PORTAIL MULTIPLAN
Dit ommolluptia
MANGAS
L
orsqu’on lit des oeuvres étrangères dont le titre est
resté en langue originale (comme cela vaut souvent
mieux), on peut être en proie à de mauvaises surprises. Si j’avais su que Tukihime signifiait littéralement « Princesse
de la Lune », croyez-bien que j’aurai effectué une rapide
marche arrière.
Las, présenté dans une section « épouvante » d’un site
de scanlation, j’essayais quand même, avant d’essayer de
déterminer ce qu’il pouvait bien y avoir d’horrifique là-dedans.
Au début, pourtant, il y a bien un sentiment de malaise et
d’étrangeté : Shiki, un jeune garçon hospitalisé, se met à voir
des lignes étranges tout autour de lui après l’accident...
Cédant à une impulsion, il prend un couteau et frappe selon
une de ces lignes, découpant le lit sur lequel il reposait. Un peu
plus tard, sans que l’on sache trop s’il s’agit de rêve ou de réalité,
une femme mystérieuse lui offre une paire de lunettes spéciales
ainsi qu’un étui à ne pas ouvrir tout de suite.
Une pression sur la touche d’accélération, et on retrouve
Shiki en adolescent menant une vie un peu près normale.
Jusqu’à ce que, malgré les lunettes, ces lignes dans les êtres et
les objets reviennent hanter sa vision. Cela l’obsède à un point
tel qu’à un moment, il découpe une jeune femme en 17 morceaux avec une bonne dose d’hémoglobine. Là, tout va bien,
on sent qu’il pourrait contracter quelque folie propice à de
l’horreur par forcément subtile, mais de l’horreur quand même.
Erreur et surprise-surprise, car la jeune femme réapparaît devant son
lycée le lendemain, intacte et mécontente. Il s’agit, hélas, d’une vampire,
la dernière des Originels, qui n’a pas besoin de sang pour se nourrir. Les
Apôtres de la Mort ne se gênent pas pour en boire, eux, ainsi que traiter
les humains comme du bétail, ainsi qu’il en va dans 95% des histoires de
vampires. Shiki se retrouve embrigadé pour réparer ses fautes dans une
lutte contre ces Apôtres, et, fatalement, tombera amoureux de la vampire
- Arcueid - qui dormait depuis des siècles et se montre étonnée de tout un
tas de choses du monde humain.
Tout cela n’est guère étonnant lorsqu’on apprend (en retard pour moi)
que le manga est une adaptation d’un dojin-game, qui, d’après ce que j’ai
compris, oscille entre la dating sim et l’eroge franc. Si à part un moment
ou deux il n’y a pas réellement de fan service (sauf comme la fois où
Arcueid envoie au jeune homme, en guise de de remerciement, une succube lui procurant un rêve sexuel dans lequel la succube a évidemment
l’apparence d’Arcueid...) cela reste une romance normalement impossible
entre deux êtres martyrs, sur fond de combat contre une menace evil.
126 PixaRom magazine