C’est le mois d’Octobre, et chanceux que vous êtes, ami Lecteur, je vous offre un aperçu d’un
manga qui se veut être un survival-horror, j’ai nommé (on ne rie pas) Bio-Meat : Nectar.
Rien que le titre a de quoi intriguer, car a priori, quel mal peut faire de la viande biologique ?
Quand elle ressemble à ce que vous voyez sur l’image, beaucoup, beaucoup de mal.
L’histoire se déroule quelques années dans le futur, et dans cette Terre alternative, les problèmes
pour alimenter la population mondiale ont atteint un seuil critique.
Heureusement (au début), le Japon a concocté une solution miracle : les Bio-Meat, abrégés en B-M.
Ces charmantes créatures mangent n’importe quoi, sauf le verre et les métaux, nourries aux
déchets, elles se reproduisent par parthénogenèse en un clin d’oeil, et peuvent être ensuite
conditionnées sous n’importe quelle forme de viande ou poisson.
Bon, admettons pour le coup de la solution miracle, même si beaucoup d’éléments dans les
déchets gagnent à être recyclés. Personne ne connaît cette forme primitive des BM, le monde
mange à sa faim, tout est rose à Ponyland.
Sauf qu’évidemment, une catastrophe stupide va arriver. J’écris stupide car le Japon connaît
fréquemment des séismes, et c’en est un qui crée une brèche dans un des centres d’élevage de BM.
Qu’une installation d’une importance économique telle - et avec des organismes aussi dangereux
- ne dispose pas d’une armature antisismique ou de systèmes de sécurité redondants, c’est très,
très gros. A moins que les concepteurs n’aient pas intégré la capacité des BM à manger presque
tout (sauf, notamment, les portes des pièces dans lesquelles se réfugient les personnages, de façon
commode) comme légèrement dangereuse en cas de libération inopinée des bestioles, ce qui, vu
le niveau intellectuel moyen dans l’oeuvre, n’est pas à exclure.
Enfin, les créatures se répandent, et même avec des capacités sensorielles de nimbus, elles
produisent un premier massacre de 5000 personnes, dont ne ressortent vivants qu’une bande de
gamins archétypiques. Shingo le surdoué sans émotions aux décisions pragmatiques, Mayaa le
gringalet simplet, téméraire et à la grande gueule, Buu, le gros malabar plein de compassion, et la
bimbo pas si bête.
Trois ans plus tard, une autre catastrophe survient (« tiens, si on amenait en cage notre version
US du BM, beaucoup plus grosse et potentiellement ultra-dangereuse ? ») et les mêmes enfants
sont encore impliqués. Il est d’ailleurs savoureux de constater qu’ils sont plus aptes à la survie
que 99% des adultes concernés.
Là et avec sa troisième partie (lorsqu’ils sont devenus adultes, avec évidemment une énième
catastrophe débile) Bio-Meat : Nectar est une ode à la survie manichéenne et à la sélection
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