PixaRom N°3 | Page 65

BOUILLON DE PIXELS Bien sûr, les DLC enrobent beaucoup de médiocrité lestée avec des billets verts. On ne va pas reprocher au jeu vidéo d’être un business et de vouloir être rentable. Les DLC sont une solution pratique, qui permet en plus d’achalander le client sur la durée et de faire vivre un jeu plus longtemps. Le season pass s’inscrit dans cette politique de fidélisation : contre une somme versée une seule fois, vous avez accès à tous les futurs DLC. Tentant, lorsque les développeurs ne restreignent pas l’accès qu’à une partie des DLC. Même si le principe n’est pas affreux, de mon point de vue, je trouve le procédé encore trop mercantile : le studio s’assure de l’argent sans devoir rien fournir tout de suite, et ça ne justifie pas les prix souvent trop élevés des contenus téléchargeables. Encore une fois, ce n’est pas le principe de base qui est discutable, mais la façon dont il est commercialement dévoyé. Il ne faut pas se voiler la face, malgré les exemples les plus criants de la plus pure avidité, on continue à être abreuvés de DLC pop-corn. Et pourquoi non ? S’ils continuent de proliférer, c’est bien que le public les accepte de façon assez importante pour que cela soit rentable de continuer. Moi-même je tente l’aventure de temps à autre, il faut bien essayer pour en avoir le coeur net. Dans l’état actuel des choses, ce modèle de production et économique ne semble pas prêt de s’effondrer ; on visualise mal un boycott généralisé sur tous les fronts afin de manifester une lassitude. Même si celle-ci est tout à fait légitime. Evidemment, ma présentation des choses n’a laissé entrevoir que l’aspect négatif des DLC (ou presque). Vous êtes assez sage pour vous douter, ami Lecteur, que les DLC n’auraient pas pu persister s’ils avaient vraiment représenté un marasme de médiocrité. Il y a régulièrement de bonnes surprises - comme Point Lookout pour Fallout 3. Un DLC qui permet de s’évader des ternes terres désolées de la capitale pour aller dans le bayou, avec ses goules spéciales, ses habitants consanguins, son vieux manoir, les deux survivants de la Grande Guerre qui continuent à s’affronter, la mission d’un espion chinois à compléter plus de deux siècles après, etc. Agréable, suffisamment long et avec du loot intéressant. Dommage que les autres DLC valent bien moins le détour ! Mais au tournant rôdent des tas de mousse comme Slingshot pour X-Com : Enemy Unknown. A la question de savoir s’il faut en avoir quelque peu marre des DLC, j’opinerai plutôt pour le oui. Marre des combines, de l’argent trop facile, du travail minimum pour un gain maximum. Mais lancer une sorte d’appel à la raison serait comme prêcher dans le désert, et il ne faut pas être naïf en la matière. Il restera une frange suffisante de consommateurs pour faire tourner la machine, tandis que certains vont devenir de plus en plus réfractaires. En espérant tout de même un peu plus de bon sens à l’avenir... PixaRom magazine    65