Sciences de la Santé
anaphylactique en quatre grades de sévérité. Elle
devrait être utilisée dans les services d’urgence, parce
qu’elle permet également de guider le traitement. [3]
Grades de sévérité clinique des réactions
d’hypersensibilité immédiate selon Ring & Messmer
La réaction anaphylactique nécessite une prise
en charge urgente à fin d’éviter l’évolution vers l’arrêt
circulatoire et l’installation de séquelles organiques
anoxiques irréversibles. Elle consiste à rétablir
rapidement les fonctions vitales perturbées (tel que
la pression de perfusion cérébrale et coronaire, et la
volémie)
Avant de commencer le traitement, il faut
impérativement rompre le contact entre l’allergène,
maintenir le patient en position allongé, instaurer une
oxygénothérapie.
Le traitement dépend du grade de sévérité, le
médecin prescrira pour un grade I : des antagonistes des
récepteurs H1, et une corticothérapie, une intubation
orotrachéale peut être nécessaire ; Pour un grade II :
une association de β2-mimétiques et de corticoïdes ;
Pour un grade III/IV : injection d’adrénaline en urgence,
remplissage vasculaire rapide, glucocorticothérapie,
nébulisation de salbutamol.
En cas d’arrêt cardiaque :
•
•
•
•
massage cardiaque externe
ventilation au masque et intubation orotrachéale
injection de l’adrénaline en IV
remplissage vasculaire rapide
Le pronostic vital dépend de la rapidité
de la prise en charge, en particulier la précocité
de l’administration de l’adrénaline. Tout retard
thérapeutique est un facteur de risque de mauvais
pronostic comme l’a démontré déjà plusieurs études
auparavant.
Enfin, il faut souligner l’impérieuse nécessité
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AUTOMNE 2018 /HIVER 2019
de la consultation d’allergologie afin de : confirmer le
mécanisme immunologique de la réaction, détecter
l’allergène responsable, et proposer au patient les
mesures d’éducation et d’éviction qui s’imposent.
On en conclut que le traitement du choc anaphylactique
est fondé sur l’administration d’adrénaline associée à
une expansion volémique, Mais l’adrénaline n’est pas
toujours efficace. Certains cas cliniques réfractaires à
l’adrénaline et/ou à la noradrénaline ont été traités avec
succès par des α-agonistes comme la méthoxamine ou
l’aramine [4]. Trois publications récentes rapportent
le succès thérapeutique de 4 cas d’anaphylaxie par
injection IV d’arginine vasopressine là où l’Adrénaline
a échoué dans la correction de l’hypotension artérielle
ou du collapsus cardiovasculaire.
Ainsi les perspectives d’avenir dans le
traitement des réactions anaphylactiques sont
centrées sur l’aramine ou l’arginine vasopressine.
Néanmoins, une étude clinique multicentrique devra
en préciser au préalable ses conditions d’utilisation.
Les urgences thyroïdiennes
Bien qu’elles restent rares, toutes les
urgences thyroïdiennes mettent en jeu le pronostic
vital. On distingue trois grandes classes d’urgences
thyroïdiennes : 1. Les urgences endocriniennes
(principalement : le coma myxœdémateux, la
crise thyrotoxique) ; 2.Les urgences mécaniques
compressives ; 3. Les complications graves des
traitements thyroïdiens requérant une intervention
urgente.
Cet article entreprendra les deux aspects
les plus fréquents du premier chapitre, les urgences
thyroïdiennes endocriniennes : l’hypothyroïdie
(Myxœdème) qui touche 0,3 à 13,7 % de la population,
et l’hyperthyroïdie (la crise thyrotoxique) qui touchent
jusqu’à 3 % de la population. [6]
Généralement, elles résultent d’une errance
diagnostique prolongée, ou d’une brusque aggravation
provoquée par un facteur déclenchant chez un patient
dysthyroïdique connu [7]. Pour cela le clinicien doit
avoir un seuil de suspicion diagnostique assez bas, et
particulièrement si le patient est dans une situation à
risque de dysthyroïdie. Donc le diagnostic positif reste
simple dès lors que l’on pense à l’origine thyroïdienne
des symptômes.
Les dysthyroïdies touchent davantage la
femme que l’homme et leur fréquence augmente
avec l’âge. Elle touche jusqu’à 21 % des femmes de