Yalla Shabab | Page 35

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Pendant le pique-nique, on est resté plusieurs heures dans le noir à ne rien faire de particulier, alors les conversations sont devenues profondes. Je m’ en souviens d’ une qui particulièrement m’ a marquée, avec un jeune Palestinien du groupe. On parlait de politique, il me disait sur un ton badin:« J’ ai rien contre Hitler, les juifs qu’ il a tués, ça fait ça de colons en moins. » J’ étais très choquée, je lui ai expliqué que pour les français, Hitler est un monstre qui a tué plein de Français: des français juifs, tziganes, homosexuels, résistants, qu’ il fallait surtout pas qu’ il dise ça devant moi. Il a avoué que c’ est la lassitude qui parlait, et puis la douleur. J’ ai eu peur en voyant à quel point les émotions brouillent la vérité. Il m’ a rassurée en me disant qu’ il ne pensait pas sérieusement ça, qu’ il ne voulait la mort de personne, que de toute façon c’ est contraire à sa religion. Et qu’ il savait suffisamment ce que c’ est que le racisme.- Louise- temoignage
Carnet de voyage

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Une action culturelle résolument écologiste
Ensuite nous nous rendons à Dar Kandeel, un genre de MJC à Tulkarem. C’ est le seul centre social et culturel de la ville et il est très actif: jardinage, art, musique, théâtre … Nous commençons par une longue présentation de l’ association puis de CEVSI, une ONG italienne qui travaille à trouver des solutions au traitement des déchets en Palestine et qui soutient les actions de Dar Kandeel. Sa représentante nous explique que de nombreuses déchetteries sont fermées par les autorités israéliennes quand elles refusent de prendre en charge les déchets des colons. C’ est un véritable problème car cela entraîne la création de décharges sauvages. Ensuite, les jeunes du centre nous proposent de réaliser différentes activités avec eux: jardinage, peinture, menuiserie. Certains se lancent spontanément dans de la musique et des jeux de société. Les filles s’ entre-offrent des bijoux réalisés avec des rondelles de bois peintes.
Un pique-nique improbable
Nous partons tard vers une aire de pique-nique pour manger. Les Palestiniens de Dar Kandeel ont prévu un repas au feu de bois. On les prend un peu pour des fous quand ils se lancent carrément dans la fabrication de frites, sauce tomate, omelettes, le tout uniquement avec les feux de camp. Les filles préparent les légumes et les garçons s’ occupent du feu. Raphaël et Louis tentent de briser cette division du travail très ordonnée en aidant les
La colère alimente le racisme

Pendant le pique-nique, on est resté plusieurs heures dans le noir à ne rien faire de particulier, alors les conversations sont devenues profondes. Je m’ en souviens d’ une qui particulièrement m’ a marquée, avec un jeune Palestinien du groupe. On parlait de politique, il me disait sur un ton badin:« J’ ai rien contre Hitler, les juifs qu’ il a tués, ça fait ça de colons en moins. » J’ étais très choquée, je lui ai expliqué que pour les français, Hitler est un monstre qui a tué plein de Français: des français juifs, tziganes, homosexuels, résistants, qu’ il fallait surtout pas qu’ il dise ça devant moi. Il a avoué que c’ est la lassitude qui parlait, et puis la douleur. J’ ai eu peur en voyant à quel point les émotions brouillent la vérité. Il m’ a rassurée en me disant qu’ il ne pensait pas sérieusement ça, qu’ il ne voulait la mort de personne, que de toute façon c’ est contraire à sa religion. Et qu’ il savait suffisamment ce que c’ est que le racisme.- Louise- temoignage

filles et nous passons un bon moment ensemble. Tout est très bon. Nous finissons la soirée autour des feux. C’ est une situation un peu improbable car personne ne semble vraiment savoir où nous sommes et jusqu’ à quand nous restons. D’ ailleurs nous avons la visite de policiers qui au final passent une bonne heure à discuter avec nous en nous souhaitant chaleureusement la bienvenue. C’ était une bonne soirée, tout à fait inattendue, qui nous a permis de discuter avec les uns et les autres. Nous rentrons dormir dans une guest house très kitch, à Naplouse, où nous finissons la soirée devant un thé, installés sur des canapés..
Adresses et liens
Fayez Taneeb: Voir Hakoritna et Popular Strugle Coordination Committee sur Internet et réseaux sociaux