Revue Six Étoiles Revue Six Étoiles automne 2017 | Página 20

CULTURE
LILLIAN MICHIKO BLAKEY
Lillian Michiko Blakey est sansei, ce qui signifie qu’ elle est une Canadienne de la troisième génération. Elle est née pendant la guerre sur une ferme de betteraves sucrières en Alberta. Par le biais de ses peintures et de ses créations de médias mixtes, elle explore son expérience personnelle en tant que Canadienne d’ origine japonaise ainsi que l’ expérience de ses parents. La guerre a servi de toile de fond parsemée de difficultés pour Lillian et sa famille; et son parcours a été brutal alors qu’ elle avait de la difficulté à accepter son identité japonaise.
Dans son tableau évocateur, On Being Michiko, elle peint une version d’ elle-même, soit une jeune femme asiatique jetant un coup d’ œil de derrière un éventail décoré de l’ image de Marilyn Monroe. L’ image se veut un appel( à la société? À elle-même?) pour avoir le droit d’ être une femme asiatique et Michiko( son nom japonais) sans que l’ on s’ attende à ce qu’ elle réponde à un standard impossible.
« J’ ai grandi en rejetant mes racines culturelles, ma langue maternelle et mes compatriotes », explique-t-elle. « Ce n’ est que récemment que j’ ai essayé de réconcilier mon dilemme en représentant l’ histoire de ma famille dans mes œuvres d’ art. Je le dois à mes parents et à mes grands-parents qui ont terriblement souffert pour avoir voulu une vie meilleure au Canada. »
On retrouve les œuvres de Lillian au Nikkei National Museum ainsi que dans d’ autres collections publiques et privées. Elle est également une ancienne présidente de la Ontario Society of Artists.
SOMEWHERE IN BETWEEN PAR MIYA TURNBULL
18 revue six étoiles
BEING MICHIKO PAR LILLIAN BLAKEY
YVONNE WAKABAYASHI
Basée sur la côte ouest, Yvonne Wakabayashi utilise les techniques traditionnelles japonaises de shibori, une façon d’ enrouler et de teindre la soie permettant de créer des textures et des motifs très élaborés dans le tissu. Ce chinage par teinture donne des formes sculpturales délicates et naturelles. Par leur nature conceptuelle, ses œuvres sont aussi directement reliées à son identité canadienne d’ origine japonaise et aux expériences de ses parents avec l’ internement.
« En faisant partie d’ une merveilleuse communauté liée au textile, je me sens bien incluse, mais je préfère qu’ on se souvienne de moi comme d’ une enseignante », expliquet-elle. « Mon énergie et ma passion ont toujours été pour l’ éducation. Pour moi, faire de l’ art a simplement été le résultat d’ essayer d’ être cela. »
La soie qu’ elle utilise pour certaines de ses œuvres provient d’ une usine à soie familiale de la préfecture de Gunma, au Japon. Ses œuvres évoquent des créatures sous-marines délicates qui « impriment leur mémoire sur le matériel tandis que la surface du tissu se souvient de la teinture; [ de cette façon ] j’ enregistre les valeurs et l’ image que j’ ai de moi-même et qui m’ ont été attribuées. »