Ça s’est passé près de chez vous
Peut-on être encore humanistes ?
Une manifestation pour le climat
Samedi 8 septembre dans toute la France, plus de 150
000 personnes ont pris part à la journée mondiale
d’action pour le climat. Cette journée prend une
signification toute particulière : il s’agit de la première
mobilisation de la société civile depuis la démission de
Nicolas Hulot.
L’Histoire de l’humanité
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce débat
n'est pas si nouveau que ça. Par exemple, certains
philosophes ou théologiens pensaient que l’Homme a
été créé parfait à l’image de Dieu. Cette ressemblance
distingue l’Homme des êtres vivants comme les
plantes. Mais, à cause du péché originel, l'homme a
perdu sa perfection initiale. La Création, à l’origine, était
l’expression de la volonté divine. Ainsi, la modification
de la nature est comprise comme une transgression.
Par exemple, Tertulllien (aux IIème et IIIème siècles de
l’ère chrétienne) dans De la parure des femmes,
s'interroge sur les vêtements voyants des femmes.
Leurs parures colorées sont-elles ou non conformes à
l’idéal divin ? Pour lui, si Dieu n’avait pas créé des
moutons de couleurs vives, c’est qu’il ne voulait pas de
ces couleurs. Il perçoit ainsi le geste de s’habiller avec
des vêtements colorés comme contraire à la volonté
divine. Au fond, si la Création est parfaite alors la
technique constitue toujours une sor te de
transgression des lois du monde qui ne sont autres que
celles de Dieu.
Au contraire, pour beaucoup de philosophes depuis la
Renaissance (et même déjà pour Aristote), l'homme est
fait pour la technique. La technique n'est en aucun cas
une transgression. C'est plutôt l'accomplissement de la
vocation humaine.
Conclusion
Pour conclure, les transhumanistes cherchent à
s'émanciper de Mère Nature. A la différence des post-
humanistes, ils ont une grande confiance dans la
science et la technique.
Les post-humanistes, eux, se méfient de la démesure
de l'Homme : ils se méfient de la volonté d'être
« c o m m e m a î t r e e t p o s s e s s e u r d e l a
nature » (Descartes).
Les partisans du post-humanisme veulent en finir avec
l'humanisme. Les transhumanistes veulent en finir avec
l'humanité telle que nous la connaissons. Il nous
faudrait devenir des post-humains.
Ce jour-là, à Grenoble, plusieurs milliers de personnes ont
participé à cette manifestation pour le climat. Et, chose
rare, les chiffres annoncés par la préfecture sont supérieurs
à ceux annoncés par les associations avec la participation
de plus de 5 000 personnes selon les associations
présentes et environ 10 000 selon la préfecture. Cette
manifestation était détachée des partis politiques et a donc
regroupé beaucoup plus de personnes que ce qui était
prévu. Étant survenue suite à la démission de Nicolas Hulot,
cette manifestation regroupait des participants qui disaient
se rassembler non pas pour défendre un parti politique
mais une « cause touchant tous les êtres humains ».
J’y ai moi-même assisté pour mener ce reportage et j’ai été
surpris de constater au tournant d’une rue, en apercevant
l’autre bout de la manifestation, qu’elle pouvait entourer tout
un quartier. Beaucoup de personnes sont venues à cette
marche de manière spontanée, sans appartenir à aucune
organisation.
Des affiches ont été brulées devant la banque Société
Générale car cette dernière aurait investi dans beaucoup
d’actions favorisant le réchauffement climatique
notamment avec son projet de terminal d'exportation de
gaz de schiste liquéfié, au Texas.
Grenoble est la 3 ème ville la plus polluée de France derrière
Paris et Marseille avec 36,50 µg/m 3 de dioxyde d’azote (un
gaz à effet de serre important) et 26 µg/m 3 de particules
en suspension comparé à 24,8 µg/m 3 et 20,8 µg/m 3 pour
la moyenne nationale. On peut donc dire que le lieu de
manifestation a bien été choisi en prenant en compte le
fait que le maire, Éric Piolle, est un socialiste penchant
pour l’écologie. L’enjeu pour Grenoble est donc plus
important.