L'éclaireur n°15 | Page 17

Rafiki : de "l'afro bubble-gum art"

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Alessia

“Ovationné à Cannes, interdit au Kenya” Télérama

Le deuxième film qui a été visionné est Rafiki. Sa réalisatrice, Wanuri Kahiu est une réalisatrice kényane engagée. Ses films témoignent d’un engagement politique fort : son documentaire « For Our Land » lui fait gagner le prix Nobel de la paix pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix. Rafiki est même interdit au Kenya : Le Kenyan Film Classification Board (KFCB) condamne « son traitement de l’homosexualité et son but évident de promouvoir le lesbianisme, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ». Mais après avoir porté plainte, Wanuri Kahiu a obtenu le droit à la diffusion de son film pendant sept jours en salles kényanes. Néanmoins, cette limitation au Kenya n’a pas empêché au film d’être le premier film kényan a être présenté au festival de Cannes.

Ce film traite en ligne de fond d’une histoire d’amour entre deux jeunes filles lycéennes qui vivent au Kenya, dans la petite ville de Nairobi. Ces deux filles ont deux profils assez distincts. La première Kena, est issue d’un milieu populaire. Son père est un commerçant qui tient une boutique. Malgré tout, il se présente dans la campagne électorale de Nairobi, contre le politicien Peter Okemi. Il s’agit du père du Ziki, la deuxième lycéenne. C’est un amour impossible à cause de l’opposition politique entre leurs pères mais aussi car leur orientation sexuelle est très mal vue au Kenya. Ziki est originaire d’un milieu plus aisé. En effet, au début du film, on voit son père qui fait des appels à voter pour lui en camionnette décorée pour l’occasion alors que le père de Kena doit se contenter d’affiches dans les rues. Ce film met en scène les différences, notamment au niveau de l’orientation sexuelle, dans la société kényane actuelle.

Il s’ouvre sur des bribes d’images montrant l'héroïne Kena dans la rue, suivi d’un générique assez atypique. Avec beaucoup de couleurs, une musique de fond très rythmée et prenante, des collages fantaisistes (avec des images traditionnelles et/ou modernes) qui présentent les membres de l’équipe, le générique annonce l’intention de la réalisatrice de « montrer une image belle, colorée, joyeuse et chargée d’espoir » de son pays et de l’Afrique.