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Post-humanisme versus transhumanisme
Peut-on être encore humanistes ?
Téa
Étymologiquement, le post-humanisme signifie après
l’humanisme. Les post-humanistes considèrent que
l’humanisme des Lumières (18ème siècle) n’est plus
d’actualité. Ils essayent alors d’aborder d’autres
théories.
Quant au transhumanisme, il signifie aller au-delà de
l’humanisme, mais pour eux, ce serait plutôt aller au-
delà de l’humanité.
L'humanisme consiste à penser que :
Tout d’abord, l’Homme est libre alors que le reste (la
nature) est déterminé (obéit aux lois causales). L’homme
est capable de rationalité pratique alors que les autres
espèces réagissent par instinct sans aucune emprise
sur eux-mêmes.
L’humanisme pense aussi que tous les autres êtres
naturels sont à sa disposition, agit à sa guise et voit la
nature comme un espace à conquérir, à aménager par
la technique.
Mais pour l'humanisme, l'homme est aussi capable
d’avoir un point de vue désintéressé sur le monde en
ayant une visée cognitive, il est alors libéré des
préoccupations utilitaires. Lorsqu’on n'a plus de visée
utilitaire, on rejoint le point de vue esthétique,
contemplatif.
Les hommes ont besoin de règles pour vivre en société,
le libéralisme politique est censé répondre au mieux à
ces besoins. L’autorité de l’État ne garantit pas une vie
bonne mais la liberté pour tous.
Le sujet devient alors transparent à lui-même par
l’éducation (à la liberté), sa relation avec les autres. Il
s’oppose à la vulgarité.
Par l’Histoire, ce qui est déjà donné se développe et
passe à la conscience de soi. Le sujet est libre de
construire la science.
Les post-humanistes prétendent alors que
l’Humanisme des Lumières a échoué. Cette théorie
humaniste est une belle fiction dont il faudrait se libérer.
L'homme réel est bien plus complexe que ne le pense
l'humanisme. Il faut donc en finir avec l'humanisme
mais pas avec l'humanité.
Les transhumanismes, eux, continuent de croire
(comme les humanistes) au progrès technique. Ils
pensent que nous sommes des êtres imparfaits car
notre biologie n’est pas épargnée par certains défauts
(les maladies par exemple). Il faut donc se libérer non
pas des illusions de l’humanisme (comme le pense les
transhumanistes) mais des « déficiences » de
l’humanité, c’est-à-dire ne plus être malade, augmenter
son Quotient Intellectuel, ne plus vieillir ni mourir… en
somme, aller au-delà de notre réalité biologique qui fait
de nous des êtres limités.
Le transhumanisme
Selon les transhumanistes, ce qui nous semblait
indépassable (le corps, la mort, la reproduction) peut
être dépassé. Par exemple, le corps est l’œuvre de la
nature, c’est donc un « chantier inachevé » et c’est la
pire des limites car c’est notre corps qui nous rend
mortel.
Les transhumanistes ont un rapport avec la mort
particulier, ils trouvent qu’ils s’agit d’une « insulte » à
l’intelligence et la créativité humaine. Pour eux, on
pourrait contourner cette limite avec des moyens
bioniques (ex : implanter un système électro-mécanique
pour remplacer des organes), informatiques (digitaliser
notre cerveau en se transformant en logiciel, « passer
du carbone au sicilicium ») ou biologiques (ex :
renforcer système immunitaire). Bref, passer à une
humanité 2.0.