Les wind surgery, mode ou nécessité?
PÉDAGO
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« Nous essayons de trouver des marqueurs sanguins pour cette affection, mais sans succès pour l’ instant » indique Éric Richard. Les deux outils complémentaires pour poser un diagnostic d’ hémorragie sont l’ endoscopie pratiquée juste après l’ effort, en phase aiguë donc, ou le lavage broncho-alvéolaire, qui permet de détecter les saignements plus anciens et même de les dater. Tanguy Hermange détaille que certains entraîneurs font scoper leurs chevaux après un travail intense. « Cela leur donne des indications pour doser les séances et viser les engagements en course. On sait que la multiplication d’ efforts intenses et rapprochés est un facteur aggravant les hémorragies. »
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Les wind surgery, mode ou nécessité?
Outre-Manche, énormément de chevaux de course d’ obstacle subissent une wind surgery – littéralement une chirurgie du vent – destinée à leur permettre de mieux respirer. Il s’ agit d’ une cautérisation du voile du palais. Son but est de retendre ce voile afin que l’ air inspiré circule mieux vers les poumons. Pour le D r Jean-Marc Betsch les preuves scientifiques favorables à cette pratique restent faibles et le bien-être du cheval peut être questionné, surtout lorsqu’ il est asymptomatique. Lorsqu’ on consulte les performances des chevaux dans le Racing Post par exemple, la wind surgery est indiquée au même titre que la castration ou qu’ un changement de propriétaire ou d’ entraîneur, car elle fait l’ objet d’ une déclaration obligatoire. En Grande- Bretagne, cette opération est dans les mœurs, les professionnels la présentent comme une aide apportée au cheval, un plus dans la quête de performance. L’ entraîneur anglais Nicky Henderson évoquait ainsi très librement, en 2024, la wind surgery effectuée sur son crack Constitution Hill durant l’ été. Son compatriote Paul Nicholls opère systématiquement les chevaux français qu’ il achète, même s’ ils ont déjà gagné avant d’ être exportés. En France, en revanche, on hésite beaucoup à intervenir sur la gorge d’ un cheval de course, d’ autant que certains soucis de « mollesse » du voile ne sont qu’ un signe d’ immaturité et se résolvent avec le temps et l’ entraînement. De plus, des complications sont également décrites après intervention. Alors pourquoi cette différence d’ approche entre grands pays de l’ obstacle? Nous avons posé la question à la star des entraîneurs irlandais, Willie Mullins: « L’ opération est plus une routine en Angleterre qu’ en Irlande. Les Anglais entraînent généralement en montée et les pistes de nos hippodromes ne sont pas plates non plus, elles ondulent et sont très exigeantes. On a impérativement besoin de chevaux qui respirent parfaitement. » Pierre Boulard, le courtier qui déniche les cracks français de Willie Mullins, fait la même analyse: « Les pistes d’ entraînement en Grande-Bretagne sont profondes, l’ effort tire davantage sur les cordes vocales du cheval et le moindre défaut ressort. La compétition est aussi beaucoup plus exigeante, on n’ est jamais sûr qu’ un bon cheval français passe le cap. S’ il a performé à Auteuil on a davantage de garanties, sinon on peut se tromper. » Willie Mullins remarque également que les entraîneurs français utilisent l’ attache-langue dans l’ optique de favoriser le passage de l’ air: « Les entraîneurs et courtiers irlandais sont toujours surpris par cette habitude, même sur les chevaux de 3 ans. Nous avons beaucoup moins recours que vous à cet artifice. »
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