Freddy Head Recordman N°18 Mai 2026 | Page 22

G. Durant votre carrière en plat, pour qui avez-vous monté et quels ont été vos plus grands succès?
J. B. La John Smith’ s Cup à York est un handicap de prestige, je l’ ai gagnée pour King Power Racing et Andrew avec Johnny Drama. Lors de ma dernière saison en plat, j’ ai remporté une Listed à Haydock pour Archie Watson avec un très bon cheval nommé Shartash, en battant Pogo, un cheval de Charlie Hills, d’ une encolure. C’ était un moment fort pour moi, surtout en tant que deuxième jockey pour Archie, derrière Hollie Doyle.
G. Pourquoi avoir quitté le plat pour l’ obstacle? J. B. Mon poids. C’ était toujours un combat, et je me détruisais probablement pour descendre à un poids compatible avec une carrière en plat. Mais à 25 ans, je ne pouvais plus continuer à faire subir ça à mon corps, surtout sans être parmi l’ élite. Il y avait des jours où je montais deux lots le matin, où je passais trois heures à transpirer dans le bain, puis encore en combinaison dans la voiture, avant de courir autour de la piste pour perdre le dernier kilo.
G. Comment vous sentiez-vous en course dans ces conditions?
J. B. L’ adrénaline à l’ entraînement me boostait un peu, puis elle reprenait le relais à cheval. Mais un jour, en juillet à Bath, il faisait 30 ° C; j’ ai cru m’ évanouir. Les pieds hors des étriers, je ne voyais plus rien. Heureusement, tout est rentré dans l’ ordre au moment du départ, mais c’ était dangereux.
G. Quel a été le déclic pour changer de discipline?
J. B. C’ est assez ironique, car je venais de signer une de mes plus grandes victoires. Mais vers octobre 2024, en passant du gazon à la piste tout temps, je n’ avais plus qu’ une ou deux montes par semaine, toutes à 33 / 1 ou plus. Mentalement, c’ était destructeur de perdre 3 kg pour finir dernier. Mon cousin, James Bowen, m’ a fait réfléchir: est-ce que je voulais encore faire ça dans cinq ans? Il a été déterminant. J’ avais tout essayé pour le poids, rien n’ était durable. Le Covid a empiré les choses avec la fermeture des saunas. J’ étais seul, alors qu’ avant on partageait ça entre jockeys. Passer à l’ obstacle a été un soulagement.
G. Où êtes-vous allé ensuite? J. B. Grâce à mon cousin Sean, premier jockey chez Olly Murphy, j’ ai obtenu un poste là-bas. J’ ai repris le travail sur les obstacles et monté aussi pour Nick Scholfield, Tom Weston et
J’ AIMERAIS SUIVRE LES TRACES DE FELIX DE GILES ET JAMES REVELEY ET RÉUSSIR
EN FRANCE.
Joshua Bryan
DJ Jeffreys. Ma première saison a été laborieuse, je n’ avais plus sauté depuis mes 12 ans. Il m’ a fallu neuf à dix mois pour retrouver le coup. Mais Olly m’ a donné des opportunités et j’ ai monté quelques gagnants, 6 au total l’ an dernier, ce qui m’ a ravi.
G. Pourquoi venir en France? J. B. Au Royaume-Uni, avec mon nombre de victoires en plat, je n’ avais plus de décharge malgré mon manque d’ expérience en obstacle. En France, je peux bénéficier d’ une décharge de 3 kg. J’ ai travaillé un mois avec Nathan Vergne l’ été dernier, où j’ ai sauté des chevaux inédits dès la première semaine, ce fut parfois mouvementé, mais très formateur! Ensuite, j’ ai passé un mois chez Guillaume Macaire et Hector de Lageneste, j’ ai adoré. Il m’ a proposé un poste et j’ ai accepté en début d’ année. Les allocations sont aussi plus intéressantes.
G. Comment se passe votre adaptation? J. B. Très bien. Je veux simplement bien gagner ma vie en faisant ce que j’ aime. En plat, redevenir un jockey de second plan ne m’ attirait pas. Ici, je trouve ma place. Avec Guillaume et Hector, c’ est super: récemment, on a travaillé la moitié de l’ effectif, terminé à 15 heures, et j’ ai sauté 10 chevaux différents dans la matinée. J’ ai aussi un bon agent, Dylan Billot, qui m’ ouvre des portes avec d’ autres entraîneurs comme Davide Satalia et Erwan Grall.
G. Que pensez-vous des hippodromes français?
J. B. Les petits hippodromes comme Loudéac ou Blain sont particuliers, plus serrés, et les installations sont différentes de ce que je connais. Mais avec les allocations et les chevaux que je monte, cela ne me dérange pas. C’ est aussi pour ça que c’ est important d’ avoir un agent comme Dylan, qui sait où aller et quels chevaux monter.
G. Que pouvons-nous vous souhaiter? J. B. J’ adore la vie ici, je n’ ai pas à me plaindre. J’ aimerais suivre les traces de Felix de Giles et James Reveley et réussir en France. Il faut juste que je progresse en français maintenant.
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