Rapport sur les mesures prises par la Confédération pour lutter contr | Page 3

Des représentations antisémites et hostiles aux juifs, que l’on pensait définitivement disparues, peuvent rapidement refaire surface dans des lettres ou courriers électroniques haineux et des commentaires sur les réseaux sociaux, y compris pour justifier des agressions physiques. Durant l’été 2014, la communauté juive, suite à l’explosion des violences au ProcheOrient, a ainsi été victime d’une recrudescence d’attaques antisémites, notamment sur les réseaux sociaux. L’enquête du SLR a également montré que les opinions antisémites d’une part et les opinions xénophobes et racistes d’autre part se recoupent rarement en Suisse. En d’autres termes, les personnes ayant des opinions antisémites ne sont généralement pas xénophobes ni racistes. Par ailleurs, les causes du racisme et de l’antisémitisme sont aujourd’hui moins idéologiques, et davantage ancrées dans les expériences quotidiennes. De nombreux organismes publics et privés collectent des données sur les opinions et les incidents racistes.4 Tous les deux ans, le SLR synthétise en une vue d’ensemble globale les données disponibles pour la Suisse. Son rapport Discrimination raciale en Suisse consacre un chapitre détaillé à l’hostilité envers les personnes juives.5 Parmi les données traitées figurent également les retours fournis par les 25 centres de conseil pour les victimes de racisme, qui font partie du réseau « Dosyra » : selon ces derniers, le nombre d’incidents signalés d’hostilité à l’égard des personnes juives reste relativement stable au fil des ans et moins élevé que ceux liés à d’autres motifs de discrimination (hostilité à l’égard des musulmans et racisme anti-Noirs). Pour lutter contre l’antisémitisme, il est impératif de bien en comprendre le contenu et les formes. Les institutions publiques et privées doivent coopérer étroitement afin d’observer en permanence la situation, de l’évaluer et d’adapter en continu les instruments de sensibilisation et de prévention. 4. Protection juridique La Suisse respecte tous les engagements pris au niveau international en matière de répression des délits racistes. Ces engagements résultent principalement de l’adhésion à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de l’ONU, qui n’avait pu être ratifiée qu’après l’introduction de la norme pénale contre le racisme en 1995 (art. 261bis CP et art. 171c CPM). À cela s’ajoutent différents rapports publiés par des organismes étrangers. On peut citer, outre les travaux du Conseil de l’Europe et de l’OSCE (BIDDH), les exemples suivants : le rapport annuel sur l’antisémitisme du Forum de Coordination pour la lutte contre l’antisémitisme, le Global Anti-Semitism Report du Département d’État américain, et le Report on International Religious Freedom de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF). 4 Cf. motion Masshardt 14.3968 « Mettre au point un dispositif de suivi du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie » et interpellation Recordon 14.3921 « Etat de la question de l’antisémitisme et du racisme » 5 SLR – Rapport sur les mesures prises par la Confédération pour lutter contre l’antisémitisme en Suisse 3