PixaRom N°3 | Page 64

BOUILLON DE PIXELS Il m’a suffi de terminer la première génération pour être convaincu qu’elles suffiraient à être à l’aise contre tous les ennemis jusqu’à la quatrième génération. Inclure un bouton « victoire automatique » pour chaque bataille aurait été plus disgracieux mais plus rapide également. Je ne doute pas, ami Lecteur, que vous puiserez dans votre propre champ d’expérience des exemples similaires, le concept des packs semble être fermement implanté. Bioshock Infinite encore assez récemment le démontre, rajoutant le fond du tonneau qui consiste à offrir de la monnaie virtuelle contre de l’argent réel. Ce n’est pas tant le concept qui est à revoir (sauf quand les packs rendent le jeu trop aisé ou n’apportent réellement pas un plus !) mais bien le fait d’y accoler un prix. Obtenir un pack d’armes gratuit, ou pourquoi pas avec une devise que l’on peut récolter in-game, on prendrait déjà moins le joueur pour une tomate farcie d’oseille. Surtout que, si l’on revient sur Mass Effect 3, on note que de nouveaux types de missions en multijoueurs et de nouvelles cartes sont téléchargeables gracieusement. Cela semble du bon sens - naguère, MAJ et patchs suivaient la même direction, sans besoin de DLC mais le bon sens est peut-être l’une des denrées les plus rares dans le monde des humains, surtout lorsqu’il y a du profit à la clé. Des licences comme Call of Duty, elles, n’hésitent pas à réclamer des deniers pour de nouvelles cartes multi. Emotions pognon contre Comme vous le savez si vous avez un peu l’habitude de me lire, le toutobjectif me semble déraisonnable dans la sphère qui nous occupe. On ne glose pas sur du droit, les nouvelles internationales ou un symposium de médecine, mais sur du divertissement, une passion. Je tiens à le rappeler car ça n’empêche pas d’être lucide, et sur cette catégorie, il est possible que mon opinion biaise mon jugement. Si vous aussi vous avez fait L avec huit longues heures de philo par semaine en terminale, vous serez attaché à la distinction des termes. Bref, parlons fanservice. Le mâle standard apprécie lorsqu’il s’agit d’entités féminines vêtues moindrement que ce que voudrait la décence, mais ici nous causons bien de cibler 64    PixaRom magazine très précisément les fans d’une série, en leur balançant une dose massive de ses emblèmes, éléments caractéristiques et autre concentré de mythologie lui étant propre. On sélectionne ce qui fait le plus vibrer la corde chez le joueur et on le lui injecte. Hey, en soi, pourquoi non ? Le problème vient quand le marketing occupe le devant de la scène, et que le fanservice est la seule valeur ajoutée du contenu proposé. Mon regard revient vers Burial at sea : que penser d’autre d’une aventure nous faisant revenir, sans raison particulière, à Rapture, la ville théâtre des deux premiers épisodes de la série Bioshock ? Encore plus gras lorsque cela se passe le jour même où la ville commencera sa descente dans le cataclysme. Qui sait, on pourrait apercevoir Jack dans l’autre partie du DLC (injure supplémentaire au consommateur !)... Avec le thème des dimensions parallèles, il était facile de succomber à la tentation. Dommage que redécouvrir Rapture au temps de sa gloire ne soit réduit qu’à un jeu de piste moyennement intéressant, court et trop cher. Croiser Cohen, l’artiste fou du premier opus, est sympathique mais au final un peu creux. Tout comme Citadelle, l’ultime DLC pour Mass effect 3. Imaginez la scène : la Galaxie se fait ravager par des machines antiques ayant l’habitude d’opérer un génocide complet des civilisations tous les 50 000 ans, et l’Amiral Hakcket vous invite à faire la fête- votre ancien supérieur, de son côté menant la résistance sur Terre, vous offre son appartement sur la Citadelle. Le reste n’est qu’un scénario de série-B (Shepard, le héros, doit déjouer les plans d’un clone voulant le remplacer...) prétexte à multiplier les références internes (comme la brosse à dent de Traynor), placer de l’humour à deux francs six sous (Shepard se demandant si elle/il parle toujours de f açon aussi désagréable alors que son groupe est prisonnier) et appâter le fan en proposant, par exemple, de pouvoir avoir Wrex dans son équipe, l’un des personnages préférés des aficionados de la série. Oh, et d’organiser une grande fête tous ensemble pour plus de trivialité. Ajoutez les effets cosmétiques (minijeux et décoration pour l’appartement) et un simulateur de combat (bonne idée, mais déjà fait dans le un sans intérêt majeur) et vous obtiendrez un dernier contenu tirant largement sur la ficelle. Conclusion : l’offre et la demande