Urgences à ne pas méconnaitre en médecine
Mohamed Hassane BOUALI
Introduction
L’urgence est définie comme une situation pathologique d’évolution aigue qui nécessite une
prise en charge immédiate ou rapide sans laquelle le pronostic vital ou fonctionnel pourrait
être engagé. Les urgences en médecine regroupent deux côtés médical et chirurgical, certains
préfèrent les classer en 5 groupes : médical, chirurgical, obstétrique, pédiatrique, psychiatrique.
Dans cet article, on exposera 5 urgences médicales. Certes ce ne sont pas les urgences les plus
fréquentes en médecine, mais c’est justement ici que réside tout l’intérêt de les avoir choisies :
la méconnaissance de ces urgences par l’ensemble du personnel médical cause un retard diag-
nostic et thérapeutique, et devant leur évolution fatale le pronostic vital est souvent engagé.
Donc la rareté de ces urgences ne diminue pas de l’intérêt de les connaître parfaitement,
au contraire il faut être au courant de leur évolution à court terme, et leur prise en charge,
car elles n’en valent pas moins que les autres urgences fréquemment rencontrées aux PU.
1. La réaction anaphylactique :
L
a réaction anaphylactique est une urgence médi-
cale qui a une expression sémiologique très
variable, elle est sévère pouvant évoluer vers un
choc anaphylactique et engager le pronostic vital du
patient. Le choc anaphylactique est un syndrome car-
actérisé par l’incapacité du système cardiovasculaire
à assurer un débit sanguin et un transport d’oxygène
adaptés, conduisant ainsi a une hypoperfusion tissu-
laire et un dysfonctionnement d’organe, d’où l’intérêt
de l’institution de traitement en urgence.
Ce sont essentiellement les réactions
d’hypersensibilité immédiate qui font l’objet d’une prise
en charge dans les services d’urgence, d’où la nécessité
d’être parfaitement connu par le personnel médical
des urgences.
Devant tout patient présentant une réaction
d’hypersensibilité immédiate, un bilan allergologique
doit être prescrit (à fin de confirmer l’origine
immunologique), il faut aussi identifier l’allergène
responsable, et ne pas oublier de déclarer la réaction
au centre régional de pharmacovigilance lorsqu’un
médicament est impliqué.
L’incidence
globale
des
réactions
anaphylactiques sévères est estimée de 10 à 20
réactions par an pour 100 000 habitants. Ces résultats
restent approximatifs à cause de l’absence de
déclaration des réactions anaphylactiques.
Les étiologies les plus fréquentes sont
imputables aux aliments, aux venins d’hyménoptères
et aux médicaments [2].
L’apparition brutale de signes cliniques
(agitation, confusion, vertige...) aussitôt après le
contact avec un agent déclenchant (l’allergène) doit
faire suspecter une réaction anaphylactique.
le patient va reporter des notions telles que : le
prurit, un goût métallique, sensation de chaleur
diffuse intense... l’examen clinique du médecin
objectivera ensuite des signes cutanéo-muqueux
(Érythème, urticaire, œdème localisé ou généralisé),
Respiratoire (toux sèche, bronchospasme...), Digestifs
(vomissements, et douleurs abdominales...), et
Cardiovasculaire (une Hypotension artérielle, et
une tachycardie; en l’absence de traitement ces
signes cardiovasculaires peuvent s’aggraver, on
aura un collapsus cardiovasculaire, des troubles de
l’excitabilité cardiaque, puis un Arrêt cardiaque)
Le diagnostic d’une réaction anaphylactique est
fondé sur une triade : les signes cliniques décrits par
le médecin, les résultats du bilan biologique et la
positivité des tests cutanés avec l’allergène suspecté
qui a un double intérêt de confirmer le mécanisme
immunologique, et d’identifier l’allergène impliqué [1].
La classification clinique de Ring et
Messmer (Tableau) permet de stratifier la réaction
ReMed Magazine - Numéro 7/8
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