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Jean nous avait avertis que nous pourrions être retenus à la douane, mais qui aurait cru que nous passerions plus de 4h30 dans cet aéroport! Au début, l’ énergie battait à son plein, l’ adrénaline montait. Cette tension excitait notre humour et nous poussait, intérieurement, à ridiculiser ces douaniers pour retrouver un certain calme. Nous avons chanté, avons tenté de garder une indépendance de mouvement. Au fil des heures, la fatigue a gagné du terrain et la frustration se faisait sentir. Ce qui m’ a marqué, c’ est qu’ après des heures sans voir nos amis, je les ai aperçus souriants de l’ autre coté de la douane, nous faisant des signes. 10 mètres nous séparaient et pourtant nous avions l’ interdiction de les traverser. 10 mètres pour la liberté.- Mériam- temoignage
Carnet de voyage
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Au bout de quatre longues heures, le verdict tombe: les « arabes » ne posent pas de problèmes. Mais Sylvain oui. Ayant passé plusieurs années au Liban, un pays encore théoriquement en guerre avec Israël, il apparaît comme suspect aux yeux des douaniers. Ces derniers iront jusqu’ à prétendre qu’ ils ont établi des liens entre lui et des membres proches du Hezbollah et du Hamas! Après plus d’ une heure d’ attente supplémentaire, ils lui rendent finalement tous ses papiers et le laissent entrer en Israël. Il est 4h30 du matin.
« En Europe, ils sont pour les Palestiniens, ils n’ aiment pas Israël »
C’ est beau Jérusalem la nuit!
Entre temps, les membres du groupe se retrouvent avec joie de l’ autre côté des portiques de sécurité. Inquiets pour Sylvain, nous
A quelques mètres près
Jean nous avait avertis que nous pourrions être retenus à la douane, mais qui aurait cru que nous passerions plus de 4h30 dans cet aéroport! Au début, l’ énergie battait à son plein, l’ adrénaline montait. Cette tension excitait notre humour et nous poussait, intérieurement, à ridiculiser ces douaniers pour retrouver un certain calme. Nous avons chanté, avons tenté de garder une indépendance de mouvement. Au fil des heures, la fatigue a gagné du terrain et la frustration se faisait sentir. Ce qui m’ a marqué, c’ est qu’ après des heures sans voir nos amis, je les ai aperçus souriants de l’ autre coté de la douane, nous faisant des signes. 10 mètres nous séparaient et pourtant nous avions l’ interdiction de les traverser. 10 mètres pour la liberté.- Mériam- temoignage
prenons néanmoins la route de Jérusalem sans lui pour ne pas retarder encore plus notre chauffeur de bus. L’ arrivée à la Maison d’ Abraham, lieu d’ hébergement dans lequel nous dormons pour la nuit, est inoubliable. Situé au sommet d’ une colline de Jérusalem-Est, le lieu offre une vue imprenable sur la Vieille ville et sur l’ Esplanade des mosquées, dont les lumières transpercent alors la nuit. La couleur orangée du ciel, les cris de coqs et l’ odeur cendrée du vent nous crient que nous sommes enfin en Palestine. La Maison d’ Abraham, tenue par le Secours catholique, est une immense et vielle bâtisse de pierre entourée d’ un beau jardin. Son entrée, une verrière de fer bleu au carrelage fleuri, annonce la chaleur du lieu. Électrifiée, la moitié du groupe est incapable d’ aller se coucher. C’ est l’ heure du Fajr, l’ appel à la prière de l’ aube. Le chant du muezzin part du cœur de Jérusalem, résonne dans les collines de la ville et ricoche avec les autres voix qui décollent aux alentours. C’ est magnifique. Le repos
attendra.