Montréal pour Enfants vol. 17 n°1 La relâche scolaire 2017 | Page 24

mieux-vivre

pas toujours aussi gentil que tu le laisses paraître”. Elle disait cela parce que je lui avais déjà dit“ On doit toujours protéger les enfants” et que moi, j’ étais toujours gentil avec eux. Elle me remettait en question. Après, je lui ai expliqué que“ Non, la vie n’ est pas toujours bonne” et qu’ avant, nous avions une grande maison, des conditions de vie plus faciles et que, maintenant, il fallait s’ adapter, même si c’ était plus difficile. »
Places
limitées
Grand espace intérieur pour les activités physique
Ces discussions au cœur de la famille permettent ainsi à l’ enfant de mieux comprendre les défis de ceux qui, autour de lui, même en grandissant, doivent continuer d’ affronter le monde, mais aussi, souligne Michèle Paquette, d’ acquérir des outils de négociation qui pourront lui être très utiles, par la suite, pour trouver son propre équilibre entre ce qu’ il veut retenir de sa famille et ce qu’ il apprend ailleurs: « Comment l’ enfant fera-t-il pour s’ adapter si je n’ ai pas appris à négocier avec lui? Si un parent voulait protéger ses enfants des influences extérieures, comment y parviendrait-il? Plus il y a de gens autour d’ un enfant, mieux c’ est pour lui. Si c’ est vrai que ça prend un village pour élever un enfant, il est certain que le parent verra passer bien des idées et de multiples formes de soutien, mais il reste parent quand même. »
Et ce dialogue peut être initié par l’ enfant lui-même, s’ il sent une ouverture ou en a senti lors des échanges précédents. C’ est du moins ce que Bernard semble avoir retenu de sa conversation avec sa petite Katia, fort consternée d’ avoir aperçu deux femmes s’ embrasser: « Elle a eu beaucoup de mal à me dire clairement que les deux femmes s’ embrassaient. Elle disait“ Je ne peux pas le dire, tu vas me dire que c’ est mal!” […] Alors, j’ ai dit“ Viens Katia, on va s’ asseoir et je vais t’ expliquer; tu as peut-être raison, peut-être pas, mais ça existe, et tant que ce n’ est pas toi qu’ elles embrassent, ce n’ est pas grave”, mais ma fille insistait“ Ce n’ est pas normal!” Je lui ai répondu“ La normalité, c’ est ce que tu vois, que tu sois d’ accord ou non”. Elle et moi avions discuté de la façon dont on fait les bébés un peu avant, alors elle ne comprenait pas. » Grâce à une telle attitude d’ accueil, Pascal a également compris, lorsqu’ il était intervenant, la chance énorme qu’ il soit parvenu à obtenir, de la part des enfants, de remettre en question une résignation lourde de conséquences pour eux « J’ ai dû faire des signalements à la protection de la jeunesse parfois, et après, les enfants venaient me demander“ Moi, plus tard, est-ce que je vais taper les gens?” Ça fait trois fois que je fais des signalements. Les enfants reviennent toujours me voir après. Je leur dis qu’ ils pourront devenir ce qu’ ils veulent. » À l’ avis de Michèle Paquette, le parent, qui demeure une source d’ inspiration pour les enfants, gagne aussi