L'Eclaireur n°7 | Page 33

Culture et projets découpage.Voici comment je procède  : je reprends l’interview imprimée telle quelle, puis je repère les passages les plus importants, des phrases cohérentes. Je mets ensuite en scène ce que j’ai conservé, selon deux techniques  : soit je représente le moment de l’entretien (dans son cadre, comme par exemple dans un café), soit je représente ce qui est raconté, en alternant les deux. Connaissez-vous Ahmed Kalouaz ? Je l’ai lu, mais je ne l’ai jamais rencontré ; en revanche, je connais bien un autre auteur que vous avez travaillé, Jérôme Ruillier, l’auteur de la BD Les Mohamed, mémoires d’immigrés (d’après le film de Yamina Benguigui). Allez-vous chercher vos témoins ou viennent-ils à vous ? Ça dépend ; dans mon cours de FLE, j’ai montré Disgrazia !, et cela a donné envie à une dame de témoigner de son parcours  ; j’ai fouillé son témoignage et continué de chercher sur le même thème : cela a donné De l’autre côté. Qui aimez-vous comme auteur de BD ? J’aime beaucoup Marjane Satrapi, qui raconte son enfance en Iran dans une BD superbe également adaptée en film [Persépolis] ; j’aime Joe Sacco, dont j’ai déjà parlé, dans le genre BD de reportage  ; j’aime beaucoup aussi Maus, de Art Spiegelman. Combien gagnez-vous ? On ne gagne pas bien sa vie, en tant qu’auteur de BD ! On reçoit 9% par livre vendu. Mes livres sont tirés à 1  000 - 2 000 exemplaires maximum… J’ai un autre métier qui me permet de vivre. Il ne faut pas écrire pour gagner de l’argent : faire un livre, c’est un prétexte pour entrer dans le monde de quelqu’un. Voudriez-vous un jour faire un film ? Ça m’intéresse, mais c’est compliqué. Réaliser un film est un travail d’équipe, qui nécessite beaucoup de monde, donc un budget important  ; il faut aussi connaitre les réseaux de distributeurs… En fait, j’aimerais beaucoup que quelqu’un adapte mes BD en film… Comme ça, je n’aurais rien à faire ! Que ressentez-vous à l’idée qu’on étudie vos livres en Seconde (L&S) ? Ça fait bizarre… ça fait plaisir  ! Mais je n’aime pas trop parler de moi et donner trop de détails sur moi-même. Aimeriez-vous recevoir un prix littéraire ? J’aimerais bien diffuser plus largement mon travail, avoir de bons retours  ; pour les prix, je ne sais pas trop comment ça marche !