L'éclaireur n°15 | Page 18

Effectivement, les scènes montrant Kena plantent aussi le décor : la majorité du film est tournée dans la rue, il s’agit d’une scène centrale. De plus, la rue est lieu de confrontation, pour les deux jeunes filles, avec le reste de la population kényane qui ne perd pas une miette de cette histoire d’amour naissante. Par exemple, Mama Atim qui est comme la “commère” du village se chargera plus tard dans le film de rapporter que les filles ont une liaison et qu’elles doivent être jugées. En somme, la vie de Kena, Ziki et tous les autres jeunes kényans se déroule dans la rue.

Et pourtant, les filles sont victimes d’enfermement ; premièrement car elles doivent se cacher. On le voit dans le film lorsque Ziki prend la main de Kena pendant une énonciation religieuse lors de laquelle le prêtre insiste sur le besoin de “sauver et

soigner” les personnes homosexuelles. Il dit presque qu’être homosexuel est un crime. On se rend bien compte que le simple fait de se tenir la main peut leur apporter des problèmes. Deuxièmement, il faut savoir que des violences sont faites aux personnes homosexuelles au Kenya dans la rue, ce qui encourage encore moins les filles à s’afficher en public.

Mais dans cette société, que

nous, européens, pouvons trouver fermée, ces jeunes filles ont de l’espoir : Ziki pousse Kena à devenir médecin au lieu de se contenter de devenir infirmière prétextant qu’il en manque dans sa ville. Le désir de ces filles à être indépendantes est de plus en plus fort.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’anglais est la langue la plus parlée au Kenya. Devant le swahili qui est l’autre langue officielle du pays, commune à une grande partie de l’Afrique subsaharienne, l’anglais est apparu et a été pratiqué suite à la colonisation du pays par l’Empire britannique de 1920 à 1963.

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