Yalla Shabab | Page 39

38 sorti de la Beit de la journée et pour les filles, il est difficile, voire impossible de sortir seules dans le village. Enfin, tout est possible, mais nous n’ osons pas. Zaid se propose de nous guider. Le village est beau la nuit, avec les cactus et les oliviers sur le bord de la route et les mosquées éclairées.
Ce matin nous pouvons rester au lit, mais bizarrement je me réveille très tôt. Nous voulons avec Louise et Hélène finir la fresque, mais faute de peinture blanche elle restera inachevée. Je me dis que cela me fera une raison de plus de revenir. Juste avant le repas, j’ apprends que je vais mener l’ activité théâtre prévue pour l’ après-midi( Ala ne peut pas venir). L’ activité se déroule vraiment bien et j’ en ressors très fier. Le calme d’ aujourd’ hui me permet de prendre du recul sur le voyage. Quand on m’ a proposé cet échange, j’ ai d’ abord hésité. Je me demandais ce que j’ allais y apporter, quel rôle j’ allais jouer. Je me disais qu’ il y avait un côté voyeur, venir visionner ce spectacle et repartir comme j’ étais venu, passer et laisser ces gens dans le même pétrin. L’ idée ne me plaisait pas trop. J’ ai quand même accepté et je suis venu, les jours sont passés et c’ est aujourd’ hui que je comprends pourquoi c’ est important de venir, voir, repartir, revenir ou pas, mais au moins pouvoir expliquer à ceux qui n’ y sont jamais allés comment c’ est vraiment dans ce pays, et surtout pouvoir raconter a ceux qui ne peuvent pas en sortir comment c’ est ailleurs.- Omar- temoignage
« Ce matin, je me réveille à coté de Saba, dans la chambre qu’ elle partage avec sa sœur. Le papierpeint, les rideaux et les couvertures sont roses avec des motifs de princesses et je suis ensevelie sous 12 000 couvertures. C’ est l’ effervescence: tout le monde se prépare pour aller à l’ école, mais Saba se sent « malade ». Ses parents l’ autorisent à rester. On se rendort puis on déjeune avec la mère de Saba et sa grande sœur comme des reines: des œufs, du fromage, du zaatar, de l’ huile d’ olive, du leban, des olives, du thé, du café.. La mère m’ explique comment elle fait. Elle fabrique elle même tout ça. On parle longtemps du travail que c’ est de s’ occuper d’ une famille. Elles me disent qu’ elles trouvent les Françaises très courageuses, moi, c’ est elles que je trouve courageuses! On sort sur la terrasse pour boire un autre café, accompagné de sucreries. Comme elle va se montrer à l’ extérieur, la mère de Saba met un voile. On discute de tout et de rien, la mère parle un peu anglais, Saba l’ aide parfois, on rigole bien. A un moment, 2 jeep de l’ armée israélienne passent très vite sur la route en bas et entrent dans le village. Les filles se lèvent à demi. Elles m’ expliquent que même si les soldats israéliens viennent pratiquement tous les jours au village, elles ont toujours un petit pic d’ angoisse quand elles les voient passer. Ensuite, Saba me propose de visiter les environs. Je pensais qu’ on allait marcher un peu dans la montagne, mais au lieu de ça, Saba s’ arrête pratiquement dans toutes les maisons dire bonjour. S’ ensuit systématiquement une invitation à prendre un café, du gâteau, des bonbons. On passe comme ça un moment chez sa première voisine, un moment chez sa voisine d’ après, un moment chez sa tante encore après. Notre « promenade » a duré 1h et demi et on a à peine marché 50 m en tout! Bilan du matin: 5 cafés, un petit-dej, 4 « goûters ». Et il est déjà l’ heure d’ aller manger à la Beit. Quand je m’ en vais avec Saba, sa mère me donne un sac de gâteaux et de chips au cas où j’ ai « un petit creux »… J’ ai passé une matinée vraiment parfaite, avec des gens que je ne remercierai jamais assez pour leur gentillesse, leur ouverture d’ esprit et leur générosité. »- Louise- temoignage
Carnet de voyage

38 sorti de la Beit de la journée et pour les filles, il est difficile, voire impossible de sortir seules dans le village. Enfin, tout est possible, mais nous n’ osons pas. Zaid se propose de nous guider. Le village est beau la nuit, avec les cactus et les oliviers sur le bord de la route et les mosquées éclairées.

Dernier dîner dans les familles Jalbounaises
Ce soir, toutes les filles sont invitées à manger dans la famille de Sireen. Petit problème ici car les filles en question ne sont pas au courant! Hani, très sollicité, à accepté l’ invitation en leur nom, mais certaines d’ entre elles ont déjà accepté d’ autres invitations entre temps. Nous finissons quand même par aller chez Sireen, où sa mère a déjà tout préparé pour notre venue. Et quelle préparation! La table à manger est couverte de plats variés et savoureux et elle a même prévu des cadeaux pour nous. Nous avons du mal a communiquer autre chose que des banalités mais tentons par tous les moyens de montrer notre reconnaissance. Après le repas, certains partent profiter d’ une dernière nuit dans les familles de Jalboun, car notre départ approche.
Le temps de l’ introspection

Ce matin nous pouvons rester au lit, mais bizarrement je me réveille très tôt. Nous voulons avec Louise et Hélène finir la fresque, mais faute de peinture blanche elle restera inachevée. Je me dis que cela me fera une raison de plus de revenir. Juste avant le repas, j’ apprends que je vais mener l’ activité théâtre prévue pour l’ après-midi( Ala ne peut pas venir). L’ activité se déroule vraiment bien et j’ en ressors très fier. Le calme d’ aujourd’ hui me permet de prendre du recul sur le voyage. Quand on m’ a proposé cet échange, j’ ai d’ abord hésité. Je me demandais ce que j’ allais y apporter, quel rôle j’ allais jouer. Je me disais qu’ il y avait un côté voyeur, venir visionner ce spectacle et repartir comme j’ étais venu, passer et laisser ces gens dans le même pétrin. L’ idée ne me plaisait pas trop. J’ ai quand même accepté et je suis venu, les jours sont passés et c’ est aujourd’ hui que je comprends pourquoi c’ est important de venir, voir, repartir, revenir ou pas, mais au moins pouvoir expliquer à ceux qui n’ y sont jamais allés comment c’ est vraiment dans ce pays, et surtout pouvoir raconter a ceux qui ne peuvent pas en sortir comment c’ est ailleurs.- Omar- temoignage

L’ hospitalité palestinienne

« Ce matin, je me réveille à coté de Saba, dans la chambre qu’ elle partage avec sa sœur. Le papierpeint, les rideaux et les couvertures sont roses avec des motifs de princesses et je suis ensevelie sous 12 000 couvertures. C’ est l’ effervescence: tout le monde se prépare pour aller à l’ école, mais Saba se sent « malade ». Ses parents l’ autorisent à rester. On se rendort puis on déjeune avec la mère de Saba et sa grande sœur comme des reines: des œufs, du fromage, du zaatar, de l’ huile d’ olive, du leban, des olives, du thé, du café.. La mère m’ explique comment elle fait. Elle fabrique elle même tout ça. On parle longtemps du travail que c’ est de s’ occuper d’ une famille. Elles me disent qu’ elles trouvent les Françaises très courageuses, moi, c’ est elles que je trouve courageuses! On sort sur la terrasse pour boire un autre café, accompagné de sucreries. Comme elle va se montrer à l’ extérieur, la mère de Saba met un voile. On discute de tout et de rien, la mère parle un peu anglais, Saba l’ aide parfois, on rigole bien. A un moment, 2 jeep de l’ armée israélienne passent très vite sur la route en bas et entrent dans le village. Les filles se lèvent à demi. Elles m’ expliquent que même si les soldats israéliens viennent pratiquement tous les jours au village, elles ont toujours un petit pic d’ angoisse quand elles les voient passer. Ensuite, Saba me propose de visiter les environs. Je pensais qu’ on allait marcher un peu dans la montagne, mais au lieu de ça, Saba s’ arrête pratiquement dans toutes les maisons dire bonjour. S’ ensuit systématiquement une invitation à prendre un café, du gâteau, des bonbons. On passe comme ça un moment chez sa première voisine, un moment chez sa voisine d’ après, un moment chez sa tante encore après. Notre « promenade » a duré 1h et demi et on a à peine marché 50 m en tout! Bilan du matin: 5 cafés, un petit-dej, 4 « goûters ». Et il est déjà l’ heure d’ aller manger à la Beit. Quand je m’ en vais avec Saba, sa mère me donne un sac de gâteaux et de chips au cas où j’ ai « un petit creux »… J’ ai passé une matinée vraiment parfaite, avec des gens que je ne remercierai jamais assez pour leur gentillesse, leur ouverture d’ esprit et leur générosité. »- Louise- temoignage