côté de cela et le féliciter de nous accorder sa confiance . Nous pouvons reconnaître que nous serons pour lui un adulte qui va être présent , accueillant et solide , donc , un adulte qui pourra prendre position si c ’ est nécessaire . »
Mais une attitude plus posée permet aussi d ’ apprivoiser l ’ enfant à l ’ idée que le dévoilement d ’ un comportement imparfait avec ses pairs ne lui vaudra pas des conséquences si terribles . Il s ’ agit donc , pour les parents , comme le dit le professeur de psychologie Jean-François Bureau , d ’ une stratégie fondamentale pour maintenir les liens de confiance jusqu ’ aux grands « brasse-camarade » de l ’ adolescence : « Parce que je veux qu ’ elle vienne me voir le jour où son chum va la laisser là , le jour où elle aura du sexe non protégé , que son chum est revenu d ’ une soirée en voiture avec elle , complètement saoul , ou lorsqu ’ elle aura participé à briser le vélo d ’ une amie , je vais vraiment être content qu ’ elle m ’ en ait parlé . »
Et toi , qu ’ en penses-tu ?
Cette humilité pour doser l ’ ardeur de l ’ intransigeance peut aussi aider à soutenir l ’ enfant dans sa persévérance , s ’ il est confronté à une problématique plus complexe , dans la mesure où il sait que papa et maman seront capables d ’ entendre que les conseils qu ’ ils ont proposés ne fonctionnent pas à tout coup . Si c ’ est plus qu ’ un petit malentendu , il faudra également que le parent s ’ attende à faire équipe à plus long terme .
Encadrer les essais erreurs des enfants en les incitant à chercher leurs propres réponses constitue déjà une bonne partie de la solution . Et pour cause , Jean-François Bureau a pu remarquer , avec sa fille , qu ’ une ou deux questions ont permis de faire le lien entre les notions de respect , dont ils avaient déjà parlé à la maison , et une situation précise : « Ma fille avait une amie qui lui faisait faire des mauvais coups à sa place . L ’ amie voulait les faire , mais elle n ’ osait pas , alors elle faisait des menaces à ma fille pour qu ’ elle y aille . Cela m ’ a pris une seule conversation sur le respect . Je lui ai demandé : “ As-tu l ’ impression qu ’ elle te respecte ?” Elle m ’ a répondu “ Non , elle m ’ utilise .” Elle l ’ a sorti elle-même . À partir de ce moment-là , c ’ était fini . Ma fille a réglé le problème sans que je doive intervenir . »
Ce professeur en psychologie admet que le premier concerné admettra probablement moins aisément qu ’ il y a lieu de s ’ interroger , s ’ il se retrouve du côté des influenceurs néfastes , voire des intimidateurs . Mais il peut s ’ agir là néanmoins d ’ un moyen privilégié pour amener l ’ enfant à se mettre dans la peau de l ’ autre : « Il ne faut pas faire semblant de ne pas l ’ avoir vu . Et il faut toujours développer l ’ empathie : “ Comment te sentirais-tu , toi , si quelqu ’ un
te faisait ça ?” Et si l ’ enfant a de la difficulté à articuler cela , il faut revenir à la charge et poser la même question , d ’ une autre façon , jusqu ’ à ce qu ’ il saisisse et comprenne l ’ effet qu ’ il a sur les autres . »
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