Yalla Shabab | Page 27

26 questions. Jean nous dit que cela évolue au fil du temps, notamment à Jalboun où un agent d’ entretien a récemment été embauché.
Cette lumière de fin d’ après-midi était vraiment très belle ce jour-là. Lâchés dans la ville avec une heure devant nous, ce qui me frappe étrangement c’ est le calme et la sérénité de ce marché pourtant très coloré et bruyant. Il me semble qu’ ici il n’ y a pas de danger possible. Les gens que nous croisons sont bienveillants, personne ne nous demande d’ acheter quoi que ce soit, et on nous souhaite la bienvenue. J’ achète de la‘‘ maramiya’’, de la sauge, pour pouvoir faire du thé comme on en boit à Jalboun, une fois rentrée en France. On rigole avec les hommes qui tiennent la petite boutique, je crois qu’ on parle de la Tour Eiffel. Eux aussi nous assurent que nous sommes ici chez nous. On se perd un peu exprès avant l’ heure du rendez-vous, pour profiter des rues encore ensoleillées.- Hélène- temoignage
Carnet de voyage

26 questions. Jean nous dit que cela évolue au fil du temps, notamment à Jalboun où un agent d’ entretien a récemment été embauché.

« Ici, tout le monde appelle cet événement la nakba, « la catastrophe » en arabe »
L’ espace touristique de la Mairie détonne avec tout ce que nous avons pu voir en Palestine: très moderne, avec de nombreux écrans tactiles, il y a un petit parcours qui montre aux visiteurs le passé et le présent de la ville. Il a été construit grâce à des financements espagnols.
Maysoun, la responsable des relations internationales de la mairie, nous amène ensuite dans le camp de réfugiés. C’ est impressionnant. Le camp n’ est pas un camp comme on pourrait le concevoir; c’ est simplement un quartier de la ville plus dense où vivent les réfugiés, les baraquements ayant avec le temps laissés place à des maisons en dur. Une multitude de photos d’ hommes saupoudre les murs: ce sont des‘‘ martyrs’’ des Intifadas.
Nous allons dans un centre pour femmes où nous sommes reçus par une dame d’ origine algérienne qui parle français, et par un responsable du camp. Il nous parle de la condition des réfugiés, de leur histoire, de leur statut. La création de l’ État d’ Israël en 1948 a entraîné l’ exode de près de deux tiers de la population palestinienne. Ici, tout le monde appelle cet événement la
Adresses et liens
Mairie de Jénine Tél: + 970 4 250 1036 jenin @ emunipal. ps Facebook: Jenin Municipality Maysoun Dawoud: Director of Public Relations Mobile(+ 972-599-312599) maysoun24 @ yahoo. com nakba: « la catastrophe » en arabe. Ces exilés et leurs descendants sont ainsi ceux que l’ on nomme réfugiés. Une des principales revendications palestiniennes, le droit au retour sur leurs terres d’ origine, a de nombreuses fois été proclamée par l’ ONU mais c’ est toujours vue niée par l’ État israélien.
Après cette rencontre, Abou Antar nous emmène sur les hauteurs de la ville. Nous montons sur le toit de la maison du responsable du camp, qui offre une vue exceptionnelle sur toute la ville et la région alentour. On aperçoit Jalboun au loin, et le Mur qui court les collines à l’ horizon. Les paysages palestiniens sont magnifiques. Les reliefs sont doux et de couleur ocre, émaillés par le vert des oliviers. Nous partons ensuite assez rapidement pour le souk de la ville. Le groupe s’ y
éparpille. Quelques mégaphones crient en arabe dans les rues, ce qui permet aux marchands de ne pas briser leurs voix, mais le souk est globalement très calme, bienveillant avec nous. Le soir se penche et donne à la ville une très belle lumière.
Un dîner chez le mufti
Nous rentrons à Jalboun où nous faisons une petite réunion francopalestienne. Chacun exprime ses ressentis sur l’ échange. La nuit est tombée. Les cimes des deux minarets de Jalboun flottent en vert au dessus des lumières pâles du village. Nous partons pour la maison du cheikh Mohammad qui nous a invités à dîner chez lui. C’ est le mufti de Jénine, un homme important. Il a pour mission de répondre à toutes les questions concernant l’ islam que peuvent se poser les musulmans. Il est plusieurs fois appelé pendant le repas pour consultation. C’ est un métier à plein temps. Après le dîner, il propose à ceux qui le souhaitent de rester dormir chez lui. Raphaël, Omar et Jérémie le font, et les autres rentrent alors dormir à la Beit.
Le souk de Jénine

Cette lumière de fin d’ après-midi était vraiment très belle ce jour-là. Lâchés dans la ville avec une heure devant nous, ce qui me frappe étrangement c’ est le calme et la sérénité de ce marché pourtant très coloré et bruyant. Il me semble qu’ ici il n’ y a pas de danger possible. Les gens que nous croisons sont bienveillants, personne ne nous demande d’ acheter quoi que ce soit, et on nous souhaite la bienvenue. J’ achète de la‘‘ maramiya’’, de la sauge, pour pouvoir faire du thé comme on en boit à Jalboun, une fois rentrée en France. On rigole avec les hommes qui tiennent la petite boutique, je crois qu’ on parle de la Tour Eiffel. Eux aussi nous assurent que nous sommes ici chez nous. On se perd un peu exprès avant l’ heure du rendez-vous, pour profiter des rues encore ensoleillées.- Hélène- temoignage