Les parents doivent , il est vrai , admettre leurs limites . Lorsque le problème semble plus complexe ou plus traumatisant , l ’ école , un intervenant ou un clinicien , peut alors apporter un coup de pouce . Mais recourir ainsi à de l ’ aide , n ’ est-ce pas confirmer que le problème est trop gros , même pour les grandes personnes les plus touchées par la situation ?
Selon Stéphanie Deslauriers , chercher du soutien extérieur ne signifie cependant pas nécessairement se mettre en quête d ’ un professionnel . Il s ’ agit parfois simplement d ’ accepter que l ’ enfant préfère révéler à d ’ autres ses frictions avec ses amis ou les raisons pour lesquelles il n ’ amène pas souvent d ’ amis à la maison : « Mais s ’ il n ’ ose pas parler avec nous , a-t-il une autre personne à qui il pourra parler ? Est-il bien entouré ? A-t-il des confidents dignes de ce nom : d ’ autres adultes , un grand frère , une grande sœur , un oncle , une tante , un parrain , une marraine , un prof ou une intervenante ? Je crois que cela revient à l ’ idée qu ’ il faut un village pour élever un enfant . Ici , au Québec , à notre époque , c ’ est comme si nous disions que les parents devaient répondre à tous les besoins de leurs enfants , tout au long de leur vie . Mais c ’ est archifaux . Il faut aussi construire un tissu social autour de nos enfants . »
Négocier en pays de connaissance
Cependant , lorsque vient notre tour d ’ intervenir auprès des enfants des autres qui se retrouvent sous notre garde , la tentation peut alors devenir forte de laisser couler , afin d ’ éviter que notre attitude soit perçue comme un jugement de valeur . Mais la psychologue Rachel Briand-Malenfant n ’ abonde pas dans ce sens , argumentant même qu ’ offrir à un copain visiteur l ’ occasion de réparer une parole blessante ou un pot cassé , chez une famille dont il ne connaît pas vraiment les règles , pourrait