ReMed 2019 Urgences ReMed Magazine Numéro 7-8 (6) | Page 15

plus de 74 ans qui sont touchées [5,6]. Actuellement le dépistage n’est pas recommandé systématiquement, ni un traitement qui serait fondé seulement sur des anomalies biologiques modérées, Néanmoins il faut conserver un seuil de suspicion clinique bas (c’est-à- dire évoquer une dysthyroïdie au moindre doute). Cependant, la rareté des urgences thyroïdiennes, en plus de leurs expressions cliniques polymorphes et aspécifiques, retardent très souvent le diagnostic, et ce retard même constitue la principale cause de la mortalité élevé de cette urgence [7]. Le principe de la prise en charge doit être fondé sur la rapidité d’évoquer le diagnostique d’une dysthyroïdie, juste après avoir éliminer les diagnostics différentiels selon la clinique (ceux de la fièvre, de l’insuffisance cardiaque, des troubles de la conscience, etc.) ; une fois le diagnostic est évoqué il faut rechercher le facteur déclenchant et le traiter éventuellement (sepsis, infarctus, trauma, prise médicamenteuse, etc.) ; Instaurer le traitement médical en urgence et surveiller son efficacité, qui se fait sur la réponse générale à la thérapeutique et non sur un dosage hormonal thyroïdien, car il met plusieurs semaines pour se réguler. 2. Hypothyroïdie : L’éventail des signes de l’hypothyroïdie est vaste, mais même si chaqun de ces signes cliniques (Tableau 1) pris isolément est peu spécifique, l’association d’un certain nombre d’entre eux doit faire penser au diagnostic avant que le tableau ne devienne évident. L’expression évidente est celle d’un patient de plus de 70 ans, pâle, un peu ralenti, hypoacousique, anémié, aux téguments infiltrés (œdèmes), ayant la voix rauque. À ce stade, certains événements intercurrents peuvent précipiter le patient dans un coma myxœdémateux, qui constitue stade ultime de l’hypothyroïdie. Les examens complémentaires (Tableau2) ont pour but de faire le diagnostic positif (dosage hormonal), étiologique (dosage des anticorps anti- TPO, échographie thyroïdienne), et de gravité (ECG, Radiographie du thorax, Échographie cardiaque, gazométrie, bilan infectieux...). À noter que le diagnostic étiologique ne doit en aucun cas retarder le traitement. Tableau 1 : signes cliniques de dysthyroïdie Il s’appuie sur deux volets : les mesures symptomatiques et le traitement spécifique : • Pour les mesures symptomatique on a : Le réchauffement progressif, la voie veineuse périphérique, la restriction hydrique au sérum physiologique, un support ventilatoire pour compenser l’hypoxie et la désaturation, la mise à jeun (risque d’iléus, de fausses routes) ; • Puis le traitement spécifique, qui est un traitement substitutif, il est basé sur la L-thyroxine (T4). • Bien que la T3 soit l’hormone active, son utilisation n’est pas recommandée. Il ne faut jamais oublier de rechercher les facteurs qui ont pu déclencher la dysthyroïdie. Malgré un traitement bien conduit, la mortalité du coma myxœdémateux reste élevée. Elle est corrélée à la gravité du tableau initial mais aussi à l’âge et au terrain cardiovasculaire. 3. Hyperthyroïdie : Le tableau classique est facilement identifié mais les signes clinique sont moins connus, ou non spécifique. Cela ne doit pas faire méconnaître le diagnostic. Ces signes sont regroupés dans le Tableau 1. La crise ou orage thyrotoxique se manifeste par une fièvre et/ou une tachycardie (plus de 100/ min) et/ou une fibrillation auriculaire rapide et/ou une insuffisance cardiaque et/ou des troubles de la conscience (anxiété, agitation délirante ou coma) et/ou des troubles digestifs (douleur abdominale, diarrhée, nausées). ReMed Magazine - Numéro 7/8 15