3- Les mécanismes
biochimiques de la résistance
acquise
La résistance aux antibiotiques peut
intervenir par le biais d'un ensemble de
mécanismes non exclusifs :
• La mutation de la cible de l'antibiotique
: Chaque antibiotique agit en se fixant sur
une cible précise dans la cellule : paroi,
ribosome, etc. La présence d'une
modification consécutive à une mutation
modifie le site de fixation et empêche
ainsi la liaison de l'antibiotique. C'est un
des mécanismes de résistance à la
streptomycine, l'un des premiers
antibiotiques utilisés pour traiter la
tuberculose.
• La modification de l'antibiotique : De
nombreuses
souches
résistantes
fabriquent une enzyme qui modifie ou
qui clive la molécule d'antibiotique, la
rendant inactive. C'est le mécanisme
principal de résistance aux β-lactamines
(famille de la pénicilline et des
céphalosporines) qui implique les
enzymes de la famille des β-lactamases.
• La réduction de la perméabilité
membranaire : La bactérie "ferme" les
pores par lesquels l'antibiotique pénètre
dans la cellule. Les bactéries résistantes
réduisent leur nombre de porines.
• L'efflux des antibiotiques : Les
bactéries sont capables d'éliminer les
antibiotiques par pompage actif hors de
la cellule, qui "recrache" littéralement les
composés toxiques au dehors. C'est l'un
des principaux mécanismes de résistance
de Pseudomonas aeruginosa, pathogène
opportuniste responsable de nombreuses
infections nosocomiales.
II. Causes de la résistance
aux antibiotiques
Utilisation des antibiotiques chez
l’homme :
En milieu hospitalier, une utilisation
fréquente et parfois inappropriée d’ATB
à large spectre d’activité, de même que
les traitements des patients simplement
contaminés ou colonisés constituent les
principaux exemples d’usage abusif des
antibiotiques.
En milieu communautaire, la pression
environnementale sur le corps médical
pour
l’obtention
de
traitements