Yalla Shabab | Page 17

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Au centre du village, pas très loin de la mosquée, des tables et des chaises de jardin débordent généreusement sur la rue depuis une grande pièce aux allures de garage réhabilité. Le propriétaire du lieu, que tout le village surnomme Elia, prépare du café( à la cardamone bien sûr), qu’ il amène aux clients dans des gobelets en carton avant de s’ attabler avec eux. Les discussions passionnées de quelques habitués rivalisent avec les cris et éclats de rire des joueurs de tarnib. Ce jeu de cartes, proche de la belote, nous a été appris par des villageois, et ce fut une expérience forte de transcender la barrière de la langue à travers l’ amusement. Nos visites au café ont toujours été très bien accueillies, et j’ ai beaucoup aimé cet endroit où le temps semble s’ arrêter.- Louis- temoignage
Carnet de voyage

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Au check point de Qalendiya tel que nous nous sentons déjà chez nous, alors même que nous sommes encore sur le parking du checkpoint. Nous montons dans les mini-bus et partons en direction de Jalboun. La traversée de la Cisjordanie se fait au son de la musique d’ Abu Antar, qui est le conducteur du bus. Les paysages sont magnifiques: reliefs de terre ocre et de pierres blanches, avec une végétation rare de petits buissons et d’ oliviers. La première partie du trajet se fait en zone C, sous contrôle israélien. Les colonies y sont nombreuses. Toits rouges et fils barbelés, il est facile de les reconnaître. Elles sont presque toujours sur le sommet des collines, comme pour crier plus fort aux Palestiniens leur présence. Nous arrivons à Jalboun vers 14h30. Abu Antar klaxonne pour nous annoncer et une foule de jeunes Jalbounais nous accueillent à la Maison pour Tous, que l’ on appelle ici « Beit el-jamiah ». différents entre nos deux cultures. Louis tente par exemple de serrer la main d’ une Jalbounaise qui, par pur réflexe, recule alors précipitamment. Les filles et les garçons forment donc rapidement deux groupes bien séparés pour faire connaissance.
Nous passons à table un peu assommés par la fatigue et la nouveauté. Ghadeer et Sabreen, les accompagnatrices du côté palestinien, ont préparé un assortiment de plats typiques dont le makloubé, un excellent plat de fête à base de riz, de légumes, de poulet et d’ épices. C’ est l’ occasion de discuter plus amplement avec les Jalbounais, dans une langue artisanale mêlant français, arabe et anglais. Après le repas, nous avons l’ occasion de découvrir pour la première fois le fameux café palestinien: épais et noir, parfumé à la cardamone, il est un peu plus agressif que celui servi en France. Nous nous réunissons ensuite tous en cercle dans la cour supérieure de la Beit et jouons ensemble à quelques jeux de groupe animés par
Au café d’ Élia

Au centre du village, pas très loin de la mosquée, des tables et des chaises de jardin débordent généreusement sur la rue depuis une grande pièce aux allures de garage réhabilité. Le propriétaire du lieu, que tout le village surnomme Elia, prépare du café( à la cardamone bien sûr), qu’ il amène aux clients dans des gobelets en carton avant de s’ attabler avec eux. Les discussions passionnées de quelques habitués rivalisent avec les cris et éclats de rire des joueurs de tarnib. Ce jeu de cartes, proche de la belote, nous a été appris par des villageois, et ce fut une expérience forte de transcender la barrière de la langue à travers l’ amusement. Nos visites au café ont toujours été très bien accueillies, et j’ ai beaucoup aimé cet endroit où le temps semble s’ arrêter.- Louis- temoignage

L’ émotion de la première rencontre
Le moment est venu de rencontrer le groupe des jeunes et des accompagnateurs jalbounais. Ce premier contact est un peu difficile car les traditions et les codes de conduite, surtout concernant les relations entre filles et garçons, sont très