L'Eclaireur n°7 | Page 4

Ça s’est passé près de chez vous Post-humanisme versus transhumanisme Peut-on être encore humanistes ? Téa Étymologiquement, le post-humanisme signifie après l’humanisme. Les post-humanistes considèrent que l’humanisme des Lumières (18ème siècle) n’est plus d’actualité. Ils essayent alors d’aborder d’autres théories. Quant au transhumanisme, il signifie aller au-delà de l’humanisme, mais pour eux, ce serait plutôt aller au- delà de l’humanité. L'humanisme consiste à penser que : Tout d’abord, l’Homme est libre alors que le reste (la nature) est déterminé (obéit aux lois causales). L’homme est capable de rationalité pratique alors que les autres espèces réagissent par instinct sans aucune emprise sur eux-mêmes. L’humanisme pense aussi que tous les autres êtres naturels sont à sa disposition, agit à sa guise et voit la nature comme un espace à conquérir, à aménager par la technique. Mais pour l'humanisme, l'homme est aussi capable d’avoir un point de vue désintéressé sur le monde en ayant une visée cognitive, il est alors libéré des préoccupations utilitaires. Lorsqu’on n'a plus de visée utilitaire, on rejoint le point de vue esthétique, contemplatif. Les hommes ont besoin de règles pour vivre en société, le libéralisme politique est censé répondre au mieux à ces besoins. L’autorité de l’État ne garantit pas une vie bonne mais la liberté pour tous. Le sujet devient alors transparent à lui-même par l’éducation (à la liberté), sa relation avec les autres. Il s’oppose à la vulgarité. Par l’Histoire, ce qui est déjà donné se développe et passe à la conscience de soi. Le sujet est libre de construire la science. Les post-humanistes prétendent alors que l’Humanisme des Lumières a échoué. Cette théorie humaniste est une belle fiction dont il faudrait se libérer. L'homme réel est bien plus complexe que ne le pense l'humanisme. Il faut donc en finir avec l'humanisme mais pas avec l'humanité. Les transhumanismes, eux, continuent de croire (comme les humanistes) au progrès technique. Ils pensent que nous sommes des êtres imparfaits car notre biologie n’est pas épargnée par certains défauts (les maladies par exemple). Il faut donc se libérer non pas des illusions de l’humanisme (comme le pense les transhumanistes) mais des «  déficiences  » de l’humanité, c’est-à-dire ne plus être malade, augmenter son Quotient Intellectuel, ne plus vieillir ni mourir… en somme, aller au-delà de notre réalité biologique qui fait de nous des êtres limités. Le transhumanisme Selon les transhumanistes, ce qui nous semblait indépassable (le corps, la mort, la reproduction) peut être dépassé. Par exemple, le corps est l’œuvre de la nature, c’est donc un «  chantier inachevé  » et c’est la pire des limites car c’est notre corps qui nous rend mortel. Les transhumanistes ont un rapport avec la mort particulier, ils trouvent qu’ils s’agit d’une «  insulte  » à l’intelligence et la créativité humaine. Pour eux, on pourrait contourner cette limite avec des moyens bioniques (ex : implanter un système électro-mécanique pour remplacer des organes), informatiques (digitaliser notre cerveau en se transformant en logiciel, «  passer du carbone au sicilicium  ») ou biologiques (ex  : renforcer système immunitaire). Bref, passer à une humanité 2.0.