PARTIE 2 | FREDDY HEAD, L ' ENTRAÎNEUR
OLIVIER PESLIER
Par Emmanuel Rivron
« Un très grand respect »
Olivier Peslier et Freddy Head. © APRH
Galorama. Jockey attitré de la championne hors catégorie de ce début de XXI e siècle, comment qualifieriez-vous Goldikova?
Olivier Peslier. Goldikova est le cheval que tout propriétaire ou entraîneur rêve d’ avoir. En général, les bons éléments ont une carrière assez courte au galop, au contraire du trot. Mais les frères Wertheimer avaient décidé de la garder en compétition: ça a été vraiment top pour nous professionnels, comme pour ses nombreux supporters. C’ était vraiment la cerise sur le gâteau de pouvoir profiter pleinement de toute sa classe sur plusieurs saisons.
G. Quelle victoire de Goldikova vous a particulièrement marqué?
O. P. Sans dénigrer les 13 autres Groupe 1 qu’ elle a remportés, le Prix Jacques Le Marois 2009 reste une de ses plus belles victoires à mes yeux. C’ était à Deauville, à quelques kilomètres du haras de ses éleveurs. On courait à domicile, devant ceux qui l’ avaient élevée, nourrie. Toute l’ équipe du haras était présente: c’ était un grand moment, et elle le faisait tellement facilement. Il y avait également un énorme engouement dans les tribunes, dans une atmosphère très familiale. Ce n’ était certes pas la ferveur que j’ ai pu connaître quand j’ ai gagné l’ Arima Kinen devant 180 000 personnes au Japon, mais Goldikova avait beaucoup de fans.
G. Comment était Goldikova au quotidien? O. P. Elle avait son caractère, il faut bien le reconnaître. Elle avait d’ ailleurs mis un coup à Freddy. Au galop de chasse, elle ne payait pas de mine, mais une fois qu’ elle était partie, elle y allait. Elle était montée le matin par Thierry Blaise, ancien jockey. Freddy avait une superbe équipe. J’ ai toujours eu confiance en Freddy.
Seul et unique jockey à avoir eu la chance de monter la phénoménale Goldikova, Olivier Peslier a remporté 14 Groupe 1 sur son dos. L’ ancien premier jockey des Wertheimer & frère parle de la « reine » normande.
G. Comment définiriez-vous Freddy Head? O. P. Freddy c’ est MONSIEUR! J’ ai un très grand respect envers lui. Il était entraîneur comme il était jockey. Jamais un mot plus haut que l’ autre. J’ avais couru contre lui quand il était encore dans les pelotons et c’ était simple avec lui. Personnellement, je trouve que l’ on n’ a pas la même relation avec un entraîneur ancien jockey. La connexion se fait plus naturellement; il y a des mots que l’ on n’ a pas besoin de prononcer.
G. Même si Goldikova fut battue par Zarkava dans la Poule d’ Essai, vous avez enlevé ces prestigieuses épreuves à six reprises, pouliches et poulains confondus. Que représentent ces deux courses?
O. P. Pour les Pouliches, c’ est le Prix de Diane avant l’ heure. Personnellement, je préfère les Poules d’ Essai sur la ligne droite de Deauville. C’ est dommage de disputer les préparatoires que sont les Prix Djebel et Imprudence sur un tracé rectiligne et les Poules sur un parcours avec tournant. Ce n’ est pas du tout le même sport. Les numéros de corde jouent un rôle hyper important pour les Poules d’ Essai, ce qui donne un côté aléatoire à ces Groupe 1.
G. Comment se passe la vie d’ Olivier Peslier néo-retraité?
O. P. Ça se passe très bien. Je monte tous les mardis chez Antoine de Watrigant. Je fais une bonne matinée à chaque fois parce que j’ aime ça. Même si je ne monte pas les chevaux en course, ça fait plaisir de les voir briller en compétition après.
# 18 64