PRINCEPS | Page 11

3- Les mécanismes biochimiques de la résistance acquise La résistance aux antibiotiques peut intervenir par le biais d'un ensemble de mécanismes non exclusifs : • La mutation de la cible de l'antibiotique : Chaque antibiotique agit en se fixant sur une cible précise dans la cellule : paroi, ribosome, etc. La présence d'une modification consécutive à une mutation modifie le site de fixation et empêche ainsi la liaison de l'antibiotique. C'est un des mécanismes de résistance à la streptomycine, l'un des premiers antibiotiques utilisés pour traiter la tuberculose. • La modification de l'antibiotique : De nombreuses souches résistantes fabriquent une enzyme qui modifie ou qui clive la molécule d'antibiotique, la rendant inactive. C'est le mécanisme principal de résistance aux β-lactamines (famille de la pénicilline et des céphalosporines) qui implique les enzymes de la famille des β-lactamases. • La réduction de la perméabilité membranaire : La bactérie "ferme" les pores par lesquels l'antibiotique pénètre dans la cellule. Les bactéries résistantes réduisent leur nombre de porines. • L'efflux des antibiotiques : Les bactéries sont capables d'éliminer les antibiotiques par pompage actif hors de la cellule, qui "recrache" littéralement les composés toxiques au dehors. C'est l'un des principaux mécanismes de résistance de Pseudomonas aeruginosa, pathogène opportuniste responsable de nombreuses infections nosocomiales. II. Causes de la résistance aux antibiotiques  Utilisation des antibiotiques chez l’homme : En milieu hospitalier, une utilisation fréquente et parfois inappropriée d’ATB à large spectre d’activité, de même que les traitements des patients simplement contaminés ou colonisés constituent les principaux exemples d’usage abusif des antibiotiques. En milieu communautaire, la pression environnementale sur le corps médical pour l’obtention de traitements