Freddy Head Recordman N°18 Mai 2026 | Page 48

PARTIE 1 | FREDDY HEAD, LE JOCKEY

FREDDY HEAD: UN JOCKEY DE LÉGENDE Par Pierre Champion

La carrière de jockey de Freddy Head, étendue sur plus de trente ans, est jalonnée des plus grands succès, en France et à l’ échelon international. Commencée au milieu des années 1960, en … Australie, et se poursuivant jusqu’ à la fin des années 1990, elle embrasse tout un pan de l’ histoire des courses et le ponctue d’ une multitude de hauts faits.
Fils et petit-fils de jockeys, devenus entraîneurs, Freddy Head était prédestiné au métier. Son maître d’ apprentissage fut son père, Alec, mais ce fut, ensuite, son grand-père, William, qui lui donna l’ opportunité de gagner ses premières grandes courses. Pendant huit mois, de la fin de l’ été 1963 au printemps 1964, Freddy Head s’ exile en Australie. Il a tout juste 16 ans, mais son père veut le sortir un peu du cocon familial, qu’ il voie autre chose. À l’ époque, de surcroît, il y avait beaucoup de bons jockeys australiens en Europe, en France en particulier. Il y avait une « école » australienne, représentée par les Glennon – le jockey du phénomène Sea Bird –, Moore et autres Sellwood. Dès lors, s’ y former ne pouvait être qu’ une bonne chose. Là-bas, Freddy Head monte des courses « éducatives », pour l’ un des grands entraîneurs du cru, Tommy Smith. Il s’ agit d’ épreuves pour jeunes chevaux et jeunes cavaliers, se disputant sur de courtes distances. La compétition est rude: les néophytes se bagarrent pour vaincre! Une fois, Freddy Head se montrera le plus fort: ce sera, en quelque sorte, officieusement, sa victoire initiale.
L’« Arc » avec Bon Mot, à 19 ans
De retour en France, Freddy Head débute en course pour de bon et ne tarde pas à signer son premier succès – le premier d’ une longue série, qui en dénombrera 2 937! –, à Fontainebleau, en selle sur Zamboanga, entraînée par son père, pour le compte de Pierre Wertheimer. Les résultats vont s’ enchaîner et, dès l’ année suivante, en 1965, il perd sa décharge d’ apprenti et intègre le peloton de tête des jockeys français, terminant à la troisième place du palmarès annuel, seulement devancé par ses idoles, Yves Saint-Martin et Jean Deforge. À 19 ans, en 1966, il réussit le coup d’ éclat de gagner le Prix de l’ Arc de Triomphe, avec Bon Mot, entraîné par son grand-père. Un souvenir qui ne l’ a évidemment pas quitté: « J’ étais sur un nuage! », confiait-il, des années plus tard, expliquant, en substance: « Bon Mot appartenait à M. Burmann, un grand propriétaire de l’ époque. C’ était un cheval assez délicat, mais doué. J’ avais été deuxième du Jockey Club avec lui. Il adorait le terrain lourd et, à cet égard, il a été servi le jour de l’ Arc. Ironie du sort, nous battions Sigebert, qui avait été mon premier partenaire dans la grande course, la saison précédente! »
Quatre « Arc », « Jockey Club » et Prix de Diane
La carrière de Freddy Head est, dès lors, lancée. En 1969, il remporte, à la fois, le Prix du Jockey Club, avec Goodly, toujours pour son grandpère – en battant d’ une courte tête Beaugency, entraîné par son père! –, et le Grand Prix de Paris, avec Chaparral. En 1971, à la faveur du succès de Daring Display dans le Prix Morny, il offre sa dernière victoire d’ importance à son grand-père, qui prend sa retraite l’ année suivante. 1971 est aussi l’ année de la remise de la première de ses 6 Cravaches d’ or, des mains de l’ acteur, passionné de courses, Jean Gabin, au cours du meeting estival de Deauville. Pendant de longues années ensuite, Freddy Head
# 18 48