PixaRom N°3 | Page 33

Tests Par Lord Dagan QUAND LA CONCURRENCE A DU BON 1987. Squaresoft, une jeune société de dével- est encore loin des maîtres du genre, limitation à sauver l’entreprise de la faillite. Mais ce suc- oppement de jeux vidéo, est au bord du gouffre, des consoles de l’époque oblige. Une narration cès, était-il mérité ? C’est ce que cette mauvaise comme tant d’autres à cette époque qui sent mise en avant par un vrai Chara-design, et une prose tentera d’expliquer. bon l’artisanat. Ses premiers jeux (ou portages) utilisation intelligente de la musique, puisque ne se vendent pas, malgré quelques concepts œuvre d’un véritable compositeur. sympas – comme l’original King’s Knight. Alors Sakaguchi va s’en inspirer. Sans le copier, Alors que la société s’apprête à fermer ses bien sûr, mais les similitudes se font ressentir... portes, son président veut tenter un coup de Ce qui sera la première et dernière fois ! Il réunit poker, et cela, indirectement grâce à une boîte une petite équipe auteur de lui, dont Nobuo concurrente. Car quelques mois plus tôt, un sé- Uematsu, qui a déjà composé pour Square, et isme a secoué le petit monde bien propret du l’artiste Yoshitaka Amano, qui vient notamment jeu vidéo au Japon : Dragon Quest. de s’illustrer sur le film d’animation Vampire Un succès foudroyant et inattendu, pour un titre s’inspirant du jeu de rôle, un concept relativement occidental, et qui n’a jamais fait alors fureur au pays de Mario. Mais Enix – c’est la Hunter D. Cette sainte trinité va être le moteur de toute une société, et va permettre pendant près de dix ans d’installer au firmament une licence qui tient du miracle. boîte en question – y a ajouté sa touche, cré- Final Fantasy – tout le monde connaît les rai- ant un genre bien particulier : le J-RPG. Le jeu sons de ce titre, à savoir que c’était l’ultime de rôle « light », qui permet moins de liberté, projet de Square – va pouvoir naître... et sera un pour une bien meilleure narration... même si on succès national, certes, loin de Dragon Quest, Qui dit RPG dit a fortiori histoire. Alors avant toute chose : nous sommes sur NES. Ne demandez pas la lune à une console d’un autre temps. Vous, les habitués de grosses cinématiques, de dialogues qui font mouche, de situations alambiqués, ne croyez pas que Final Fantasy à toujours représenté le pan cinématographiques du jeu vidéo. C’est un jeu comme tous ceux de son époque : un jeu qui a pris une vilaine claque sur son nez. Et le scénario va vous le rappeler : ce n’est pas classique, c’est surtout un gros prétexte, une façon un peu archaïque de s’immerger dans un jeu... Chose malheureusement impossible de nos jours, en toute franchise. mais 500 000 ventes suffiront très largement PixaRom magazine    33