plus de 74 ans qui sont touchées [5,6]. Actuellement
le dépistage n’est pas recommandé systématiquement,
ni un traitement qui serait fondé seulement sur des
anomalies biologiques modérées, Néanmoins il faut
conserver un seuil de suspicion clinique bas (c’est-à-
dire évoquer une dysthyroïdie au moindre doute).
Cependant, la rareté des urgences thyroïdiennes, en
plus de leurs expressions cliniques polymorphes et
aspécifiques, retardent très souvent le diagnostic, et
ce retard même constitue la principale cause de la
mortalité élevé de cette urgence [7].
Le principe de la prise en charge doit être
fondé sur la rapidité d’évoquer le diagnostique d’une
dysthyroïdie, juste après avoir éliminer les diagnostics
différentiels selon la clinique (ceux de la fièvre, de
l’insuffisance cardiaque, des troubles de la conscience,
etc.) ; une fois le diagnostic est évoqué il faut rechercher
le facteur déclenchant et le traiter éventuellement
(sepsis, infarctus, trauma, prise médicamenteuse,
etc.) ; Instaurer le traitement médical en urgence
et surveiller son efficacité, qui se fait sur la réponse
générale à la thérapeutique et non sur un dosage
hormonal thyroïdien, car il met plusieurs semaines
pour se réguler.
2. Hypothyroïdie :
L’éventail des signes de l’hypothyroïdie est
vaste, mais même si chaqun de ces signes cliniques
(Tableau 1) pris isolément est peu spécifique,
l’association d’un certain nombre d’entre eux doit faire
penser au diagnostic avant que le tableau ne devienne
évident.
L’expression évidente est celle d’un patient de
plus de 70 ans, pâle, un peu ralenti, hypoacousique,
anémié, aux téguments infiltrés (œdèmes), ayant
la voix rauque. À ce stade, certains événements
intercurrents peuvent précipiter le patient dans un
coma myxœdémateux, qui constitue stade ultime de
l’hypothyroïdie.
Les examens complémentaires (Tableau2)
ont pour but de faire le diagnostic positif (dosage
hormonal), étiologique (dosage des anticorps anti-
TPO, échographie thyroïdienne), et de gravité (ECG,
Radiographie du thorax, Échographie cardiaque,
gazométrie, bilan infectieux...). À noter que le diagnostic
étiologique ne doit en aucun cas retarder le traitement.
Tableau 1 : signes cliniques de dysthyroïdie
Il s’appuie sur deux volets : les mesures symptomatiques
et le traitement spécifique :
• Pour les mesures symptomatique on a : Le
réchauffement progressif, la voie veineuse périphérique,
la restriction hydrique au sérum physiologique, un
support ventilatoire pour compenser l’hypoxie et la
désaturation, la mise à jeun (risque d’iléus, de fausses
routes) ;
• Puis le traitement spécifique, qui est un traitement
substitutif, il est basé sur la L-thyroxine (T4).
• Bien que la T3 soit l’hormone active, son utilisation
n’est pas recommandée.
Il ne faut jamais oublier de rechercher les facteurs qui
ont pu déclencher la dysthyroïdie.
Malgré un traitement bien conduit, la mortalité du
coma myxœdémateux reste élevée. Elle est corrélée à
la gravité du tableau initial mais aussi à l’âge et au
terrain cardiovasculaire.
3. Hyperthyroïdie :
Le tableau classique est facilement identifié
mais les signes clinique sont moins connus, ou non
spécifique. Cela ne doit pas faire méconnaître le
diagnostic. Ces signes sont regroupés dans le Tableau
1.
La crise ou orage thyrotoxique se manifeste
par une fièvre et/ou une tachycardie (plus de 100/
min) et/ou une fibrillation auriculaire rapide et/ou
une insuffisance cardiaque et/ou des troubles de la
conscience (anxiété, agitation délirante ou coma) et/ou
des troubles digestifs (douleur abdominale, diarrhée,
nausées).
ReMed Magazine - Numéro 7/8
15