PORTAIL MULTIPLAN
Thanatos
les récifs
S
i vous avez lu mon jugement sur Le
ravin des ténèbres, vous vous rappellerez mon dégoût par rapport
à toute une débauche salace sans aucun
intérêt. Oubliez ça, c’est du champomy par
rapport à ce que propose Thanatos. C’est un
des rares ouvrages pour lesquels j’ai dû me
forcer afin d’arriver à la dernière page.
Et c’est certainement l’un des plus malsains que je connaisse, alors que je ne suis
pas un tendre. Tenez, une petite citation
pour bien démarrer l’affaire.
« Une centaine de cyberpunks pratiquement nus, le corps lardé de piercings
métamorphiques,
se
convulsent
en
s’accouplant dans une orgie païenne. » Amis
du bon goût, au revoir.
Représentez-vous ceci : dans une société
futuriste SF (youpi, il y a des robots et la nanotechnologie) une organisation, Thanatos,
est devenue à ce point tentaculaire qu’elle
en devient intouchable. Elle a corrompu
le gouvernement et la jet-set, avec, tenezvous bien, une massification des snuff
movies. Apparemment la majorité de la
population ne se lasse pas de télécharger
des GB de contenu ultra-violent et toujours
sexualisé. Avec le phlébotinum – entendez
« technologie miraculeuse » - il est possible
de rassembler les sensations des victimes de
ces snuff movies dans des esthésiogrammes,
nanites à ingérer qui permettent de revivre
cette expérience.
C’est hyper glauque mais aurait été
acceptable en tant que composante d’une
société décadente ayant soif de sang, en
attente de plaisirs toujours plus extrêmesune caractéristique parmi d’autres.
Sauf que l’auteur y attache le focus central et avec une complaisance franchement
dérangeante, n’hésitant pas à alourdir le récit
avec un sous-scénario concernant l’un des
organisateurs de sacrifices, qui meurt rapidement et dont on n’en a finalement rien à
cirer. On dirait l’expression délirante des pulsions de vie et de mort décrites par Freud, à
un point grotesque. La quatrième de couverture nous lance l’orée d’une relation tordue
entre Tristan et Dyl, et lorsqu’on voit qu’elle
commence juste après qu’elle ait été violée
de façon SM, avec l’adolescent comme spectateur, et que celui-ci vient ensuite près d’elle
pour que ses propres pulsions soient satisfaites. Voilà le début de leur grande relation
d’amour, qui, en plus d’être assez insultante
pour lecteur, sonne résolument creux ;
comme la majorité du roman.
Il n’y avait absolument besoin de narrer
par le menu toutes les tortures subies par
Dyl à cause de Gilliam Rentz, le patron de
Thanatos, tout ça pour
le lier à l’espoir de faire
sortir une sorte d’esprit
abrité en Dyl. Car oui,
Thanatos se révèle
ensuite être en contact avec un monde où
existe la magie, et la
mère de Tristan y voyageait d’ailleurs…
Et pour vous dire le
niveau que ça atteint
parfois (encore que
dans un autre contexte, la situation qui
va suivre aurait pu être
amusante), voilà ce
que dit ledit Gilliam à
un moment :
« Et voilà, je suis
maître d’Alvin et de
l’univers. Venez ma
chère, allons dîner, j’ai
organisé un festin pour
fêter ça, je pense que
vous allez vous régaler.
»
Je n’ai même pas
étonné que lorsque
Tristan arrive en ce
monde de fantasy, à
peine cinq pages après,
encore une scène de
sexe ! Et est-ce que je
vous avais dit que la
directrice de la police,
Leslie, s’avérait être en
fait le frère jumeau de Leslie défunte, devenu
transsexuel ? Evidemment, ils ont un rapport
ensemble. Point bonus « ridicule ne faisant
même plus rire » quand ledit rapport fait
songer à Tristan qu’il aurait dû faire connaître
à son ami geek l’hom