ReMed 2019 Urgences ReMed Magazine Numéro 7-8 (6) | Page 11

dernière, ayant une grande affinité pour la fibrine, est incorporée avec la fibrine lors de la formation du caillot sanguin. L’activation de la plasminogène se fait grâce à l’urokinase et le tPA (tissu plasminogen activator). de l’rt-PA par le FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) et l’EMEA (agence européenne des médicaments). C’est un essai randomisé contre placebo, avec les conditions de 0.9mg/kg de rt-PA par voie IV injecté moins de trois heures après le début des symptômes de l’infarctus cérébral. L’essai a été fait en deux parties : La première partie (avec 291 patients) destinée à évaluer l’activité du rt- PA dans les 24 heures. La deuxième partie (avec 333 patients) destinée à évaluer le résultat clinique après 90jours (3mois). Cette forme active va ensuite agir directement à la dégradation de la fibrine et du caillot. Plusieurs protéines entrent également dans l’inhibition de ce processus, telle : l’Alpha 2-antiplasmine, et l’inhibiteur de l’activateur du plasminogène le PAI-1 et le PAI-2. LA FIBRINOLYSE : La fibrinolyse a une importance capitale dans la protection de l’organisme contre les risques de thromboses, et on trouve plusieurs thrombotiques synthétiques utilisés dans les cas de syndrome coronarien aigu, l’accident vasculaire cérébral ischémique, l’embolie pulmonaire... On peut citer la streptokinase, l’urokinase et le rt-PA (l’alteplase) qui est le plus utilisé dans le domaine médical à cause de son rapport bénéfices/risques élevé. L’alteplase est le thrombolytique utilisé dans la thrombolyse cérébrale. Il est obtenu par recombinaison génétique à partir du gène «PLAT» situé dans chromosome 8 codant le t-PA. Une fois dans la circulation sanguine, il traverse la barrière hémato-encéphalique et atteint le parenchyme. Il fait son action fibrinolytique comme expliqué ci-dessus. Plusieurs études et essaies cliniques sont arrivés à prouver l’efficacité de l’alteplase sur la prise en charge de l’infarctus cérébral aigu, et desquelles on a pu déterminer la posologie du médicament, les doses adéquates et surtout le délai d’administration. Parmi ces essaies on cite : • L’essai NINDS (National Institute of Neurogical Disorders and Stroke): C’est l’étude qui a permis l’approbation de l’utilisation Les résultats étaient les suivants : Pour la première partie l’essai ne nous montre pas de différence significative dans la proportion des malades dont l’état neurologique s’est amélioré au cours des 24 heures entre les deux groupes (placebo vs rt-PA). Pour la seconde partie on a remarqué chez les malades du groupe de rt-PA par rapport au groupe du placebo une augmentation absolue de 11- 13% des critères de l’évaluation fixée qui sont : l’échelle de Rankin pour évaluer le déficit moteur, l’échelle de Glasgow pour l’état de conscience, l’index de Barthel pour la performance dans la vie quotidienne et enfin l’échelle NIHSS. L’hémorragie cérébrale au cours des 36h était de 6,4% chez les malades traités par le rt-PA contre 0,6 % chez les malades du groupe placebo. Mais en dépit de la gravité de l’hémorragie sous le rt-PA, la mortalité des malades traités après trois mois était de 17% contre 21% chez le groupe du placebo. • ECASS III : Il a été réalisé sur 821 personnes, et il a gardé les mêmes conditions que NINDS, en prolongeant le temps entre 3h et 4h30. Les résultats ont approuvé l’hypothèse, et désormais la thrombolyse se fait jusqu’à 4h30. • IST-3 : Cet essai fournit des évidences que la thrombolyse par perfusion intraveineuse d’alteplase pour le traitement des AVC ischémiques aigus n’a pas d’effet sur la survie ; mais conduit à des améliorations fonctionnelles et une qualité de vie significativement plus élevées chez les survivants, se maintenant sur une période d’au moins 18 mois. Et a même prouvé que la thrombolyse IV pourrait être étendue jusqu’à 6h post-AVC dans certains cas. Malgré l’efficacité qu’a prouvée ce traitement, ses risques restent toujours nombreux, graves et difficiles ReMed Magazine - Numéro 7/8 11