BOUILLON DE PIXELS
Il m’a suffi de terminer la première
génération pour être convaincu qu’elles
suffiraient à être à l’aise contre tous les
ennemis jusqu’à la quatrième génération.
Inclure un bouton « victoire automatique
» pour chaque bataille aurait été plus
disgracieux mais plus rapide également.
Je ne doute pas, ami Lecteur, que
vous puiserez dans votre propre champ
d’expérience des exemples similaires, le
concept des packs semble être fermement implanté. Bioshock Infinite encore
assez récemment le démontre, rajoutant
le fond du tonneau qui consiste à offrir
de la monnaie virtuelle contre de l’argent
réel.
Ce n’est pas tant le concept qui est à
revoir (sauf quand les packs rendent le
jeu trop aisé ou n’apportent réellement
pas un plus !) mais bien le fait d’y accoler
un prix. Obtenir un pack d’armes gratuit,
ou pourquoi pas avec une devise que l’on
peut récolter in-game, on prendrait déjà
moins le joueur pour une tomate farcie
d’oseille.
Surtout que, si l’on revient sur Mass
Effect 3, on note que de nouveaux
types de missions en multijoueurs et de
nouvelles cartes sont téléchargeables
gracieusement. Cela semble du bon
sens - naguère, MAJ et patchs suivaient
la même direction, sans besoin de DLC mais le bon sens est peut-être l’une des
denrées les plus rares dans le monde des
humains, surtout lorsqu’il y a du profit à
la clé. Des licences comme Call of Duty,
elles, n’hésitent pas à réclamer des deniers pour de nouvelles cartes multi.
Emotions
pognon
contre
Comme vous le savez si vous avez
un peu l’habitude de me lire, le toutobjectif me semble déraisonnable dans
la sphère qui nous occupe. On ne glose
pas sur du droit, les nouvelles internationales ou un symposium de médecine,
mais sur du divertissement, une passion.
Je tiens à le rappeler car ça
n’empêche pas d’être lucide, et sur cette
catégorie, il est possible que mon opinion biaise mon jugement. Si vous aussi
vous avez fait L avec huit longues heures de philo par semaine en terminale,
vous serez attaché à la distinction des
termes.
Bref, parlons fanservice. Le mâle
standard apprécie lorsqu’il s’agit
d’entités féminines vêtues moindrement que ce que voudrait la décence,
mais ici nous causons bien de cibler
64 PixaRom magazine
très précisément les fans d’une série, en
leur balançant une dose massive de ses
emblèmes, éléments caractéristiques et
autre concentré de mythologie lui étant
propre. On sélectionne ce qui fait le plus
vibrer la corde chez le joueur et on le lui
injecte.
Hey, en soi, pourquoi non ? Le
problème vient quand le marketing
occupe le devant de la scène, et que le
fanservice est la seule valeur ajoutée du
contenu proposé. Mon regard revient
vers Burial at sea : que penser d’autre
d’une aventure nous faisant revenir,
sans raison particulière, à Rapture, la
ville théâtre des deux premiers épisodes
de la série Bioshock ?
Encore plus gras lorsque cela se
passe le jour même où la ville commencera sa descente dans le cataclysme.
Qui sait, on pourrait apercevoir Jack
dans l’autre partie du DLC (injure
supplémentaire au consommateur !)...
Avec le thème des dimensions
parallèles, il était facile de succomber à
la tentation. Dommage que redécouvrir
Rapture au temps de sa gloire ne soit
réduit qu’à un jeu de piste moyennement intéressant, court et trop cher.
Croiser Cohen, l’artiste fou du premier
opus, est sympathique mais au final un
peu creux.
Tout comme Citadelle, l’ultime DLC
pour Mass effect 3. Imaginez la scène
: la Galaxie se fait ravager par des
machines antiques ayant l’habitude
d’opérer un génocide complet des civilisations tous les 50 000 ans, et l’Amiral
Hakcket vous invite à faire la fête- votre
ancien supérieur, de son côté menant
la résistance sur Terre, vous offre son
appartement sur la Citadelle.
Le reste n’est qu’un scénario
de série-B (Shepard, le héros, doit
déjouer les plans d’un clone voulant le
remplacer...) prétexte à multiplier les
références internes (comme la brosse à
dent de Traynor), placer de l’humour à
deux francs six sous (Shepard se demandant si elle/il parle toujours de f açon
aussi désagréable alors que son groupe
est prisonnier) et appâter le fan en proposant, par exemple, de pouvoir avoir
Wrex dans son équipe, l’un des personnages préférés des aficionados de la
série. Oh, et d’organiser une grande fête
tous ensemble pour plus de trivialité.
Ajoutez les effets cosmétiques (minijeux et décoration pour l’appartement)
et un simulateur de combat (bonne idée,
mais déjà fait dans le un sans intérêt
majeur) et vous obtiendrez un dernier
contenu tirant largement sur la ficelle.
Conclusion : l’offre et
la demande