Série des livres numériques de l’UVA Livre #3: Un siècle d’histoire de l’UGAB (Livre 1) | Page 142

La disparition progressive des camps de réfugiés et l’action de l’Union

Pour de nombreux réfugiés arméniens, la Grèce ne constitua qu’un lieu de passage en direction notamment de la France ou de l’Amérique du sud. On sait que des pays comme le Brésil et l’Argentine étaient favorables à l’installation d’Arméniens sur leurs territoires, le gouvernement brésilien ayant même fait une déclaration publique

invitant les réfugiés arméniens à venir s’établir au Brésil. Il faut du reste noté que le mouvement migratoire vers ce pays commença depuis la région de Smyrne, en 1922, avant même l’incendie de la ville18. D’autres Arméniens quittèrent la Grèce pour la Syrie et le Liban, où ils avaient des parents et où les conditions de vie des réfugiés étaient relativement meilleures. Archag Alboyadjian souligne qu’il y avait journellement une dizaine de départs de réfugiés arméniens vers la Syrie et le Liban19.

Mais le flux des Arméniens de Grèce vers les pays d’Amérique du sud ne s’intensifia qu’en 1929, lorsque les autorités grecques décidèrent de démolir progressivement les camps de réfugiés établis sur leur territoire. Car cette mesure affectait surtout la masse des réfugiés arméniens, pour la plupart encore dépourvus de la nationalité grecque, ce qui rendait leur situation dans ce pays pour le moins précaire. Durant ces années, le conseil central de l’Union reçut plusieurs requêtes des réfugiés arméniens de Grèce, sollicitant l’aide de l’Organisation pour qu’ils puissent se rendre en Amérique du sud20. La stratégie de l’Union consistait toutefois à éviter une trop grande dispersion des réfugiés arméniens à travers le monde — ce qui explique que ces demandes soient restées sans réponse — et à encourager d’autres alternatives pour les réfugiés de Grèce : leur transfert vers l’Arménie soviétique ou leur établissement dans des quartiers en dur, sur le sol grec. ...

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La Grèce : terre d’accueil pour des dizaines de milliers Arméniens

Vue d’un camp de réfugiés arménien à Athènes, au début des années 1930 (coll. Archives Bibl. Nubar/Paris).