PixaRom N°3 | Page 125

PORTAIL MULTIPLAN Thanatos les récifs S i vous avez lu mon jugement sur Le ravin des ténèbres, vous vous rappellerez mon dégoût par rapport à toute une débauche salace sans aucun intérêt. Oubliez ça, c’est du champomy par rapport à ce que propose Thanatos. C’est un des rares ouvrages pour lesquels j’ai dû me forcer afin d’arriver à la dernière page. Et c’est certainement l’un des plus malsains que je connaisse, alors que je ne suis pas un tendre. Tenez, une petite citation pour bien démarrer l’affaire. « Une centaine de cyberpunks pratiquement nus, le corps lardé de piercings métamorphiques, se convulsent en s’accouplant dans une orgie païenne. » Amis du bon goût, au revoir. Représentez-vous ceci : dans une société futuriste SF (youpi, il y a des robots et la nanotechnologie) une organisation, Thanatos, est devenue à ce point tentaculaire qu’elle en devient intouchable. Elle a corrompu le gouvernement et la jet-set, avec, tenezvous bien, une massification des snuff movies. Apparemment la majorité de la population ne se lasse pas de télécharger des GB de contenu ultra-violent et toujours sexualisé. Avec le phlébotinum – entendez « technologie miraculeuse » - il est possible de rassembler les sensations des victimes de ces snuff movies dans des esthésiogrammes, nanites à ingérer qui permettent de revivre cette expérience. C’est hyper glauque mais aurait été acceptable en tant que composante d’une société décadente ayant soif de sang, en attente de plaisirs toujours plus extrêmesune caractéristique parmi d’autres. Sauf que l’auteur y attache le focus central et avec une complaisance franchement dérangeante, n’hésitant pas à alourdir le récit avec un sous-scénario concernant l’un des organisateurs de sacrifices, qui meurt rapidement et dont on n’en a finalement rien à cirer. On dirait l’expression délirante des pulsions de vie et de mort décrites par Freud, à un point grotesque. La quatrième de couverture nous lance l’orée d’une relation tordue entre Tristan et Dyl, et lorsqu’on voit qu’elle commence juste après qu’elle ait été violée de façon SM, avec l’adolescent comme spectateur, et que celui-ci vient ensuite près d’elle pour que ses propres pulsions soient satisfaites. Voilà le début de leur grande relation d’amour, qui, en plus d’être assez insultante pour lecteur, sonne résolument creux ; comme la majorité du roman. Il n’y avait absolument besoin de narrer par le menu toutes les tortures subies par Dyl à cause de Gilliam Rentz, le patron de Thanatos, tout ça pour le lier à l’espoir de faire sortir une sorte d’esprit abrité en Dyl. Car oui, Thanatos se révèle ensuite être en contact avec un monde où existe la magie, et la mère de Tristan y voyageait d’ailleurs… Et pour vous dire le niveau que ça atteint parfois (encore que dans un autre contexte, la situation qui va suivre aurait pu être amusante), voilà ce que dit ledit Gilliam à un moment : « Et voilà, je suis maître d’Alvin et de l’univers. Venez ma chère, allons dîner, j’ai organisé un festin pour fêter ça, je pense que vous allez vous régaler. » Je n’ai même pas étonné que lorsque Tristan arrive en ce monde de fantasy, à peine cinq pages après, encore une scène de sexe ! Et est-ce que je vous avais dit que la directrice de la police, Leslie, s’avérait être en fait le frère jumeau de Leslie défunte, devenu transsexuel ? Evidemment, ils ont un rapport ensemble. Point bonus « ridicule ne faisant même plus rire » quand ledit rapport fait songer à Tristan qu’il aurait dû faire connaître à son ami geek l’hom