoir côtoyé dans les pelotons, Freddy Head deviendra votre patron quelques années plus tard. Comment était-il au quotidien?
D. B. Nous avons toujours eu de très bonnes relations. J’ ai travaillé pour lui une quinzaine d’ années, tout en étant également son gendre. Freddy était un entraîneur assez pragmatique, exigeant sur le plan professionnel, mais aussi très réaliste. J’ ai eu la chance de monter les bons chevaux de l’ écurie avec Olivier Peslier, qui était associé aux chevaux des frères Wertheimer.
Freddy Head et Davy Bonilla. © APRH
G. Parmi les bons chevaux de l’ écurie, on peut citer Marchand d’ Or, avec lequel vous avez remporté 5 Groupe 1, dont la July Cup. Est-ce le meilleur cheval de votre carrière?
D. B. Marchand d’ Or était un cheval exceptionnel, mais il était très compliqué le matin à l’ entraînement. Il était difficile à canaliser à 2 ans. Aurélien Malenfant a vraiment fait du très bon travail avec lui. Je l’ ai monté pour la première fois à 3 ans, quand il est revenu à l’ écurie après castration. Il avait évolué dans le bon sens. Je me souviens de sa première victoire à Compiègne avant de monter les échelons. Il faisait partie des meilleurs sprinteurs d’ Europe, j’ ai vraiment vécu une grande épopée, mais l’ écurie de Freddy Head tournait fort à cette époque. Tout était très bien huilé et très bien orchestré.
G. Après toutes ces années passées avec Freddy Head, avez-vous une anecdote à nous raconter?
D. B. Nous avons vécu de belles et grandes émotions ensemble. Durant la période où j’ étais son gendre, nous ne parlions pas toujours de courses, mais nous y revenions souvent. Il y a eu de belles histoires. Je me souviens, le jour de la July Cup( Gr. 1) à Newmarket, en 2008, nous n’ étions que tous les deux. Nous étions arrivés très tôt à l’ hippodrome et nous avions marché ensemble sur la piste, Freddy me rappelait sa victoire avec Anabaa dans cette même épreuve, 22 ans plus tôt. Je sentais que cela avait marqué sa carrière. On savait qu’ avec Marchand d’ Or, on avait une chance de la remporter à nouveau.
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