Tests
Par Lord Dagan
QUAND LA CONCURRENCE A DU BON
1987. Squaresoft, une jeune société de dével-
est encore loin des maîtres du genre, limitation
à sauver l’entreprise de la faillite. Mais ce suc-
oppement de jeux vidéo, est au bord du gouffre,
des consoles de l’époque oblige. Une narration
cès, était-il mérité ? C’est ce que cette mauvaise
comme tant d’autres à cette époque qui sent
mise en avant par un vrai Chara-design, et une
prose tentera d’expliquer.
bon l’artisanat. Ses premiers jeux (ou portages)
utilisation intelligente de la musique, puisque
ne se vendent pas, malgré quelques concepts
œuvre d’un véritable compositeur.
sympas – comme l’original King’s Knight.
Alors Sakaguchi va s’en inspirer. Sans le copier,
Alors que la société s’apprête à fermer ses
bien sûr, mais les similitudes se font ressentir...
portes, son président veut tenter un coup de
Ce qui sera la première et dernière fois ! Il réunit
poker, et cela, indirectement grâce à une boîte
une petite équipe auteur de lui, dont Nobuo
concurrente. Car quelques mois plus tôt, un sé-
Uematsu, qui a déjà composé pour Square, et
isme a secoué le petit monde bien propret du
l’artiste Yoshitaka Amano, qui vient notamment
jeu vidéo au Japon : Dragon Quest.
de s’illustrer sur le film d’animation Vampire
Un succès foudroyant et inattendu, pour un
titre s’inspirant du jeu de rôle, un concept relativement occidental, et qui n’a jamais fait alors
fureur au pays de Mario. Mais Enix – c’est la
Hunter D. Cette sainte trinité va être le moteur
de toute une société, et va permettre pendant
près de dix ans d’installer au firmament une licence qui tient du miracle.
boîte en question – y a ajouté sa touche, cré-
Final Fantasy – tout le monde connaît les rai-
ant un genre bien particulier : le J-RPG. Le jeu
sons de ce titre, à savoir que c’était l’ultime
de rôle « light », qui permet moins de liberté,
projet de Square – va pouvoir naître... et sera un
pour une bien meilleure narration... même si on
succès national, certes, loin de Dragon Quest,
Qui dit RPG dit a fortiori histoire. Alors avant
toute chose : nous sommes sur NES. Ne demandez pas la lune à une console d’un autre
temps. Vous, les habitués de grosses cinématiques, de dialogues qui font mouche, de
situations alambiqués, ne croyez pas que Final
Fantasy à toujours représenté le pan cinématographiques du jeu vidéo. C’est un jeu comme
tous ceux de son époque : un jeu qui a pris une
vilaine claque sur son nez.
Et le scénario va vous le rappeler : ce n’est pas
classique, c’est surtout un gros prétexte, une
façon un peu archaïque de s’immerger dans un
jeu... Chose malheureusement impossible de
nos jours, en toute franchise.
mais 500 000 ventes suffiront très largement
PixaRom magazine
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